Analyse

COP23: Maintien du rayonnement international du Maroc

Par Nadia DREF | Edition N°:5153 Le 22/11/2017 | Partager
Le leadership du Royaume applaudi par les Etats et instances internationales
Renforcement de la coopération avec l’Afrique, le CCGI…
Education, financement, adaptation… plusieurs défis restent à relever

Pari réussi pour le Maroc qui a tenu à se démarquer lors de la Conférence sur les Changements climatiques (COP23) à Bonn. La présence du Royaume a été rehaussée par la participation de son Altesse royale Lalla Hasna. Par ailleurs, responsables gouvernementaux (dont 3 ministres du PJD), patronat, Fondation Mohammed VI pour l’Environnement, société civile, acteurs forts en plaidoyer… C’est dire que la mobilisation était grande à tous les niveaux. 

Plusieurs événements ont été organisés au sein du pavillon marocain. L’accent a été mis à la fois sur les différentes stratégies sectorielles que sur les «success stories» et les bonnes initiatives du secteur privé, des associations, des jeunes entrepreneurs… L’objectif est de mettre en exergue les efforts du Maroc en matière de lutte contre le changement climatique et l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris. Ces efforts ont été applaudis par la France, l’Allemagne, les Iles Fidji, la secrétaire exécutive de la CCNUCC...

Il va sans dire que le Maroc a entrepris d’importants efforts pour faire face au changement climatique et ce, depuis des décennies, en mettant l’accent sur l’énergie, l’agriculture et le développement urbain. A ce jour, le Royaume entreprend des initiatives dans la promotion d’une économie verte et inclusive en étroite collaboration avec des partenaires de développement internationaux.

L’actuel gouvernement mise sur la Stratégie nationale de Développement durable (SNDD) qui met l’accent sur la conceptualisation des territoires en tant qu’écosystèmes durables, axée sur l’amélioration de la coordination et la mise en œuvre d’actions favorisant les liens entre les zones rurales et urbaines.

■ Appel à l’implication des élus
Nezha El Ouafi, Secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, a présidé, à Bonn, une réunion avec les parlementaires et des élus ayant un rôle important dans la mise en œuvre de toutes les politiques publiques. Cette réunion a porté sur des briefings relatifs à la mise en œuvre de la SNDD ainsi que sur les avancées des négociations à la COP23. «C’est avec l’Accord de Paris que l’on peut relever  le challenge», affirme la Secrétaire d’Etat. Elle a également rappelé la mise en place d’une plateforme d’opérationnalisation des actions de lutte contre le changement climatique au niveau des territoires. Les élus ont de leur côté demandé une meilleure concertation et l’instauration d’un dialogue permanent avec le Secrétariat d’Etat.
De son côté, Salaheddine Mezouar, président de la COP22, a confirmé que l’Afrique est aujourd’hui une source de solutions, d’actions et d’initiatives. «Parlementaires, chercheurs, opérateurs économiques, société civile… sont tous des acteurs qui peuvent contribuer à la dynamique existante. Le continent africain doit travailler avec détermination et beaucoup de coopération pour structurer les démarches».
Sur ce registre, le vice-président du Parlement, Abdelaziz El Omari, également maire de Casablanca, a appelé à la coordination des efforts. Il a rappelé les recommandations d’une réunion de concertation des parlementaires tenue le 27 octobre à Rabat. Celles-ci préconisent d’intensifier les consultations et de renforcer les coordinations lors des COP. Il est également proposé de créer, au sein de l’Union parlementaire africaine, un groupe de travail parlementaire africain de plaidoyer pour la défense des intérêts des pays concernés. Cette rencontre à Bonn a, également, été marquée par la participation du président du Conseil de l’Union africaine et d’autres personnalités étrangères.

■ Coopération avec l’Afrique
La Secrétaire d’Etat chargée du Développement durable s’est entretenue à Bonn avec le Ministre gabonais de l’Environnement, qui est également président de la Conférence des Ministres africains de l’Environnement (CMAE). Les deux responsables ont souligné la nécessité d’opérationnaliser les décisions du Sommet africain tenu en marge de la COP22 à Marrakech, notamment les trois commissions du Bassin du Congo, du Sahel et des Etats insulaires. Le Gabon a, par ailleurs, sollicité l’appui du Maroc pour la mise en œuvre de ces initiatives, notamment à travers le Centre de Compétences sur le Changement climatique (4C Maroc). Les deux Ministres ont convenu également de mettre en valeur les efforts déployés pour la mise en œuvre de ces initiatives lors de la réunion du bureau de la CMAE.
Un accord de partenariat a également été paraphé avec la Guinée pour renforcer la coopération Sud-Sud et faire bénéficier ce pays de l’expertise marocaine.

■ Programme du Global Green Growth Institute
Les efforts consentis par le Maroc à ce jour sont jugés favorables pour l’exécution du programme Global Green Growth Institute (GGGI), une organisation intergouvernementale, basée à Séoul, et fondée pour soutenir et promouvoir la croissance verte dans les pays. D’ailleurs, le GGGI , suite à une série de concertations menées avec les parties prenantes, est en cours de finalisation d’un plan de planification quinquennal proposant un appui technique au gouvernement pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de DD ainsi que la réalisation de l’engagement  n°9 de la Contribution déterminée à l’échelle nationale (NDC). Ce plan englobe la mise en place d’une ville modèle à faible émission de carbone axée sur des actions efficaces en matière d’énergie, de transport et de gestion des déchets et ce, en alignement avec son processus de Régionalisation avancée. Une série de programmes de renforcement de capacités sur la croissance verte au Maroc est déjà  lancée. Rappelons que les deux parties ont signé un accord le 24 octobre dernier à Rabat pour renfoncer davantage  la coopération entre les deux institutions.

■ Renforcement de l’éducation au changement climatique
Le rôle-clé de l’éducation et de la formation en matière de développement durable pour la sauvegarde de la planète a été souligné à la 23e Conférence des Parties à l’Accord-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Selon l’Internationale de l’Education, «les émissions de carbone actuelles constituent une grave menace pour l’humanité. Ainsi, une meilleure gouvernance doit également inclure un programme ambitieux sur l’éducation et la formation liées au climat». D’après le mouvement syndical, fortement représenté à Bonn, il est impératif que les gouvernements renforcent la gouvernance climatique internationale. Cela implique d’élever leurs «ambitions» d’ici à 2020, en respectant leurs engagements financiers et en s’engageant dans une transition équitable pour les travailleurs et les populations.
Elever des générations futures respectueuses de l’environnement... Tel est le grand défi. Au Maroc, le travail réalisé par la Fondation Mohammed VI pour l’Environnement est un cas d’école, à l’échelle mondiale. A Bonn, Nezha El Ouafi a présenté les différentes actions menées par la Fondation. Le programme Eco-Ecoles, développé en partenariat avec le Ministère de l’Education nationale, couvre 1.636 établissements dans 12 régions. L’objectif est de le généraliser à terme à l’ensemble des écoles du Royaume. Quant au programme de Jeunes reporters pour l’environnement, plus de 22.000 collégiens et lycéens ont participé au concours. Sur ce total, 198 ont été primés au niveau national. Par ailleurs, 30 reportages ont été primés à l’international par la FEE.
Pour rappel, la mission fondamentale de la Fondation est la sensibilisation et l’éducation et à l’environnement. Cette organisation s’appuie sur un réseau de 15 partenaires internationaux, dont l’UNESCO, l’ISESCO, le PNUE, la FAO et plus de 70 partenaires nationaux. Elle s’est inscrite dès 2005 dans la Décennie des Nations Unies pour l’Education au Développement durable. Un engagement qu’elle a renouvelé en 2014, pour la période 2015-2024. L’action de la Fondation commence à l’école, se poursuit au collège et au lycée, avec la ferme volonté de faire de l’éducation à l’environnement une composante à part entière de l’éducation.

Financement et adaptation

Catalyser l’investissement privé dans l’adaptation et la résilience, tel est le défi à relever dans la conjoncture actuelle. Un atelier organisé au sein du pavillon marocain a permis de mettre en exergue l’importance du rôle du secteur privé et des investisseurs. Selon le PNUE, les pays en développement auront besoin de 300 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour l’adaptation au changement climatique.
Malgré le besoin critique d’investissement dans l’adaptation, moins de 7% des flux de financement climatique pour une adaptation ciblée et résiliente ont été affectés en 2015 (Climate Policy Initiative). L’accent a également été mis sur la manière de réduire les risques liés aux investissements dans les énergies renouvelables. Bien que l’énergie solaire et éolienne soit compétitive par rapport aux coûts avec la plupart des combustibles fossiles conventionnels, les investissements précoces dans les énergies renouvelables sont encore considérés comme risqués, soulignent les panelistes. Ce qui rend difficile l’attraction des capitaux privés. Cet événement a exploré les défis, les opportunités et les solutions pour risquer l’investissement dans les énergies renouvelables au niveau du projet et du système, y compris la garantie des mécanismes, des installations et d’autres instruments innovants.

 

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