International

A quand une sortie de crise en Libye?

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5154 Le 23/11/2017 | Partager
Vague d’indignation face à la vente d’êtres humains
L’ONU réagit, enquête ouverte à Tripoli
La France va accueillir les premiers réfugiés évacués par le HCR

Un récent reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye a suscité des réactions indignées de par le monde. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit «horrifié» par ses révélations. Il a jugé que ceux qui en sont à l’origine pourraient être traduits en justice pour de possibles crimes contre l’humanité.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté d’ailleurs à l’unanimité une résolution sur les traites d’êtres humains dans des pays en conflit. Elle vise notamment à accentuer le partage d’informations entre ses membres afin de mieux lutter contre ce fléau. Il s’agit de la deuxième résolution adoptée par l’ONU après un premier texte adopté le 20 décembre 2016 portant sur les flux financiers liés au trafic d’êtres humains.

Lequel appelait le secrétaire général de l’Organisation à renforcer la coordination dans ce domaine. Le texte revendique aussi de doter les missions de maintien de la paix dans le monde de la capacité de recueillir des informations dans le cadre de leur mandat pour identifier, confirmer et répondre aux cas de trafics d’êtres humains. La résolution pousse aussi les Etats membres à développer des banques de données.

Face à cette situation, la France a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies. Paris va accueillir les premiers réfugiés évacués de Libye par le HCR au Niger, a annoncé Pascal Brice, le directeur général de l’OFPRA (Office français de protection de réfugiés et apatrides) à l’issue d’une mission à Niamey. L’enjeu est que d’autres pays se joignent à cette démarche.

Deux-cent cinquante migrants camerounais victimes de trafics humains en Libye sont rentrés au Cameroun dans la nuit de mardi à mercredi dans le cadre d’un projet humanitaire, rapporte l’AFP. Il vise à favoriser le retour de 850 migrants camerounais, selon Roger Charles Evina, chargé de projet à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). D’après lui, au moins 1.700 Camerounais sont en situation de détresse en Libye. 

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs (profitant du vide sécuritaire) font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l’Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.

Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a évoqué des actes «inhumains». Il a affirmé qu’une enquête avait été ouverte sur des cas d’esclavage près de la capitale Tripoli. Tout en rappelant son engagement envers la charte des Nations unies ainsi que son attachement aux textes criminalisant le commerce des personnes.

La Libye a toutefois critiqué la position des pays de la région sur le dossier. L’idée d’installer des centres d’accueil dans le pays avait été avancée fin août lors d’un mini-sommet à Paris en présence de pays européens, du Niger ou encore du Tchad. Elle avait toutefois été abandonnée du fait de l’insécurité persistante dans le pays.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 156.000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier (contre près de 341.000 durant la même période en 2016), dont 73% en Italie. Près de 3.000 sont morts en tentant la traversée.

Un sit-in à Rabat

Le trafic de migrants africains qui sévit en Libye ne laisse pas indifférents les ONG et la société civile notamment au Maroc. Un sit-in est d’ailleurs prévu ce jeudi 23 novembre devant l’ambassade de Libye à Rabat.

 

 

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