Analyse

Casablanca/mobilité: Ce qui va changer en 2018

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5157 Le 28/11/2017 | Partager
Souriez, vous êtes filmés dès décembre prochain!
Dans un 1er temps la sécurité, puisle contrôle du trafic
Tram, ouvrages d’art, régulation… état d’avancement projet par projet

Lancement de la 2e ligne de tram, 150 caméras pour gérer la sécurité, plusieurs trémies et ouvrages d’art livrés… l’année 2018 sera charnière pour la mobilité. Quatre années après le lancement du Plan de développement du Grand Casablanca (PDGC), plusieurs réalisations se concrétiseront à partir de l’année prochaine.

Sur les 33 milliards de DH du PDGC, plus des deux tiers (soit 27 milliards) sont consacrés à la mobilité. Les décideurs ont enfin saisi que pour qu’un territoire soit attractif, le volet connectivité est d’une extrême importance. «Deux scénarios s’offraient à nous: continuer avec la situation actuelle en multipliant à l’infini les voiries et ouvrages d’art ou développer le transport en commun tout en régulant le trafic et le stationnement», explique Youssef Draiss, DG de Casa-Transports, SDL en charge de la mobilité.

Evidemment, c’est cette 2e voie qu’ont choisie élus et pouvoirs publics. Il s’agit d’une approche qui se veut intégrée alliant réseau de transport en commun en site propre et régulation du trafic et du stationnement. L’idée est de repousser peu à peu les automobilistes en dehors de l’hyper centre, en favorisant davantage le transport public. Parallèlement, les parkings en ouvrage et en surface seront multipliés afin d’inciter les conducteurs à abandonner leurs véhicules aux abords des lignes de trams/BHNS (7 à l’horizon 2022).

Autre nouveauté: les agents de circulation disparaîtront à terme des principaux ronds-points. Ils seront remplacés par un système intelligent de régulation du trafic, relié au Poste central de Casablanca (PCC). Concrètement, des détecteurs au sol (comme ceux de l’actuel tram) vont compter le nombre de voitures, à chaque feu rouge, et réguler automatiquement la circulation. Un vaste réseau de caméras (plus de 500) implantées sur 160 principaux carrefours viendra en appoint à ce système.

«La première tranche de ce projet sera opérationnelle dès décembre prochain», annonce Draiss. En effet, le building du PCC, situé dans l’enceinte de la Préfecture de police, est relié à 150 caméras. Pour le moment, ces dernières assureront essentiellement le volet sécurité. Outre ce travail de régulation au centre-ville, les principaux accès de la ville sont aujourd’hui en chantier: Pont à haubans de Sidi Maârouf, Nœud «A» sur la route d’El Jadida, plusieurs trémies aux croisements avec les lignes de tram (Aïn Sebaâ, Hay Hassani, Gandhi…).

Mais pour avoir plus de visibilité à long terme, une actualisation du Plan de développement urbain (PDU), qui date de 2007 et prend fin en 2019, s’impose. La ville est en train d’étudier les perspectives sur le territoire du Grand Casablanca d’ici 2030. «C’est un processus long et très compliqué qui nécessite deux ans pour les phases étude et validation», affirme Draiss.

Ce dernier doit prendre en considération les besoins non seulement de Casablanca, mais aussi de sa périphérie (Mohammedia, Dar Bouazza, Nouaceur, Médiouna…). «Ce qui devra permettre une planification et une visibilité pour les années à venir», est-il souligné.

Les chantiers de la mobilité sont multiples, mais pour l’heure le quotidien des Casablancais ne s’améliore pas: embouteillages, accidents fréquents (y compris avec le tram), les travaux engagés dans les quatre coins de la ville ne font qu’empirer la situation. Mais si tout va comme prévu, l’année 2018 verra plusieurs chantiers aboutir. En voici les principaux livrables l’an prochain.

■ Tramway: La 2e ligne prête en octobre 2018

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C’est visible. Les travaux sur la plateforme de la 2e ligne de tramway sont en cours de finalisation. «Nous sommes même en avance par rapport au planning», estime Draiss. En effet, la voie ferrée sera livrée en janvier et il ne restera plus qu’à finaliser les travaux systèmes et centre de maintenance (en juin 2018). A l’instar de la 1re ligne, c’est le turc Yapi Merkezi qui a réalisé la plateforme. Le matériel roulant (gamme Altadis) est aussi fourni par le même équipementier: Alstom,  dans un souci d’harmonisation. Le groupe français a déjà livré plusieurs rames depuis août dernier, qui sont actuellement en phase de tests et rodage.
Longue de 15 km, cette 2e ligne desservira les quartiers les plus peuplés de la ville, dont Derb Sultan, Hay El Farah, Hay Mohammedi, Aïn Sebaâ  et Sidi Bernoussi.
Cependant  on n’en est encore qu’à la 2e phase du réseau global de transport en site propre. Ce qui devrait faire, à l’horizon 2022, 110 km. Les travaux préliminaires (déviations de réseaux) sont déjà entamés pour la ligne 3 (Driss El Harti à Casa Port en passant par bd Mohammed VI) et le seront d’ici la fin de l’année pour la ligne 4 (ZI de Mly Rachid à la Mosquée Hassan II via Ouled Ziane et centre-ville). Un premier tronçon de la ligne 3 a même été réalisé au niveau de l’intersection El Fida/bd Mohammed VI. «L’objectif est d’anticiper pour ne pas refaire les travaux sur ce rond-point», explique Draiss. Casa-Transports anticipe aussi la commande des rames pour les lignes 3 et 4. La SDL est aujourd’hui en phase d’étude des offres. Le marché du matériel roulant de ces 2 lignes sera adjugé en décembre prochain. Alstom est bien évidemment favori dans la course, puisque ces rames sont déjà en circulation sur les lignes 1 et 2. Le réseau sera complété par 3 autres lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) qui assureront la connexion entre stations et quartiers non desservis par le réseau de tram.

■ Scénarios pour réduire le déficit du tram

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La réduction du déficit du tramway est l’un des chantiers sur lesquels planche activement Casa-Transports. Si rien n’est fait, le déficit des 2 lignes atteindra 120 à 130 millions de DH que la commune devra reverser chaque année. Pour l’heure, le déficit de la 1re ligne est ramené à 65 millions de DH/an, grâce aux recettes publicitaires (10 millions de DH pour l’habillage et 2 millions pour le naming). Mais à long terme, il faudra chercher d’autres moyens pour subventionner le ticket  (qui coûte actuellement 6 DH, au lieu de 10). Plusieurs scénarios tarifaires sont actuellement à l’étude. Ils seront proposés au vote des élus en mars 2018. «A l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays. Il est possible de prélever une part de la taxe locale, des recettes du stationnement ou de la vignette pour subventionner le transport en commun», préconise Draiss.

■ Réseau de vidéo-surveillance opérationnel

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Le Poste central de Casablanca (PCC) démarrera ses activités ce mois de décembre. «Dans un premier temps, son activité sera centrée sur la sécurité», assure Draiss. Mais d’ici fin 2018, le réseau sera renforcé pour atteindre 550 caméras et intégrera d’autres fonctionnalités, dont la gestion automatisée et la régulation du trafic. En clair, des capteurs ou détecteurs au niveau du sol vont dès 2018 remplacer les agents de circulation (du moins dans les principales intersections) pour la gestion du trafic. Des centaines de caméras, un système intelligent de régulation des feux rouges, des applications pour aviser les automobilistes en cas d’embouteillage… Tout ce dispositif sera géré par le Poste central de Casablanca. «Le premier marché de réalisation des travaux, attribué à EMTE/SICE a été résilié en mai 2017, suite à la défaillance de ce groupement», explique le DG de Casa-Transports. Pour parer au plus urgent, 150 caméras ont été fixées dans des emplacements prioritaires (par l’entreprise AB Protection) afin de compléter le réseau existant de 60 caméras. «200 autres caméras seront opérationnelles en 2018 et 200 autres fin 2019», est-il précisé. La réalisation du génie civil des micro-tranchées pour le passage de la fibre optique est en cours de finalisation.  

■ Ouvrages d’art et trémies pour faciliter les accès

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Outre le réseau de tram et l’organisation du trafic, Casa-Transports a pris en charge une partie des travaux sur les voiries (dont le plus gros est assuré par Casa-Aménagement). L’un de ses plus gros chantiers est celui de l’aménagement de la route d’El Jadida, à partir du siège de l’OCP jusqu’au rond-point Azbane (communément appelé Nœud A) pour une enveloppe globale de 657 millions de DH. «Cet axe, qui sera livré en 2018, en est aujourd’hui à plus de 80% de taux d’avancement des travaux», annonce le management de Casa-Transports. Deux trémies sont déjà ouvertes au public depuis fin septembre dernier. Ce chantier est exécuté par SGTM. Deux autres trémies sont en cours de réalisation à Aïn Sebaâ et Hay Hassani (sur la trajectoire des lignes 1 et 2 du tram). Ce sont respectivement les entreprises Houar et SGTM qui travaillent sur ces deux ouvrages d’art, qui seront aussi livrés en juin 2018. Un nouveau tunnel est à l’étude pour l’intersection Gandhi/Roudani (sous les rails du tram), un point névralgique pour la circulation. De même, boulevard Zerktouni et ses deux trémies seront réaménagés.

 

 

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