Economie

Compétitivité: Ce que pensent les patrons

Par Franck FAGNON | Edition N°:5163 Le 07/12/2017 | Partager
RH et faiblesse des investissements en R&D, les principaux obstacles
L'appréciation globale des dirigeants s'est améliorée par rapport à la décennie 2000
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Sur une échelle de 1 à 7, le Maroc a obtenu un score de 4,2 dans l'indice de compétitivité du WEF, ce qui le classe à la 71e place. La Tunisie qui est jugée aussi compétitive que le Maroc par les patrons sondés est 95e. La Suisse, l'économie la plus compétitive au monde, bénéficie d'un score de 5,9 dans le classement

Le Maroc a rétrogradé d'une place dans le dernier classement du World Economic Forum sur la compétitivité des économies au 71e rang (sur 137 économies). La corruption, la bureaucratie, l'accès au financement ou encore la fiscalité sont parmi les principaux obstacles relevés.

Pour les dirigeants d'entreprises, le premier frein à la compétitivité demeure la rareté des ressources qualifiées ou le décalage entre l'offre et les besoins des entreprises, selon les résultats d'un sondage du Centre Marocain de Conjoncture (CMC). Ce n'est pas un sujet nouveau. Quelque part la difficulté des entreprises à s'adapter aux changements économiques explique aussi la complexité à améliorer leur position sur les marchés étrangers.

Les patrons sondés le reconnaissent. La faiblesse des investissements en recherche et innovation figure pratiquement au même rang que les problèmes de ressources humaines. Dans le textile par exemple, le manque d'innovation a accentué la crise dans le secteur après la mise en place des accords multifibre.

Le coût de l'énergie, les charges sociales et la rigidité du marché du travail sont les autres principaux obstacles identifiés par les patrons. Le fonctionnement du marché du travail est l'une des réformes sur lesquelles les bailleurs de fonds interpellent depuis des années le Maroc.

Il y a au préalable la qualité de la formation à améliorer. Parallèlement, il faudra revoir les textes puisqu'ils peuvent être un obstacle à la création d'emplois en particulier l'embauche des jeunes. Il faudra instaurer des règles qui facilitent l'embauche et le licenciement, relèvent des observateurs.

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Sur la période 2000-2017, 54% des patrons jugent l'économie compétitive et ils sont plus nombreux à le penser depuis 2010. L'inadéquation entre l'offre et les besoins des entreprises sur le marché du travail et la cherté de l'énergie figurent parmi les principaux freins à la compétitivité, estiment les dirigeants sondés par le CMC

Depuis 2010, l'appréciation des dirigeants sur la compétitivité de l'économie s'est améliorée par rapport à la décennie précédente. Ainsi, 59% des patrons la jugent concurrentielle contre 32% au cours de la décennie 2000. Les choix stratégiques notamment dans l'industrie avec l'émergence de nouvelles branches, le développement des infrastructures de transport et de communication renforcent la compétitivité du Royaume.

Mais il y a des facteurs d'amélioration et ils concernent en premier la simplification administrative, selon les patrons. Les autres leviers ont trait à l'amélioration de l'accès au financement, au soutien à l'innovation ou encore à la simplification de l'environnement réglementaire.

Par ailleurs, les patrons voient dans la réforme du régime de change un soutien à la compétitivité des entreprises. Pour autant, cela n'avait pas empêché des mouvements anormaux sur le marché des changes à la veille de la mise en œuvre de la réforme.

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