Régions

Sebta: Le Parlement espagnol demande des renforts

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5168 Le 14/12/2017 | Partager
Le nombre de policiers insuffisant, selon les socialistes espagnols
Le blocage affecte de plein fouet les commerçants de la ville

A la frontière de Bab Sebta, la situation ne cesse de s’embourber. A tel point que même le Parlement espagnol s’est mêlé de l’affaire. Les députés espagnols ont adopté une proposition de mesures urgentes pour l’amélioration du trafic au sein de ce passage frontalier. Les parlementaires espagnols ciblent essentiellement le côté sécuritaire avec l’augmentation des effectifs de police et de gardes civils pour améliorer le contrôle de cet espace de transit devenu chaotique.

A la pression croissante en matière de porteurs et de commerçants transfrontaliers, se joint celle des migrants clandestins, essentiellement issus de l’Afrique subsaharienne. Leur nombre est en croissance ces dernières années et la pression sur la frontière serait, selon les médias espagnols, en train de déborder les forces de l’ordre.

Ces dernières sont de plus en plus obligées à la fermeture de la frontière en cas de bousculades pour éviter les incidents comme celui d’il y a quelques semaines quand des dizaines de migrants ont forcé le passage tard dans la nuit. «Une situation qui lèse les porteurs, mais aussi les commerçants de la ville», selon le groupe socialiste espagnol qui est derrière la proposition.

Selon des chiffres relayés par la presse espagnole, la ville compte une centaine de policiers nationaux de moins qu’en 2011 et autant de gardes civils, une baisse qui se reflète au niveau des conditions de travail de ces derniers. Les syndicats policiers espagnols ont d’ailleurs mis en garde à maintes reprises contre cette situation en procédant à des arrêts de travail pour protester. Pour les commerçants, la situation est tout aussi déplorable.

Le nombre d’entrées de porteurs marocains, mais aussi de «touristes» marocains a nettement baissé au cours de cette année. Une situation qui a entraîné un énorme manque à gagner pour les enseignes installées dans la «Madraba», une sorte de zone commerciale accolée à la frontière avec de gros entrepôts où se fournissent les porteurs.

La crise affecte aussi les boutiques et galeries marchandes du centre-ville. Depuis quelques années, ces galeries se sont battues pour amener encore plus de visiteurs marocains afin de compenser la baisse des visiteurs espagnols de la péninsule, en faisant même un important effort de lobbying pour simplifier ou même les exempter de l’obligation du visa pour rentrer à Sebta. Mais les longues files d’attente à la frontière depuis février avec l’échec de la mise à niveau du passage frontalier dédié aux porteurs ont mis à l’eau tous les efforts.

Actuellement, pour rentrer à Sebta, il est de plus en plus fréquent de devoir attendre plusieurs heures tant à l’entrée qu’à la sortie avec un contrôle du passage de marchandises qui inclut porteurs et même les autres visiteurs marocains. Une situation qui n’est pas près de s’arranger.

Frontière: Des grillages en plus

Le département de l’Intérieur espagnol a annoncé il y a quelques semaines son intention de mettre à niveau le périmètre frontalier qui encercle la ville de Sebta. Un budget de 12 millions d’euros, un peu plus de 132 millions de DH, sera mobilisé pour la mise à niveau des huit kilomètres. Une récente réforme avait permis de mettre en place un chemin de ronde et des équipements électroniques de détection qui, malgré tout, n’ont pas permis de réduire la pression ni de pousser les attaques fréquentes des migrants clandestins. Une situation que les sécuritaires espagnols entendent dépasser.

De notre correspondant, Ali ABJIOU

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