Analyse

Jeunes: Une stratégie en friche

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5154 Le 23/11/2017 | Partager
En jeu: Résorber les énormes déficits socio-économiques chez les 18-24 ans
Cependant les contours d’une véritable réforme ne se dessinent pas encore
jeunes_residences_054.jpg

«Les attentes socio-économiques (enseignement, emploi, habitat, soins) sont très fortes chez les jeunes. Le bout du tunnel n’est pas encore perceptible»

Après le Conseil de Gouvernement et les deux Chambres du Parlement, Rachid Talbi Alami s’apprête à frapper aux portes des institutions constitutionnelles pour relancer le chantier de la jeunesse. Un sujet replacé au cœur des urgences depuis le dernier Discours royal au Parlement. Le diagnostic de la situation des jeunes au Maroc est accablant.

Sur le plan de la citoyenneté, à peine 1% des jeunes adhère à un parti politique ou à un syndicat et  entre 10 à 15% seulement sont impliqués dans le travail associatif. Les jeunes, les premières victimes de la crise de l’école avec un niveau d’abandon scolaire qui touche chaque année près de 270.000 élèves.

Les activités sociales, culturelles, sportives et de divertissement ne sont pas au top non plus: 72% du temps des jeunes se perd dans des activités non productives et 82% d’entre eux n’exercent aucune activité. La santé n’est pas en reste puisque 75% des jeunes n’ont aucune couverture médicale et un sur cinq jeunes souffre de perturbations psychiques. En somme, 6,4 millions de jeunes marocains sont dans une situation de précarité.

Que peut bien faire le Ministère de la Jeunesse sur des réformes transverses et des attentes qui peuvent paraître titanesques. Talbi Alami reste convaincu que son département à un rôle de pilotage à jouer. A condition de mettre un peu d’ordre et de traiter les dysfonctionnements opérationnels, comme le relève une note du département.

En matière de budget, «le pilotage cohérent des moyens est quasi absent, puisque 80% des dotations de fonctionnement du département de la Jeunesse sont alloués aux colonies de vacances». A cela s’ajoute «le manque de planification et de standardisation dans la conception des infrastructures».

L’inclusion des jeunes ne figure pas sur les tablettes des responsables,  ni d’ailleurs les responsabilités de la conception, de la programmation et de la mise en œuvre du contenu, qui ne sont pas définies. Le Ministère est également handicapé par «l’absence de contrôle d’évaluation des modes opératoires au sein des établissements» qui sont sous sa tutelle.  Talbi Alami arrivera-t-il a remettre son département en selle?.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc