Régions

Fès veut devenir une «ville intelligente»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5164 Le 08/12/2017 | Partager
Traitement des déchets, éclairage public, e-gov… les axes
Le maire promet de réduire la facture énergétique de 40%
La qualité des services de proximité…une priorité

Driss El Azami El Idrissi a choisi un cadre universitaire pour dévoiler sa stratégie de «ville intelligente». Intervenant à l’ouverture du congrès «Bâtiments et villes durables», organisé les 6 et 7 décembre, par l’Université privée de Fès (UPF) et l’Université Moulay Ismaïl de Meknès, le maire de la capitale spirituelle a résumé sa vision de «smart city» en trois axes: le traitement des déchets ménagers, l’éclairage public et l'e-gov.

«Pour le premier volet, Fès est dotée de la meilleure décharge publique au niveau national. Aujourd’hui, nous ambitionnons de mettre en place une décharge avec zéro déchets et nous avons des propositions concrètes dans ce domaine», annonce le maire de la ville. El Azami faisait allusion à la nouvelle offre de la société Ozone Environnement et Services, délégataire du ramassage de déchets et du nettoiement.

Ce prestataire vient de doter Fès d’un centre de tri automatique des déchets, équipé de la technologie allemande. «Projet pilote au Maroc et en Afrique, cette usine de 60.000m2 de superficie a nécessité un investissement de près de 60 millions de DH», déclare Aziz El Badraoui, PDG d'Ozone Environnement et Services. Le délégataire à Fès a à son actif plus de 45 villes marocaines et 3 capitales africaines: Khartoum, Bamako et  Conakry.

Il  s’engage à traiter 600 tonnes de déchets par jour en double poste. «Notre usine est équipée de robots trieurs de déchets, répondant aux normes internationales. Fin prête, elle a créé 60 postes dont 44 permanents, en plus de 130 emplois indirects», explique El Badraoui. Même son de cloche auprès d'El Azami qui parle d’une «véritable» prouesse.

«Nous voulons minimiser au maximum les déchets déposés dans la décharge. Notre défi est d’éliminer les odeurs du lixiviat et produire de l’énergie. Ceci se fera en partenariat avec le ministère du Développement durable et la société Ecomed, gestionnaire de la décharge», souligne-t-il.

Autre priorité du maire, la réduction de la facture énergétique de l’éclairage public d’au moins 40%. A ce titre, la ville est en négociations «avancées» avec 4 sociétés présélectionnées pour créer une SDL de gestion de l’éclairage public. «Nous avons constaté que Fès est très attractive. Après le lancement de l’appel à candidature, le 7 septembre 2017, pour la création d’une société de développement local (SDL) de la gestion de l’éclairage public, nous avons reçu 15 dossiers de multinationales», confie El Azami.

Selon lui, ce dossier sera tranché en juin 2018. A cette date, la Commune aura choisi parmi les sociétés en compétition (Société Philips, Groupement Ctelium/Nabilum, Groupement Engie/SDCL, Société SECE) son partenaire. Ce qui veut dire que la RADEEF perdra la main sur un secteur dont la facture s’élève à environ 47 millions de DH.

«La commune de Fès procédera au choix final du partenaire, selon la procédure du dialogue compétitif avec lesdites sociétés présélectionnées et ce, sur la base du cahier des prescriptions spéciales (CPS) et du règlement de consultation préparés à cet égard», affirme le maire. Et de poursuivre: «La société aura pour mission la rénovation, l’extension, la maintenance et l’exploitation des installations du réseau de l’éclairage public à Fès, dont le parc est constitué d’environ 65.000 points lumineux, que nous voulons utiliser également comme moyens de sécurité, festivités et transmission de l’information».

Selon le cahier des charges, la SDL aura pour performance d’assurer un taux de disponibilité d’au moins 95% et une baisse de la consommation annuelle d’au moins 40%. Notons que cette société sera constituée par la Commune de Fès à hauteur de 51% au minimum et l’opérateur (un expert en éclairage public dont le choix est l’objet de cette consultation) à hauteur de 49% au maximum.

Une répartition des titres qui permettra à la ville de garder le contrôle, dessiner les objectifs et «assurer la qualité du réseau au profit de la population». Finalement, le congrès des villes intelligentes aura permis de rapprocher la vision des élus et universitaires.

«Notre objectif est de permettre à nos enseignants-chercheurs une interaction avec des pratiques scientifiques de haut niveau dans le domaine de la construction durable, mais également de faire le point sur les initiatives et réalisations nationales, et également d'apprécier de plus près le développement et les progrès d’autres pays avancés en la matière», conclut Mohamed Aziz Lahlou, président de l’UPF.

La e-Moukataâ

Les services communaux sont désormais soumis à l’évaluation du citoyen. «Notre premier rôle est d’assurer un service de proximité… Notre objectif est de profiter de la technologie pour servir la population», rappelle le maire. Dans cette optique, ce dernier a commandé l’application numérique «je préserve ma ville» qui permet au citoyen de faire des réclamations, et à la Ville d’assurer le suivi et de traiter le problème. Une 2e application appelée «la e-Moukataâ» est mise à l’épreuve. «Le volet technologique est prêt. Reste le volet juridique. A ce titre, nous travaillons avec le CNDP sur la protection des données», confie l’élu de la ville. Selon lui, cette application permettra au citoyen d’accéder aux services administratifs et «même légaliser ses documents à distance». Dernière nouvelle : une banque de la place a opté pour cette application. «Elle veut s’en servir pour traiter les dossiers des demandeurs de crédits», annonce El Azami.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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