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International

L’OCDE préconise une retraite «à la carte»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5163 Le 07/12/2017 | Partager
D’ici 2060, l’âge de départ s’établira juste en-dessous de 66 ans
Des freins au cumul emploi-retraite
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Partir tôt, en profiter longtemps, c’est ce qui fait de la retraite française la plus longue des pays riches, avec en prime des revenus plus élevés que la moyenne, même en tenant compte des réformes récentes, selon l’OCDE

Réformer et simplifier les régimes de retraite est l’une des recommandations des institutions internationales (Banque mondiale, FMI, OCDE…). Les gens vont vivre plus longtemps et, pour s’assurer une retraite correcte, ils devront retarder leur départ. C’est ce que préconise l’OCDE dans son étude «Panorama des pensions 2017». 

Ces deux dernières années, un tiers des pays de l’OCDE a modifié le niveau des cotisations, un autre tiers le montant des pensions servies à tous les groupes de retraités ou à certains seulement, et trois pays enfin ont voté de nouvelles mesures visant à repousser l’âge légal de la retraite. A titre d’exemple, l’âge normal va reculer progressivement à 64 ans d’ici 2060 pour les Français, tandis que la moyenne de l’OCDE passera à 65,7 ans.

L’étude s’intéresse également aux moyens par lesquels les pays peuvent répondre aux demandes de flexibilité dans la manière de négocier son départ à la retraite. Un âge de départ fixé de façon stricte ne sert pas nécessairement l’intérêt général. A l’heure actuelle, seuls 10% environ des Européens âgés de 60 à 69 ans cumulent emploi et retraite. Parmi ceux qui exercent encore une activité après 65 ans, la moitié travaille à temps partiel (une proportion stable depuis les années 1990).

Plusieurs pays, dont l’Australie, la France, les Pays-Bas et la République tchèque, autorisent les dispositifs de retraite partielle anticipée. Un autre constat est qu’il existe des freins au cumul emploi-retraite après l’âge officiel de départ. Et ce, à l’image du plafonnement des revenus d’activité en vigueur en Australie, en Corée, au Danemark, en Espagne, en Grèce, en Israël et au Japon.

Les dispositifs de retraites flexibles se heurtent aussi à certains obstacles. Ils sont dus en particulier à la discrimination des travailleurs âgés de la part des employeurs ou au regard que la société porte sur l’emploi à temps partiel. Les responsables politiques doivent faire en sorte que l’on trouve suffisamment d’avantages à reporter son départ à la retraite.

Sans pour autant pénaliser à l’excès ceux qui anticipent ce départ de quelques années par rapport à l’âge normal. En Corée, en Estonie, en Islande, au Japon et au Portugal, les incitations financières à la poursuite d’une activité au-delà de cet âge normal sont importantes mais elles coûtent cher aux prestataires de retraites.

Il conviendrait que la flexibilité soit subordonnée à l’équilibre financier des systèmes de retraite. Et que le montant des pensions soit ainsi ajusté, sur le plan actuariel, en fonction de l’âge de départ dans le cadre d’une retraite «à la carte».

Cas du Maroc: Ce que dit la Cour des comptes

Augmenter l’âge de départ à la retraite à 63 ans est une avancée notable mais insuffisante. Surtout face à l’amélioration de l’espérance de vie des retraités et à la détérioration du rapport démographique (2 actifs pour un retraité), selon la Cour des comptes (voir aussi Retraite des fonctionnaires: Les ratages de la réforme, dans notre Edition N° 5143 du 08/11/2017). La Cour des comptes rappelle que dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen l’âge de départ à la retraite est fixé à 65 ans, voire 67. Elle critique l’absence d’une vision globale.

 

 

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