Culture

Exposition: Quand Mederic Turay sublime l’Afrique

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5169 Le 15/12/2017 | Partager
Artiste multitalent, engagé pour le continent
Des œuvres présentes dans des collections prestigieuses
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Né en Côte d’Ivoire, Turay a passé sa jeunesse aux Etats-Unis  où il a  grandi au milieu des influences musicales et artistiques américaines. Artiste plasticien, il s’est d’abord fait remarquer en tant que rappeur

Il y a définitivement une part de néo-impressionnisme chez Mederic Turay. Son origine africaine (Côte d’Ivoire), son vécu américain (USA), son immersion dans le monde du hip-hop, du rap et du street art en font aujourd’hui l’un des artistes aux références de «bad painting» les plus évidentes.  Si l’influence, revendiquée, d’un certain Jean-Michel Basquiat est assez évidente, les œuvres de l’artiste n’en sont pas moins singulières. Hantées par des personnages principaux d’une force expressive exceptionnelle, les  compositions de Mederic Turay rappellent plutôt celles d’un Jacques Grinberg ou un Julien Schnabel, deux autres chantres du néo-impressionnisme.

«Je crois que ce qui est à l’intérieur se reflète à l’extérieur. Voilà pourquoi je suis attiré par les visages humains. Mon travail est une tentative de saisir les particularités qui rendent une personne sans visage anonyme, bien que chacune d’entre elles a été inspirée de la vie réelle», précise l’artiste pour expliquer sa fascination pour ses personnages ultra colorés, tantôt peints, tantôt sculptés, érigés en totems.  Le public marocain a découvert Mederic Turay, lors de l’évènement «L’Afrique en Capitale» à Rabat (mars/avril 2017).

Deux fresques murales avaient été peintes, sur la façade du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain par Turay qui avait également habillé un train navette Casablanca/Rabat et un tramway de la capitale. C’est à la Galerie 38, à Casablanca, que l’artiste, installé au Maroc depuis, expose ses dernières œuvres jusqu’au 7 janvier 2018. «African dreamers», un hommage à un continent haut en couleurs à travers ses fameux  héros anonymes, qui suggèrent une interrogation sur la relation avec l’autre, sur le vivre-ensemble dans notre jungle urbaine. Une exposition qui  se veut également engagé car l’artiste de 39 ans est convaincu que l'Afrique peut devenir un rêve pour les générations futures.

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«Mon travail est une tentative de saisir les particularités qui rendent une personne sans visage anonyme, bien que chacune d’entre elles a été inspirée de la vie réelle», l’artiste livre dans cette exposition un travail engagé pour le continent (Ph. Galerie 38)

«J'espère qu'un jour nos jeunes arrêteront de rêver d'Amérique», précise-t-il.  L’exposition propose essentiellement des toiles de grand format aux couleurs intenses, à l’exception de quelques sublimes monochromes noirs, conjuguant des matériaux divers: peinture acrylique, huile, pastel, café et perles, ainsi que des sculptures, dont une monumentale. Toutes donnent  à voir des portraits ou des instants de vie, composés avec énergie et spontanéité.

C’est d’abord en rappeur que l’artiste multidisciplinaire s’est  fait remarquer, avec son premier album «Ma route est longue». Né en Côte d’Ivoire, ayant passé sa jeunesse aux Etats-Unis, où il a grandi au milieu des influences musicales et artistiques américaines. En 1995, sa famille retourne en Côte d’Ivoire. Il y entame une formation en arts appliqués. En 1999, il est élu «Meilleur jeune plasticien artiste d’Afrique de l’Ouest». Aujourd’hui Mederic Turay fait partie des artistes africains  les plus installés et dont les œuvres sont déjà présentes dans des collections prestigieuses (Charles Saatchi/Londres, Ethan Cohen/New York…).

 

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