Société

Le Projet Venus croit en «un monde sans crime»

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5151 Le 20/11/2017 | Partager
Une société libre dédiée à l’apprentissage, l’exploration et la création
Ni monnaie, ni dette, ni troc… pour créer le nouvel Homme
Technologie et emploi: La recette du désastre
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Roxane Meadows: Nos problèmes sociaux et environnementaux vont rester insurmontables aussi longtemps qu’un petit nombre d’individus gardent la main-mise sur le contrôle et consomment la plupart des ressources de la planète (Ph. The Venus Project)

Le Projet Venus défend une vision novatrice du développement, de la société, de la technologie, du travail… Taxé d’utopiste par ses pourfendeurs, le Projet Venus propose un modèle alternatif au système monétaire et social actuel. L’une de ses co-fondatrices, Roxanne Meadows, pense que ce nouveau monde est réalisable. Explication.   

- L’Economiste: Vous dites que la technologie disponible actuellement peut réaliser l’abondance. Est-ce vraiment faisable?
- Roxanne Meadows:
Certainement. Le problème ne réside pas dans le fait que la technologie d’aujourd’hui ne puisse pas subvenir aux besoins de tout Homme sur la planète. Le problème est qu’elle n’est pas bien utilisée. Or, celle-ci peut construire un environnement nouveau. Opérationnel avec le minimum de consommation d’énergie et la technologie la plus propre possible. Un système en harmonie avec la nature qui vise à obtenir le plus haut standard de vie possible pour tout le monde. Nous n’avons cependant même pas assez de monnaie pour fournir à chaque individu une habitation, alors que nous détenons assez de ressources pour facilement atteindre cette objectif, et beaucoup plus. Pour cette raison nous défendons l’économie basée sur les ressources (Resource Based Economy) (voir l’article précédent).

- Jacque Fresco, co-fondateur du Projet Venus, parle d’un inévitable crash dans le système capitaliste. Comment peut-on défendre ce point de vue?
- Le système de l’endettement est une construction qui garde les gens et les nations dans un état de servitude. En même temps, un groupe très restreint en récolte les avantages. Le rationnement des ressources à travers le contrôle monétaire n’est plus à l’ordre du jour et est même contre-productif à la survie de notre espèce. Nos technologies se développent à une vitesse ahurissante, mais nos systèmes sociaux limitent nos aspirations.
Le combustible de ce système est la consommation, mais la technologie remplace des millions de personnes dans les lieux de travail. Par conséquent, les personnes qui se trouvent sans emploi n’auront pas le pouvoir d’achat pour consommer la production. Ceci est un énorme danger pour le système de la libre entreprise et on n’a aucune idée sur la manière de le résoudre.  
Comme indique un rapport spécial de «The Economist» en 2016: «Martin Ford, entrepreneur de logiciels et auteur du bestseller «Rise of the Robots». Il met en garde contre le danger d’un «futur sans travail», pointant le fait que la plupart des travaux peuvent être fragmentés en une série de tâches de routine et de plus en plus de ces tâches peuvent être exécutées par des machines».
Nous avons ici une recette pour le désastre. Quand assez de personnes se trouveront sans emploi pour survivre, perdront leurs maisons et leur confiance dans les leaders élus pour résoudre les problèmes que nous voyons, il y aura une tension sociale incontrôlable.

- L’économie basée sur les ressources est critiquée comme étant du communisme maquillé par la technologie, que répondez-vous?
- Le communisme diffère considérablement de la direction que nous prônons. Un système communiste a une monnaie, des banques, une armée, des prisons et une élite. Il est dirigé par une forme d’idéologie qui ne se rapporte pas nécessairement aux besoins humains ou environnementaux. Le Projet Venus n’utilise aucune monnaie et rend disponibles les biens et services sans étiquette de prix, dette, troc, ou toute forme de servitude. Nous utilisons les machines et l’automatisation pour produire et distribuer. L’objectif est de libérer l’humain pour qu’il poursuive son accomplissement, et non sa survie.
Là où le communisme se préoccupe de la condition de travail de la classe prolétaire, le Projet Venus milite pour un travail limité ou nul tout en conférant aux gens tous les équipements pour une société prospère et hautement énergique. Notre but est de produire une société où il n’y a que du temps libre pour l’apprentissage, l’exploration et la création.
Le Projet Venus ne défend pas non plus un système de gouvernement par humains. La cybernétique y est implantée au système social et doit se conformer à la capacité de la terre en termes de ressources.
Le but principal des machines est la production et la distribution des biens et services tout en maintenant un environnement propre qui sert tout le monde sans qu’aucun individu ne puisse en générer un quelconque profit. Quand les gens ont accès aux ressources, la plupart des crimes vont disparaître. Le besoin de police, d’armée, de prisons va éventuellement disparaître avec.

Propos recueillis par Amine SAHRANE

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