International

Pourquoi les élèves doivent travailler en groupe

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5153 Le 22/11/2017 | Partager
Ce que recommande la nouvelle étude PISA de l’OCDE
Aptitude à gérer et à interpréter des informations
Seuls 28% capables de résoudre des problèmes collaboratifs simples
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Dans son évaluation, l’équipe de l’OCDE a demandé aux élèves d’établir une compréhension commune avec les autres membres du groupe, d’entreprendre les actions adéquates pour résoudre le problème et de maintenir l’organisation comme ils devraient le faire dans des situations de la vie réelle (Ph. AFP)

Collaborer et travailler en groupe pour résoudre des problèmes s’apprend dès l’école. C’est sur cette thématique que s’est penchée la première évaluation PISA (le Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de l’OCDE portant sur les compétences collaboratives en résolution de problèmes.

Il était question de savoir dans quelle mesure les élèves de 15 ans sont bien préparés à travailler ensemble de manière productive. Dans cet exercice, les filles ont eu de meilleurs résultats que les garçons. Les élèves qui ont des compétences plus solides en compréhension de l’écrit ou en mathématiques ont souvent de meilleurs résultats en résolution de problèmes collaborative.

Laquelle nécessite une aptitude à gérer et à interpréter des informations et fait appel à la capacité de raisonnement. Il n’est donc plus essentiel d’apprendre par coeur! Pour l’OCDE, les élèves qui travaillent en équipe sont ceux qui auront la chance d’obtenir les meilleurs emplois.

Les pays les mieux classés au PISA, comme la Corée, le Japon ou Singapour en Asie, l’Estonie et la Finlande en Europe, et le Canada en Amérique du Nord, obtiennent aussi les meilleurs résultats au test. Toutefois, en Australie, en Corée, aux Etats-Unis, au Japon et en Nouvelle-Zélande, les élèves sont plus performants en résolution collaborative de problèmes que ce que laisseraient penser leurs scores en sciences, en compréhension de l’écrit et en mathématiques. En revanche, les élèves des quatre provinces chinoises (Pékin, Shanghai, Jiangsu et Guangdong) ont des résultats décevants au regard de leurs scores en mathématiques et en sciences.

En moyenne dans les pays de l’OCDE, 28% des élèves ne sont capables de résoudre que des problèmes collaboratifs simples. A titre de comparaison, en Estonie, en Corée, à Hong Kong, au Japon, à Macao et à Singapour, moins d’un élève sur six a de faibles résultats en résolution collaborative de problèmes. En France, environ un élève sur 15 (6,6%) parvient à se hisser au niveau 4 (soit le plus haut niveau de l’échelle de résolution collaborative de problèmes). En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 7,9% des élèves parviennent à se hisser à ce niveau de compétence.

Le test n’a montré aucune différence dans les résultats des élèves selon qu’ils viennent d’un milieu favorisé ou non, ou qu’ils sont issus de l’immigration ou non. Pour autant, les élèves qui sont exposés à la diversité en classe développent généralement de meilleures compétences collaboratives. Ceux qui suivent des cours d’éducation physique ou pratiquent une activité sportive d’une manière plus générale ont souvent un état d’esprit plus ouvert à l’égard de la collaboration.

En moyenne dans les pays de l’OCDE, les élèves qui jouent aux jeux vidéo en dehors du temps scolaire ont des résultats en résolution de problèmes collaborative légèrement inférieurs à ceux de leurs camarades qui n’y jouent pas. A l’inverse, les élèves qui surfent sur Internet ou utilisent les réseaux sociaux en dehors de l’école ont des résultats légèrement supérieurs aux autres.

Les activités visant à instaurer des liens de solidarité à l’école peuvent contribuer au développement des compétences collaboratives en résolution de problèmes, surtout si elles font directement participer les élèves. Les établissements scolaires pourraient organiser davantage d’activités sociales, former les enseignants à la conduite d’une classe et s’attaquer au problème du harcèlement.

Comment s’est passé le test

Près de 125.000 élèves de 15 ans dans 52 pays et économies ont participé à cette évaluation. Elle analyse dans quelle mesure les élèves parviennent à travailler ensemble, ainsi que leur disposition à l’égard de la collaboration, et l’influence de certains déterminants comme le sexe, les activités périscolaires ou le milieu social. La résolution collaborative de problèmes a été administrée sur ordinateur. L’évaluation a duré 30 minutes, les élèves répondant à des épreuves constituées de différentes combinaisons d’items. Une batterie d’items de résolution collaborative de problèmes, soit 90 minutes de test au total, a été élaborée.

 

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