Analyse

COP23: Des résolutions obtenues à l’arraché

Par Nadia DREF | Edition N°:5153 Le 22/11/2017 | Partager
Un accord sur des engagements pré-2020 a été adopté
Deux rencontres ministérielles sur le financement du climat prévues en 2019 et 2020

A la fin de la Conférence sur les Changements climatiques (COP23), tenue du 7 au 19 novembre à Bonn, tous les participants sont restés sur leur faim en attendant le prochain sommet, prévu en Pologne. Cette rencontre de haut niveau a, d’ailleurs, été freinée par des négociations intergouvernementales lentes et dures.

Jalousement gardées, elles ont même été interrompues avant de reprendre au cours de la seconde semaine. En même temps, la société civile a maintenu sa pression pour l’abandon de l’énergie fossile et le déblocage du financement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Ce n’est qu’aux premières heures du samedi 19 novembre que des résolutions ont été enfin arrachées. D’ailleurs, la position de la France, annoncée par Emmanuel Macron à Bonn, a été largement applaudie. Le texte adopté porte sur les actions à engager pour mettre en œuvre l’Accord de Paris dont l’objectif est d’apporter de bonnes réponses face aux changements climatiques avant 2020.

L’accord obtenu a jeté les jalons de ce qui devra se faire d’ici deux ans et de ce qui s'ensuivra après 2020. Le texte préconise l’inclusion du calendrier pré-2020 dans l’agenda du dialogue facultatif  Talanoa, proposé par la présidence fidjienne cette année. L’accord rappelle également les Etats à la ratification de l’amendement de Doha conformément au Protocole de Kyoto. Une des conséquences directes de ce dernier point est, qu’au plus tard en 2020, les pays développés devraient comptabiliser les 20 milliards de dollars promis il y a 11 ans aux pays pauvres pour les soutenir dans leur lutte contre le changement climatique.

A défaut d’obtenir un accord final, les pays signataires ont pu s’engager sur un calendrier précis.  En mai 2018, toutes les parties doivent soumettre une communication sur comment renforcer les ambitions et les actions dans le plan pré-2020 au Secrétariat de la COP qui devra établir un rapport.

En décembre 2018, toutes les entités constituées dans le cadre du Protocole de Kyoto, la COP, de la CMP, du SBSTA, du SBI, les entités opérant dans les différents mécanismes financiers, l’organe en charge des atténuations, le partenariat de Marrakech sur le Global Climate Action, sont tenues de soumettre un inventaire sur la mise en œuvre des actions pré-2020. Toutes les actions engagées par ces entités seront évaluées en 2020.

Par ailleurs, il a été convenu de tenir (en 2019 et en 2020) deux réunions ministérielles de haut niveau sur le financement du climat. Un point important surtout pour les pays vulnérables visant la mobilisation des 100 milliards de dollars promis par les pays riches depuis Doha pour servir de Fonds Vert pour le Climat. Les observateurs s’accordent tous à dire que la COP24, prévue en Pologne, sera cruciale. Ils préconisent la mobilisation pour que le prochain sommet aboutisse sur des résolutions plus fortes qui engagent réellement les pays industriels.

Candidatures lancées pour la COP25

A Bonn, les bruits de couloirs se sont tournés vers le lieu des prochaines COP. Des observateurs ont évoqué le Brésil, l’Argentine et la Jamaïque comme sites potentiels de la COP25. Pour leur part, la Turquie et l’Italie se sont proposées pour l’organisation de la COP26 dans leurs discours de haut niveau. «Ces propositions ont retenti sur les écrans des couloirs presque vides. Les conventions futures ont dû sembler bien lointaines aux délégués focalisés sur la prochaine et la dernière journée de la COP23», précise l'Institut international du Développement durable.

DNES à Bonn, Nadia DREF

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