Economie

Chine-Afrique: La nouvelle route maritime de la soie

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5157 Le 28/11/2017 | Partager
«One belt one road», l’arme économique de Pékin
Ce projet prévoit 1.000 milliards de dollars d’investissements sur le continent
La coopération doit favoriser la co-production et le sourcing industriel
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Plus de 500 participants (Chinois et Africains) ont fait le déplacement à Marrakech pour la 2e édition du Forum de l’investissement Chine-Afrique. Parmi eux, le PDG de BMCE bank of Africa, Othmane Benjelloun, Jean Claude Brou, ministre de l’Industrie et des Mines de la Côte d’Ivoire, Li Li, l’Ambassadeur de Chine au Maroc (Ph. Mokhtari)

Tous les projecteurs sont braqués sur Marrakech qui accueille, depuis hier, la 2e édition du Forum de l’investissement Chine-Afrique. Cet important rendez-vous est organisé par le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce en partenariat avec le groupe Jeune Afrique et se fixe pour objectif de booster le partenariat économique sino-africain.

L’événement, placé sous le Haut patronage royal, a fédéré un nombre important d’acteurs politiques et économiques. Y ont pris part, entre autres, Othman Benjelloun, président du groupe BMCE Bank of Africa, Abdelatif Zaghnoun, directeur des Impôts, Fouad El Brini, président de TMSA, Said Ibrahimi, CEO de Casablanca Finance City, ou encore Abderrafie Zouiten, patron de l’ONMT. Au cœur des débats, la coopération et le partenariat économique sino-africains, qui ont atteint un niveau inégalé, et dont la densité est plus importante que les relations entretenues avec l’Inde, la France et les États-Unis réunis.

Beaucoup reste à faire, pour ancrer définitivement un partenariat mutuellement bénéfique. A l’heure de l’implémentation de la ceinture économique de la route maritime de la soie du 21e siècle ou «One belt one road» (OBOR) prônée par la Chine, l’arme économique de Pékin, l’enjeu est important.

L’initiative chinoise prévoit près de 1.000 milliards de dollars d’investissements dans des projets autoroutiers, énergétiques, ferroviaires et portuaires et est appelée à modifier la carte des échanges internationaux. Les infrastructures financées par la Chine dans le cadre de cette initiative devraient permettre de mieux connecter les pays africains et d’ouvrir de nouvelles opportunités commerciales sino-africaines et intra-africaines, par la même occasion.

«A condition que les fonds alloués à cette initiative soient investis dans les chantiers industrialisants et que l’Afrique prenne en main son avenir industriel et déploie les stratégies appropriées», estime Moulay Hafid Elalami. Pour lui, le partenariat doit être gagnant-gagnant.

«L’Afrique a besoin de la Chine qui lui apporterait des avantages tangibles pour son besoin d’emplois et développement, et la Chine a besoin de l’Afrique pour améliorer sa compétitivité et accéder à un marché de plus d’un milliard d’habitants». Même son de cloche auprès de Xie Hong, président de la Chambre de commerce chinoise et un des fondateurs de l’OBOR.

«Les pays partenaires à l’initiative devraient améliorer leur chaîne de valeur et c’est pour cela d’ailleurs que la Chine promeut l’exportation de ses entreprises en Afrique», explique-t-il. Le continent africain souhaite donc intensifier la coopération avec la Chine, mais surtout favoriser la co-production et le sourcing industriel local. Car aujourd’hui, même si les investissements chinois existent, ils sont à 80% concentrés sur les énergies, rappelle Jean-Claude Brou, ministre de l’Industrie et des Mines de la Côte d’Ivoire.

Pour Othman Benjelloun, le programme de la route de la soie doit, à l’égard du continent africain, adopter une approche holistique pour les activités économiques qu’elle compte promouvoir de même que pour les géographies qu’elle va impliquer. Une approche qui devrait résulter d’une vision mondiale du développement du continent qui doit être appropriée par l’ensemble de la communauté internationale et qui pourrait être déclinée en plans sectoriels programmés, estime le président de la BMCE Bank of Africa.

«Si l’initiative chinoise avait prévu d’associer le flan oriental de l’Afrique à travers des voies maritimes, le nord-ouest et sa façade atlantique méritent tout autant d’y être intégrés», espère Benjelloun. L’Afrique en a besoin pour l’avenir de son milliard de consommateurs qui seront le double en 2050 et surtout parce que le continent est riche d’énergie, de talent et de jeunesse.

La Chine en Afrique

En moins de 20 ans, la Chine est devenue le 1er partenaire économique de l’Afrique.
Les échanges commerciaux sino-africains ont atteint 190 milliards de dollars d’échanges commerciaux (2016), plus importants que ceux du continent avec l’Inde, la France et les États-Unis réunis.
Plus de 10.000 entreprises industrielles chinoises opèrent en Afrique et génèrent un volume d’affaires de plus de 60 milliards de dollars par an selon Mckinsey.
36,1 milliards de dollars d’IDE engagés dans le continent, soit 15 fois plus qu’en 2015.
La Chine a annoncé en décembre 2015 un soutien financier pour l’Afrique, de 60 milliards de dollars.
Création en janvier 2016 du Fonds de coopération industrielle Chine-Afrique», doté de 10 milliards de dollars.

 

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