Dossier Spécial

Assurance: La compétition fait évoluer le marché

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5164 Le 08/12/2017 | Partager
La concurrence de plus en plus forte entre compagnies
La tarification de l’emprunteur varie entre 0,28 et 0,46%

L’achat d’un bien immobilier à crédit est un moment décisif pour s’interroger sur la relation avec sa banque. La souscription d’un crédit immobilier scelle une relation qui peut s’étendre sur 15, 20, voire 25 ans. L’acquisition d’un logement constitue de ce fait un gros investissement, qui nécessite une attention toute particulière sur la qualité de la relation, mais aussi sur la moindre économie à réaliser sur le coût de financement. En effet, une banque qui demande 0,45% d’assurance emprunteur pour un crédit est moins compétitive qu’une autre qui ne demande que 0,30%.

De gros enjeux se profilent sur la rubrique assurance emprunteur, du fait d’une forte concurrence sur le marché du crédit immobilier. Des pistes d’amélioration émergent au profit de la clientèle. Mais elles profitent en premier aux meilleurs dossiers. Concrètement, la rubrique représente environ 10% du coût global d’un crédit.

«Actuellement, les taux sur le marché vont de 0,28 à 0,46%», précise  Yassine Lahlou, directeur général de Meilleurtaux.ma. Et d’ajouter : «Lorsque les clients acceptent timidement ce que leur propose la banque, cela va à l’avantage de l’organisme financier. Par contre, lorsque le client réclame une offre plus compétitive, la banque est quelque part contrainte à lâcher du lest». En somme, la compétition conjuguée à la demande de la clientèle fait évoluer la maturité du marché.

Comme toute entreprise commerciale, les banques font preuve d’une agressivité commerciale sans précédent pour gagner en parts de marché et en rentabilité. Comme l’enjeu est de capter le plus de business possible pour boucler l’année, la banque n’hésiterait pas à améliorer la compétitivité de son offre en ajustant ses taux.

«A mon sens, la banque la plus agressive en ce moment est Crédit du Maroc. Depuis 1 ou 2 ans, ils sont très agressifs sur leur marketing, les formules qu’ils proposent aux clients ou encore les taux. La banque affiche une assurance emprunteur d’environ 0,35%», explique le courtier.

Jeunes: Le cœur de cible

Sur le marché, la plupart des organismes financiers négocient un taux groupé avec une compagnie d’assurance, pour une clientèle hétéroclite (jeunes, personnes âgées, celles à la santé vulnérables, cadres…). Théoriquement, les personnes âgées et celles à santé fragile devraient payer plus, parce qu’elles sont exposées à plus de risques. Mais ce n’est pas  encore le cas actuellement chez certaines banques. «Il n’est pas normal que les banques procèdent ainsi. Au motif de faciliter le travail entre compagnies, de faciliter la gestion de l’assurance ou encore le discours commercial du banquier… », dénonce Ghali Chraïbi, DG de Cafpi. En effet, cela pénalise les jeunes. Pour cette cible, une banque qui fait la différence entre clients jeunes et moins jeunes est plus compétitive que celle qui impose un taux groupé ou uniforme. Plus encore, la banque qui demande le paiement de l’assurance d’un seul coup est moins compétitive que celle qui l’étale sur plusieurs mois ou qui demande un paiement sur le capital restant dû.o
C’est à ce niveau que le recours à un courtier peut faire la différence. En effet, les spécialistes jouent de leur poids pour négocier des contrats individuels, «pour que chacun paye l’assurance selon son profil».

 

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