Société

La presse et Alpha Condé: Le désamour

Par Meriem OUDGHIRI | Edition N°:5160 Le 04/12/2017 | Partager
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Dans son discours de clôture, le président international de l’UPF, Madiambal Diagne, a appelé à l’amélioration de la situation et de l’environnement des médias en Guinée  (Ph. Philippe Cortes)

«En Guinée, aucune radio n’est en règle, aucune. Et si nous appliquons la loi, nous fermerions toutes les radios. Ils sont là, ils n’ont qu’à me démentir. (...) La presse guinéenne n’est pas professionnelle. (...) Je n’ai pas la langue de bois et je n’ai peur de personne (...). Les journalistes guinéens croient qu’ils peuvent être au-dessus de la loi».

A la clôture des 46es Assises, le Président Alpha Condé a prononcé un discours très virulent contre la presse de son pays, affirmant que les médias qui donneraient la parole au responsable syndical Aboubacar Soumah (Syndicat des enseignants libres et chercheurs guinéens) seraient immédiatement fermés.

Depuis quelques semaines, le Gouvernement guinéen est engagé dans un bras de fer avec une partie des syndicats, particulièrement du secteur de l’éducation, qui ont appelé à une grève générale dans le pays. Dans l’histoire récente de la Guinée, une telle prise de position radicale contre la presse et le syndicat est quasiment une première.

Des déclarations offensives qui surprennent plus d’un surtout lorsqu’on sait qu’Alpha Condé a, dans le passé, bénéficié d’un traitement de faveur de la presse lors de son arrestation et de son emprisonnement par le régime du général Lansana Conté. D’ailleurs, il le reconnaîtra lors de son discours de clôture des Assises: «Je reconnais tout ce que la presse a fait pour moi».

Dans son discours de clôture, le président international de l’UPF, Madiambal Diagne, tout en soulignant les efforts de la Guinée concernant la législation sur la presse, a néanmoins souligné que «la situation des médias en Guinée, comme sans doute dans de nombreux autres pays de la sous-région, semble épouser le sort de Sisyphe. A chaque fois qu’on arrive à penser que le plus difficile est passé, un malheureux enchaînement de situations provoque un recul déplorable.

Chacun a sa part de responsabilité. L’UPF estime que cela ne devrait pas être une fatalité. Vous avez la légitimité morale, politique, pour changer davantage les choses pour changer et améliorer les situations et l’environnement des médias dans votre pays. (...) Je vous exhorte donc à travailler, à laisser à la postérité l’image d’un homme politique qui aura parachevé son action par la promotion des médias pluriels et libres».

 

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