International

L’Europe veut promouvoir la reddition des comptes en Afrique

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5151 Le 20/11/2017 | Partager
Les transferts financiers illicites dépassent largement les aides
Le Sommet Afrique-Europe le 29 novembre

L’Europe se prépare au prochain Sommet Afrique-Europe qui se tient le 29 novembre. Son Parlement a publié un document qui «identifie les défis de ce partenariat et propose des pistes d’amélioration pour la nouvelle feuille de route 2018-2020». L’Europe se fixe pour objectif la construction d’Etats et de sociétés plus résilients en Afrique.

L’expression «Etats et sociétés résilients» a remplacé celle de «Paix et sécurité». Le but de ce changement, selon le Parlement européen, est de «souligner l’aspect de la «fragilité» en tant que danger direct pour l’Union».  L’Europe contribue déjà significativement en termes financiers pour atteindre ce but. «Les options de durabilité doivent cependant encore être implémentées», souligne le document.  

Des Etats et sociétés résilients

A ce titre, le Parlement européen propose la création d’une «plateforme efficace de collaboration qui rassemble les partenaires des Nations Unies, de l’Europe, de l’Afrique ainsi que les internationaux… afin de s’occuper des dangers et des crises dans le continent». Cet objectif n’a pas pu être atteint à cause d’agendas différents et parfois contradictoires des différents partenaires.

L’Union européenne veut aussi renforcer les systèmes de gouvernance. Une attention particulière est portée aux transferts financiers illicites qui surpassent largement le montant total de l’Assistance officielle de Développement (ODA). Afin d’améliorer la solidité des institutions, l’Europe se fixe comme objectifs la promotion de la démocratie, la reddition des comptes et la transparence.

Le Parlement européen propose de créer une «conférence conjointe sur les processus électoraux, la démocratie et la gouvernance dans l’Afrique et l’Europe». Cette manifestation va rassembler les Parlements panafricain et européen, ainsi que la société civile et académique. L’Europe suggère au préalable que l’Afrique renforce son Parlement qui n’a actuellement pas le même poids que son équivalent du Nord.

L’Europe vise aussi l’amélioration de l’intégration des marchés africains qui reste encore sous-développée. Le faible niveau de l’industrie en est une des causes. L’Europe est le partenaire commercial le plus important de l’Afrique. Le volume total des échanges en 2016 s’est établi à 227 milliards d’euros, ce qui équivaut à 35% des échanges internationaux du continent.

La Chine vient après avec 15% des échanges, suivie de l’Inde et des Etats-Unis qui accaparent respectivement 7 et 6,7% des volumes d’échanges. L’Union européenne est également le premier donateur pour le développement de l’Afrique. En 2015, les Etats membres de l’Union ont alloué 21 milliards d’euros pour le développement du continent. L’Europe est historiquement liée à son voisin du Sud et elle compte l’être encore plus dans le futur. Le Maroc, qui est maintenant membre de l’Union africaine, aura un rôle plus important à jouer dans les délibérations du 29 novembre à Abidjan.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc