Culture

Oujda, capitale arabe de culture pour 2018

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5163 Le 07/12/2017 | Partager
Un nouveau sacre octroyé par la Commission permanente pour la culture arabe
Une opportunité pour dévoiler le riche patrimoine de la ville millénaire
Tout un programme d’animation en cours de préparation
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La cour d’ablutions  de Jamaâ Lakbir, datant de 1335, est considérée comme l'un des chefs-d'œuvre de l'art mérinide (Ph. A.K)

La capitale de l’Oriental vient d’être désignée comme capitale de la culture arabe pour 2018. C’est ce qui a été décidé, à l’unanimité, lors de la dernière réunion de la Commission permanente pour la culture arabe, tenue dernièrement à Casablanca. Une opportunité pour les différents intervenants de faire connaître le rayonnement civilisationnel, culturel et historique de cette ville millénaire.

En perspective, l’élaboration de tout un programme riche et varié pour dynamiser le secteur de la culture et le hisser en levier de développement. Oujda sous les projecteurs est une occasion pour les acteurs locaux de faire valoir leurs talents et donner plus de vie et d’animation aux différentes structures d’exposition et de spectacles.

C’est le cas pour le théâtre Mohammed VI (considéré comme le meilleur sur le plan national), les différentes galeries d’art plastique, conservatoires de danse et de musique, musées de la résistance, habits traditionnels, etc. C’est ce qui explique la cadence des réunions pilotées par Mouad El Jamai, wali de la région et gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad, qui compte exploiter cet événement pour lancer l’activité culturelle sur de nouvelles bases et de redorer le blason de certaines créations artistiques négligées.

Un événement de cette dimension interpelle toutes les composantes de la culture locale (amazighe, judaïque, africaine, arabo-musulmane) à se manifester et à entrer en compétition pour placer la ville sur l’échiquier des villes à forte offre artistique. Le culturel et l’historique, sources d’inspiration et de revenus, jouent un rôle important dans la pérennisation du patrimoine et la préservation de l’authenticité culturelle.

Ils peuvent également valoriser les nouvelles tendances artistiques. Les animations de différents genres, les expositions, les rendez-vous culturels, les festivals… peuvent en tirer profit et consolider les différentes stratégies de développement. «Les perspectives de ce secteur sont d’une importance capitale», précise-t-on auprès du département de la Culture. «Dans le cadre de ces enjeux, il est nécessaire d’entamer de réelles approches de valorisation réfléchies qui favorisent la sauvegarde du patrimoine», souligne Badr El Maqri, universitaire et historien d’Oujda.

Oujda, capitale de la culture arabe, est un défi à réussir, qui nécessite du professionnalisme dans l’élaboration des programmes d’activités, explique Aimen Zizi, directeur d’une agence événementielle.  C’est le cas pour la mise en orbite de circuits culturels au sein de la médina.

Une ancienne ville qui regorge de sites et riads facilement exploitables en ateliers d’art, de découverte et d’exposition. Idem pour les 1.250 maisons, dont 41% à caractère traditionnel, qui représentent la mémoire architecturale de la ville. Dar Sebti est un rare bijou architectural où l'art et le génie marocains sont exposés de belle manière.

Bab Sidi Abdelawahab, Bab El Gherbi, Bab Khmiss et les remparts de l'ancienne médina portent toujours les signes du temps, mais surtout l'ouverture de la ville sur son avenir. Les musiques bédouine, gharnatie et celle du rai ont fait d'Oujda une capitale de la musique. Sa «blouza» en phase de métamorphose emboîte le pas au légendaire caftan marocain.

Quant à la grande mosquée, construite par le sultan Youssef bnou Yaâcoub Bnou Abdelhak Al Marini en 1298, elle est le plus ancien monument de la ville. Une mosquée qui a joué un rôle politique et religieux. Elle était également un lien de rencontre pour les oulémas qui venaient de l'Orient musulman et pour ceux qui quittaient El Qaraouiyyine pour les autres pays du Maghreb.

Son minaret, véritable leçon architecturale, culmine vers le souk Laghzel et sur les autres quartiers de la médina: Achekfane, Ahl El-Jamal, Oulad Amrane, Oulad Aïssa et Aharrach, sans oublier les «kissariats» réservées aux différents métiers et professions traditionnels.

Une bibliothèque régionale pour célébrer l’événement

Le bâtiment de la bibliothèque régionale à Oujda est sorti de terre et ouvrira ses portes en mars 2018. Etalé sur 4.900 m2, sa réalisation a nécessité 15 millions de DH et s’inscrit dans le cadre du programme intégré de développement urbain de la ville d’Oujda pour faire de la culture un levier de croissance. Dans le détail, cette nouvelle bibliothèque est composée d’une salle de lecture pour adultes et jeunes (300 m2), une salle de lecture pour enfants (200 m2), une salle multimédia (200 m2), trois ateliers (150 m2), une salle de traitement (100 m2), une salle polyvalente (500 m2) qui servira à la présentation des nouveaux arrivages, aux débats autour des écrits d’auteurs locaux, nationaux et aux projections de documents à vocation culturelle.

 

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