Analyse

BMCE, Attijariwafa bank… futurs «globalizers»

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5166 Le 12/12/2017 | Partager
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«Les entreprises sud-africaines ont accès à d’énormes bassins de capitaux dans leur pays. Ce qui leur permet de s’engager dans des acquisitions d’actifs hors Afrique », soutient Michael Kottoh, DG de Konfidants et co-auteur du rapport «African globalizers» (Ph. Cabinet Konfidants)

Les entreprises marocaines devraient chercher à être de puissants «regionalizers» sur le continent africain ou dans la région Mena. Cela peut les préparer et les doter de l’expérience nécessaire en termes de mobilisation des ressources pour attaquer le marché mondial.  Entretien avec Michael Kottoh, DG de Konfidants et co-auteur du rapport «African globalizers»

- L’Economiste: Comment expliquez-vous la prédominance des entreprises sud-africaines dans ce top 30? Quelle est leur recette pour aller à la conquête de marchés hors Afrique?
- Michael Kottoh:
Durant l’Apartheid, les sanctions américaines et onusiennes ont entravé l’investissement sud-africain à l’étranger. Ce qui a contraint les entreprises à investir dans de nombreux conglomérats et d’acquérir plusieurs participations croisées. Dès la levée des sanctions, ces groupes étaient assez forts pour se déployer à l’international grâce à l’acquisition d’actifs internationaux. Ces entreprises sud-africaines ont accès à d’énormes bassins de capitaux dans leur pays, ce qui leur permet de s’engager dans des acquisitions d’actifs hors Afrique.

- Que faut-il faire pour inverser cette tendance ou dupliquer ces modèles?
- Nous n’avons pas besoin d’inverser la tendance mais plutôt d’encourager d’autres pays africains à prendre exemple sur l’Afrique du Sud. Il va falloir dupliquer les stratégies qu’ils ont utilisées pour produire autant de multinationales.

- Où réside le potentiel de la prochaine génération de «globalizers» africains?
- Plusieurs entreprises panafricaines en expansion sur le continent peuvent être considérées comme la prochaine génération de globalisateurs. Parmi eux, on peut citer Dangote Group, Ecobank, BMCE, UBA … Dangote Group par exemple a annoncé une stratégie globale qui coûtera jusqu’à 50 milliards de dollars en Europe et en Amérique du Nord d’ici 2025. Les entreprises africaines ont besoin d’un changement de mentalités, elles doivent viser le global au lieu du régional. Ceci pourrait être réalisé grâce à des stratégies globales soigneusement conçues et pilotées par des partenariats stratégiques internationaux et des cotations sur les bourses mondiales.

- Comment expliquez-vous que l’Afrique du Nord soit si peu représentée dans ce palmarès?
- Plusieurs groupes nord-africains n’ont pas encore pleinement exploité la stratégie qui consiste à aller d’abord vers le régional (pan-Mena et panafricain) avant d’attaquer le marché international. Ils ont tendance à se limiter uniquement à l’Afrique du Nord et ne poussent pas vigoureusement vers d’autres parties de l’Afrique subsaharienne ou de la région Mena au sens large. Cela pourrait aussi s’expliquer par l’absence d’ambitions mondiales ou le manque d’accès au capital requis pour s’aventurer sur d’autres marchés mondiaux.
- A peine 2 groupes marocains parmi les «globalizers» africains: OCP et Ynna Holding, comment ont-ils été retenus? Pensez-vous que d’autres groupes marocains pourraient éventuellement émerger?  
- D’autres entreprises marocaines pourraient potentiellement répondre aux critères dont les principaux exportateurs. Mais nous nous sommes concentrés sur les plus grands «globalizers» marocains, qui publient leurs informations financières utilisable pour notre recherche.
Attijariwafa bank, par exemple, compte pas moins de 9 représentations hors Afrique, dont la majorité se trouve sur des marchés européens comme l’Allemagne, la France, la Belgique et les Pays-Bas. Leur présence sur la liste Forbes 2000 des multinationales en est la preuve.
Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

 

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