International

Marchés financiers: Les craintes de la BCE

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5160 Le 04/12/2017 | Partager
Des risques interconnectés et systémiques
Une reprise économique et des politiques monétaires accommodantes
Faible rentabilité causée par une basse volatilité
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La Banque centrale européenne observe des comportements de moins en moins prudents sur les marchés financiers, causés par une faible rentabilité (Ph. AFP)

Après Coface (L’Economiste du 4/10/2017), c’est la Banque centrale européenne qui souligne l’éventualité de corrections dans la sphère financière. Les constats se rejoignent. La BCE établit elle aussi un lien entre l’amélioration des perspectives économiques et les bas niveaux de la volatilité.

Le premier facteur de préoccupation relevé se rapporte à une réévaluation abrupte dans la prime de risque (et la volatilité). Cette correction pourrait être générée par plusieurs déterminants. Une croissance économique en dessous des anticipations causerait une augmentation de la prime de risque. De plus, les banques centrales commencent peu à peu à revenir sur leurs politiques monétaires relâchées. Le changement des perspectives pour les politiques monétaires générerait plus d’incertitudes.

Le second risque concerne la faible rentabilité du secteur bancaire. «Il y a un large gap entre les perspectives de rentabilité des banques européennes et des autres banques», observe la BCE. Elle relève également quelques signes d’augmentation des prises de risques. La faiblesse de profitabilité qui caractérise l’activité bancaire peut expliquer cette tendance.

La réémergence des préoccupations à propos de la dette privée et publique est la troisième préoccupation. La quatrième est pour sa part associée au secteur financier non bancaire. Le bas niveau de volatilité peut inciter les gestionnaires de fonds à réduire leur prudence pour améliorer les performances. La rentabilité est en effet positivement corrélée au risque. Vu que la volatilité est faible, les fonds d’investissements peuvent souffrir d’une baisse de rentabilité.

Autre constat: les gestionnaires de portefeuille se dirigent de plus en plus vers des placements à long terme. En même temps, les fonds d’investissement en obligations réduisent leurs liquidités. Ils considèrent que garder des positions liquides dans un environnement à très bas taux d’intérêt pour le court terme comporte un coût important.

Ce risque pourrait se matérialiser si les investisseurs décident soudainement de racheter leurs parts, ce qui va résulter en une baisse des liquidités. Les trois premiers risques sont évalués comme étant «moyennement systémiques»(1). Le quatrième est considéré comme «potentiellement systémique».

«Ces facteurs pourraient semer les graines d’une large correction des valeurs dans le futur», indique la BCE. Elle souligne également le fait que les quatre risques sont interconnectés. «La matérialisation d’un risque pourrait potentiellement déclencher la réalisation des autres».

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(1) On parle de risque systémique quand les conséquences de l’événement (dans le cas où le risque se réalise) se propagent au-delà du secteur concerné. Un risque financier est par exemple considéré comme systémique s’il peut se propager aux autres sphères de l’économie.

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