Economie

Le Maroc scruté par la Fondation Mo Ibrahim

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5152 Le 21/11/2017 | Partager
2 places de mieux dans l’indice 2017 par rapport à l’édition précédente
Mais il régresse au niveau des libertés individuelles, de la parité…
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Les progrès réalisés au Maroc en matière de gouvernance globale au cours de la décennie 2007-2016 sont attribués à l’amélioration de trois catégories. En revanche, le Maroc reste mauvais au niveau de la catégorie de «Participation et droits humains»

Le Maroc améliore son score sur l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique. Avec un score de 60,1/100, il s’est classé 12e sur 54 pays. Une note supérieure à la moyenne africaine (50,8 sur 100) et nord-africaine (51,1). Le Maroc a réalisé son meilleur bilan au niveau de la catégorie «Développement économique durable» (68,2), mais reste mauvais élève en termes de «Participation et droits humains» (44,2).

Cette catégorie mesure notamment la participation à la vie politique, des élections libres et transparentes, la légitimité du processus électoral… Elle traite également de la liberté d’expression, des libertés individuelles, l’égalité entre les sexes, la participation des femmes à la vie politique…

Le Royaume a réalisé son meilleur score en «Sécurité nationale (81,3) et sa pire note en «Participation» (39,9). Les progrès réalisés dans le domaine de la gouvernance globale au cours de la dernière décennie sont attribués à l’amélioration des catégories: «Participation et droits humains» (tendance annuelle moyenne de +0,51), «Développement économique durable» (+1,21) et Développement humain (+0,98).

Dure progression

Ce sont là les principaux enseignements qui se dégagent de la publication, hier, lundi 20 novembre à Dakar, de l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) pour 2017. Au niveau continental, au cours de la période 2007-2016, l’évolution  de la gouvernance a été positive. Toutefois, les progrès marquent le pas depuis la seconde partie de la décennie.

La Fondation Mo Ibrahim explique que bon nombre de pays n’arrivent pas à maintenir leur progression ou donner un coup d’arrêt à leur détérioration. Des voyants rouges sont même allumés dans certains secteurs clés pour l’avenir du continent.
Ainsi, sur les dix dernières années, 40 pays ont connu une progression notable en termes de gouvernance globale.

Au cours de la seconde partie de la période, 18 d’entre eux, soit 58% de la population africaine (Côte d’Ivoire, Togo, Maroc, Namibie, Nigeria et Sénégal), ont même réussi à accélérer le rythme. Ce qui a permis au continent d’atteindre en 2016 son meilleur score depuis 2000 (50,8 sur 100).
Toutefois, au cours des cinq dernières années, le rythme annuel moyen d’amélioration de la gouvernance global a connu un certain ralentissement dans 22 pays tels que le Rwanda, l’Ethiopie, quand il ne décline pas comme pour Maurice, le Cameroun, le Djibouti, le Congo ou l’Angola. Dans 8 des 12 pays dont le niveau de la gouvernance globale se détériore sur la période 2007-2016, la situation a empiré au cours des cinq dernières années (Libye, RCA, Ghana, Mozambique et Mauritanie).

La catégorie «Développement économique durable» est celle qui a progressé le plus lentement tant sur l’ensemble de la décennie qu’au cours de ces cinq dernières années, même si la barre se redresse depuis 2014. Mais ce sont les «infrastructures» qui tirent la performance globale vers le haut avec un rythme accéléré au cours de ces cinq dernières années, même si l’indicateur «infrastructures électriques» ne cesse de se détériorer.

Au niveau des catégories, la «Participation et droits humains» est la seule à enregistrer une «accélération marginale». Bien qu’encourageante, cette évolution cache mal des trajectoires qui incitent à la vigilance dans certains pays. 18 pays (Congo, Gabon, Nigeria, Rwanda, Togo, Ouganda…) ont ralenti leur rythme de progression sur cette catégorie, alors que l’Egypte a régressé au cours des cinq dernières années.

La détérioration de la sécurité et règle de droit au cours de la seconde moitié de la décennie est préoccupante dans une quinzaine de pays, principalement dans des pays comme le Burundi ou encore la Libye, mais aussi de manière plus alarmante au Cameroun et au Mozambique.

 

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