Entreprises

La céramique tient à son gentlemen’s agreement

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5168 Le 14/12/2017 | Partager
Une autorégulation qui doit encore faire ses preuves
Importateurs et producteurs en concertation sur un échéancier

Adversaires hier, partenaires aujourd’hui. Producteurs et importateurs de céramique ont tenu à le faire entendre, mercredi 13 décembre à Casablanca. Ce rendez-vous à première vue improbable avec la presse est une mise en bouche de «l’accord gagnant-gagnant». Une «déclaration de principe», à vrai dire, qui intervient après le retrait d’une plainte pour concurrence déloyale contre la céramique espagnole (cf. L’Economiste n°5060 du 7 juillet 2017 et n°5146 du 13 novembre 2017).

Le Secrétariat d’Etat chargé du Commerce extérieur était censé enquêter sur le présumé dumping dont se plaignaient les producteurs locaux. Une accusation que les importateurs marocains et leurs fournisseurs espagnols ont toujours rejetée. «L’enquête n’a pas abouti. M. Mohsine Lazrak a fait preuve de responsabilité», déclare Youssef Belkaid, président de l’Association des importateurs (Apisa).

Pour Lazrak, représentant des producteurs (Apic) et patron de Facemag, «le retrait de la plainte antidumping intervient après l’accord avec les importateurs. Nous regardons vers l’avenir». La partie de ping-pong ne s’arrête pas là. «Nos positions restent constantes sur la céramique espagnole. Mais nous avons estimé préférable de dépasser nos divergences», poursuit Belkaid, fondateur du groupe Strapex Maroc.

En 2008 déjà, les anciens protagonistes ont su nouer un mariage de raison. Ce premier accord est parti finalement en fumée après la fin des clauses de sauvegarde (2006-2010) et la relance d’une nouvelle plainte, antidumping cette fois-ci. Puis, il y a eu la récente réconciliation.

L’arbitrage du Commerce extérieur  

Le feuilleton de la guérilla anti et pro-espagnole livre un autre enseignement. Malgré quelques fausses notes, le secteur de la céramique et ses acteurs sont les seuls à faire preuve d’autorégulation. Les opérateurs de la métallurgie à titre d’exemple ne sont jamais parvenus à réaliser ce genre de prouesse dans les affaires de défense commerciale. Quitte à ce que les gros fournisseurs d’aciers plat et long écrasent les plus petits.

Certes, les écosystèmes industriels ont le vent en poupe. Mais le monde de la céramique tente parallèlement de se réinventer au lieu de continuer à crier au loup et d’attendre des subventions étatiques. Donner vie au gentlemen’s agreement serait une preuve de «confiance et de bonne foi», souligne le porte-parole des importateurs. Malgré son absence, le département du Commerce extérieur «est engagé dans notre démarche», précise le président des producteurs.

L’apport de ce département va être déterminant dans la mise en place du statut d’importateur, et pas seulement dans la céramique. Le Commerce extérieur devra être saisi pour «constituer une commission tripartite»  afin de «convenir des modalités d’application de l’accord et solutionner les blocages éventuels».

La mise en place d’un dispositif de veille visant les carreaux espagnols est au programme. En fait, les données relatives à l’importation existent déjà chez l’Office des changes: près de 20,5 millions de m2 contre 52  millions pour la production nationale en 2016. Importateurs et producteurs n'ont pas encore désigné un comité de suivi et un échéancier pour leur feuille de route (voir page 31). Mais ça ne saurait tarder, assurent-ils.

 

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