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Dossier Spécial

Immobilier/Taayouch City défie les modes de construction énergivores

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5164 Le 08/12/2017 | Partager
Un projet immobilier déployé sur 44 ha à Amizmiz
26% seulement réservés aux constructions
Du photovoltaïque pour 10.380 barils de pétrole économisés par an
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La 1re tranche se consacre notamment à la construction de 120 maisons à patio en un seul niveau et de ses parkings. Le tout à partir de matériaux locaux et vivants comme le bois, la terre et le plâtre (Ph. Earth Development)

«Le haut standing, c’est là où nous sommes bien». Mohamed Oussama est un ambitieux personnage. Depuis 30 ans, une idée germe en lui. Sortir de terre un projet à la fois gigantesque et soucieux des préceptes pro-environnement. Tout y passe. Des techniques d’économie d’énergie via les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, à une bonne gestion des ressources hydriques, en passant par la terre pour les constructions, un matériau économique, sain et recyclable.

La COP22 a donné l’élan au démarrage de ce chantier, qui a demandé 10 ans d’études, piloté par Earth Development, et réparti en 4 tranches. «Je voulais y participer pour prendre la température des engagements et être sûr de la bonne volonté générale à protéger l’environnement», explique l’initiateur du projet. A Amizmiz, au sud de Marrakech, dans le fief des artisans de la terre, l’éco-village Taayoush City prévoit de se déployer sur 44 hectares en pleine nature.

Appelée «Médina», la première tranche démarre par la construction de 120 maisons à patio en un seul niveau, un riad maison d’hôtes, des ateliers pour petits métiers, un centre d’accueil et d’information et des parkings. Bâtie sur les 5,5 ha dédiés, elle est dessinée sur un modèle favorisant la cohabitation et la solidarité entre habitants.

«Le patio d’un riad est essentiel à la communication. C’est là que les habitants se retrouvent. Je voulais également, poursuit Oussama, tisser du lien avec la nature, que l’on ne voit plus de la même manière aujourd’hui et qui devient un simple élément de décoration». C’est ainsi que seuls les matériaux locaux, nobles et vivants comme le bois, la terre et le plâtre sont utilisés. L’équipe, dirigée par le fils, Riad Oussama, revenu de l’étranger avec des idées nouvelles, étant actuellement à la recherche de partenaires en énergies renouvelables et financiers. Pour l’heure, il est difficile de poser des délais et des tarifs fixes. «Nous voulons être sûrs de pouvoir tenir nos promesses», assure le concepteur.

«L’objectif n’est pas de gagner de l’argent mais de prouver que l’on peut construire mieux avec moins de dépenses» déclare-t-il. Grâce aux 7.000 m² de chauffe-eau solaires prévus au terme du projet pour l’autonomie des 3.000 logements et équipements, les experts se sont amusés à quelques estimations, comme l’économie de 10.380 barils de pétrole par an.

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Le projet d’écovillage Taayoush City va se déployer sur 44 hectares à Amizmiz, le fief des artisans de la terre. La 1re tranche (M), en cours, prévoit notamment 120 maisons à patio. Plus tard, des habitats traditionnels (T), de l’habitat collectif (C) et enfin un parc à thème pour la 4e et dernière tranche (P) (Ph. Earth Development)

Les déchets, estimés à 5 tonnes par jour, seront, également, collectés et triés selon les normes environnementales nationales, les ressources en eau seront préservées et les eaux pluviales, estimées à 13.000 m3/an, seront collectées et utilisées à des fins d’irrigation.

Tout ceci n’étant que le début. La 2e tranche prévoit en effet 120 habitations supplémentaires, un souk, une ferme, et plus loin sur les 11 ha réservés, des écuries, étables, poulaillers, silos à fourrage… Plus tard encore, le projet va s’atteler à la construction de nouveaux logements et des services de proximité comme des aires de jeux, des commerces et une école, avant la dernière tranche consacrée pleinement au développement durable.

Ce dernier espace est réservé à l’institut de formation et d’information sur le sujet, qui est pour Oussama «conçu pour donner l’exemple», une résidence hôtelière, un centre de sport et de santé, et une station de traitement des eaux usées. Voilà comment Taayoush fait le pari d’un trio gagnant: environnemental, social et économique.

Bilan des économies

Pour la 1re tranche, les 120 logements vont être équipés de 240 m² de chauffe-eau solaires pour produire 18.000 litres par jour. Le solaire photovoltaïque permettra également une production annuelle d’électricité de 480 MWh et alimentera les 150 lampadaires pour l’éclairage public.
Equipements et estimations pour l’ensemble du projet:
7.000 m² de chauffe-eau solaires
■ 6 MW de puissance photovoltaïque
14.610 tonnes par an d’émissions de CO2 évitées
10.380 barils de pétrole économisés par an

 

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