Dossier Spécial

Tout pour l’équipe, la méthode Lakjaâ

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5160 Le 04/12/2017 | Partager
Beaucoup de proximité avec l’entraîneur et les joueurs
Aucun interventionnisme dans les choix tactiques
S’entourer d’experts pour structurer financièrement le paysage footballistique
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Le président de la FRMF Fouzi Lakjaâ se démarque par sa politique de proximité avec les joueurs de l’équipe nationale. Lors de la CAN de 2017 au Gabon, il préférait les conditions de séjour  rustiques de petites villes comme Bétame aux palaces rutilants de Libreville (Ph. FRMF)

Fouzi Lakjaâ porté par les joueurs sur la pelouse du stade d’Abidjan, à l’issue de la mémorable qualification à Abidjan.  Les téléspectateurs marocains emportés par le bonheur et la fierté de l’exploit des Lions de l’Atlas ne sont pas habitués à cette image saisissante d’un président porté par les joueurs. Un coach oui, mais le président, c’est plutôt rare.

Cette séquence révèle en fait la proximité que cultive Fouzi Lakjaâ avec le onze national au moment où d’autres le laissent à distance. Au moment des concentrations ou des déplacements pour les compétitions, il préfère être présent de manière permanente pour «régler les problèmes logistiques, les petites divergences pouvant apparaître entre les uns et les autres.

Parce que tout d’abord j’aime être avec les joueurs dans l’autocar, sur les pelouses d’entraînement... Je le fais avec passion et conviction », reconnaît Lakjaâ. Son approche est simple. Il compare l’équipe nationale à une famille et le président, son chef. «Si le chef de famille est absent à cause des contraintes à l’extérieur, il y aura toujours quelque chose qui manque même si ses membres sont exemplaires», dit-il. Cette proximité est certainement un facteur parmi d’autres ayant permis de construire une équipe soudée, forte, avec un casting de joueurs pouvant aller loin lors du Mondial de Russie.

Motivation renforcée

Même si la règle veut que « jouer pour l’équipe nationale soit un honneur», la déclinaison opérationnelle n’est pas évidente pour autant. Deux approches sont sur la table. Un: attendre que le joueur exprime son potentiel et lui envoyer une convocation administrative pour rejoindre l’équipe. Deux: traiter le joueur dans son cadre familial, surtout pour des jeunes qui ont intégré la première fois l’équipe nationale.

Certains ont à peine 18 ans. Lakjaâ a choisi la deuxième option. «C’est dans cet esprit que nous invitons leurs parents d’abord à les accompagner pendant la concentration au Maroc. Pour eux, c’est une occasion exceptionnelle de retrouver la grande famille, les amis et de donner une assurance morale aux jeunes joueurs. Quand ces derniers voient leurs parents, leur motivation est renforcée», souligne le président. Visiblement, cette démarche est automatique.

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Fouzi Lakjaâ compare l’équipe nationale à une famille et le président de la Fédération, son chef. Une proximité qui a permis de construire une équipe soudée, forte (Ph. Jarfi)

A chaque fois, «nous avons une vingtaine de familles. C’est un plaisir de les avoir avec nous. Leur présence au niveau des matchs donne une occasion à la grande famille de se retrouver. Je pense que cette philosophie marche parfaitement. Selon les échos, l’impact au niveau de la Hollande, de la Belgique et ailleurs est exceptionnel. L’attractivité de l’équipe nationale a atteint le sommet. Tous les joueurs expriment leurs désirs de venir défendre les couleurs nationales», ajoute Fouzi Lakjaâ.

A peine l’extase de la qualification au Mondial de Russie retombée, le président de la FRMF prépare l’étape suivante, en compagnie de son staff technique. L’un des autres facteurs de succès de la nouvelle alchimie, c’est sa capacité à s’entourer d’experts dans différents domaines.

Certains hauts fonctionnaires de Rabat, dont il a fait la connaissance sous sa casquette de directeur de budget, lui auront ainsi été de bons conseillers notamment sur les questions de mise à niveau des clubs et la structuration du paysage footballistique.

Dans la liste l’on retrouve notamment le DG de l’ONCF, Mohamed Rabiâ Khlie, le président du Crédit Agricole du Maroc Tarik Sijilmassi, ou encore le cabinet d’expertise comptable de Abdelaziz Talbi, ancien patron de la DEPP du ministère des Finances. Le président les implique dans plusieurs opérations. C’est le cas du grand chantier de la mise en conformité des clubs avec la loi sur l’éducation sportive, plus connue sous le générique de la transformation des clubs de football en sociétés.

Ainsi, le plan comptable des clubs a été adopté en assemblée générale, l’aspect fiscal traité dans le projet de loi de finances pour 2018. Sur ce dernier point, les clubs seront soumis à la TVA et à l’IS à partir de leur transformation en sociétés. En tant qu’associations, ils n’étaient pas concernés. Logiquement, cette conversion devra démarrer le 15 janvier prochain. Les 16 équipes sont accompagnées par des bureaux d’études techniques pour leur faciliter la tâche.

Les bienfaits de la CHAN

L’organisation de la CHAN au Maroc en janvier prochain aura plusieurs avantages. «Nous allons recevoir 16 équipes internationales africaines. Nous serons dans un topo de l’ancienne Coupe d’Afrique des Nations et avec la moitié des équipes de la Coupe du monde. Dans la logique de promotion, cet évènement nous donnera la possibilité de tester nos capacités organisationnelles par rapport aux standards internationaux».

Cette compétition aura lieu dans quatre villes: Marrakech, Agadir, Tanger et Casablanca. Au lieu de jouer dans des stades de taille moyenne, la FRMF a préféré se mettre dans le contexte d’un Mondial ou d’une CAN, avec l’opportunité de promouvoir l’image des stades et des capacités d’infrastructures parallèles en matière notamment d’hôtellerie, de santé et de transport.

Sur le plan footballistique, il s’agit du 2e rendez-vous continental après la CAN. Cela donnera à l’équipe nationale locale l’opportunité de confirmer son potentiel et de jouer dans des conditions idéales. «Elle n’a pas d’autre choix que de remporter cette coupe, la première d’ailleurs. Nous sommes à la 5e édition et nous n’avons jamais eu la possibilité d’aller loin dans cette compétition», souligne Fouzi Lakjaâ.

Cela crée une belle dynamique au niveau du championnat et des clubs, surtout que les passerelles entre cette équipe nationale locale et l’équipe nationale A sont établies. «Nous avons déjà joué à Abidjan avec 5 joueurs locaux. La porte est ouverte d’ici juin pour que tout un chacun puisse confirmer son potentiel et son mérite pour intégrer l’équipe nationale A. Autant de conditions pour susciter l’émulation et la concurrence sportive entre nos joueurs du championnat national», dit-il.

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