Entreprises

Cash Plus négocie le virage du «full digital»

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5151 Le 20/11/2017 | Partager
Un supermarché de service «One stop shop»
Un chiffre d’affaires de plus de 130 millions de DH en 2016

Les réseaux de proximité ont de beaux jours devant eux. Assuré principalement par les banques et agences multiservices, le transfert d’argent se démocratise, avec la multiplication des réseaux et canaux de distribution. Parmi les dix entreprises marocaines du secteur, figure Cash Plus. L’opérateur s’est fait remarquer récemment en figurant parmi le top 6 des opérateurs demandeurs d’agrément auprès de Bank Al-Maghrib, pour l’émission de moyens de paiement.

Spécialisée dans les transferts nationaux et internationaux, Cash Plus est à la base une société familiale (famille Amar). L’entreprise se veut être un «supermarché de service» (one stop shop) en assurant des prestations comme le paiement de factures, d’impôts, taxes et vignettes ainsi que les recharges et abonnements téléphoniques.

«Beaucoup de Marocains ont basculé vers nos canaux, lorsqu’ils ont eu le choix de faire appel à un tiers de confiance pour leurs transactions. Quitte à payer un surplus si cela leur prend moins de temps, d’énergie et plus de confort», soutient Hazim Sebbata, Directeur général de Cash Plus. En 2016, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 130 millions de DH, avec près de 2.000 collaborateurs et un réseau de plus de 1.200 agences (dont près de 300 en propre, le reste étant en mode franchise).

Pour 2017, le management table sur une croissance d’à peu près 30% du business. Sur le segment du transfert international, le tiers du transfert des MRE transite par le Cash to Cash, les deux autres tiers transitent par les circuits bancaires. Le Cash to Cash représente environ 20 milliards de DH/an sur près de 60 milliards de DH que les MRE transfèrent à destination de leurs proches et familles au Maroc. «Nous représentons un peu plus du tiers de ces 20 milliards et faisons partie des leaders du marché», fait valoir Sebbata.

Au-delà de la concurrence, il y a aussi l’informel qui représente une part importante du marché. Des études réalisées à l’échelle internationale renseignent que seulement le tiers du marché international du Cash to Cash passe par des réseaux structurés. La part importante des flux transitant via ce canal révèle qu’il est quelque part toujours efficace, malgré qu’il soit plus risqué.

Au Maroc, l’informel est omniprésent, mais les professionnels ont du mal à l’évaluer et le chiffrer. La transformation digitale se déploie sur ce business. Mais même si les évolutions technologiques vont exacerber la concurrence, le business ne peut aller que crescendo et les chiffres d’affaires évoluer en conséquence. «Nous attendons l’agrément d’établissement de paiement pour aller plus loin», annonce le management.

Business des moyens de paiement

Le marché des moyens de paiement est en forte mutation, notamment avec l’arrivée prochaine des opérateurs télécoms, qui viendront compléter l’offre bancaire. «Nous nous préparons sur le plan technologique pour offrir la possibilité à nos clients d’ouvrir des comptes et faire des transferts de compte à compte, réaliser des paiements, gérer leur compte à travers leur smartphone ou Internet», indique Hazim Sebbata. Cependant, nuance-t-il: «Le basculement vers le full digital se fera progressivement. Je ne crois pas au switch tout d’un coup. Cela prendra plusieurs années pour convaincre le Marocain de mettre son argent dans un portefeuille électronique et faire des transactions sans forcément retirer son cash». En attendant le changement de paradigme, l’entreprise négocie le virage.

 

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