Société

Indépendance: Les grands faits politiques marquants

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5150 Le 17/11/2017 | Partager

■ Eté 1957: «La route de l’unité»
Mehdi Ben Barka lance un vaste chantier de jeunesse. Pas moins de 12.000 jeunes seront mobilisés pour la construction de «la route de l’unité» qui va relier Fès et Al Hoceima. La bourgeoisie conservatrice s’en inquiète et y voit la tentative d’instauration d’une sociale-monarchie. Feu Hassan II, alors Prince héritier, prend part au chantier qui va durer 3 mois et ouvre une route depuis Taounate jusqu’à Ketama sur une longueur de 65 kilomètres au cœur du Rif.

■ 27 janvier 1959: Constitution de l’Union nationale des Forces populaires

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(Ph. UNFP-AFP)

Mehdi Ben Barka fédère les fédérations régionales dissidentes en une confédération nationale de l’Istiqlal. Ce n’est que le 6 septembre 1959 que ces comités donneront naissance à l’UNFP - Union nationale des Forces populaires. Ce parti obtiendra tout de suite l’adhésion des jeunes.

■ 17 mai 1963: Ben Barka, leader de l’opposition
Les élections sont un succès pour l’UNFP qui conquiert «officiellement» 28 sièges sur 144. Les deux grands partis, Istiqlal et UNFP, ont la majorité en nombre de voix. Cependant, le découpage et des trucages électoraux minorent effectivement le score de l’UNFP et de l’Istiqlal.
Ben Barka est élu député de Rabat dans la circonscription du quartier populaire de Yacoub El Mansour. Il devient le leader de l’opposition au Roi.

■ 16 juillet 1963: La chasse à l’UNFP
La police investit le siège de l’UNFP en pleine préparation des élections municipales qui ont été reportées, mais dont l’UNFP est le grand favori.
Abderrahim Bouabid est libéré, mais 100 militants sont emprisonnés. Ben Barka en visite au Caire échappe à la rafle, mais dans tout le pays les arrestations des militants de l’UNFP se succèdent: plus de 5.000 au total.

■ Mars-juin 1965: Les Emeutes de Casablanca

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(Ph. 1965-AFP)

Des émeutes à Casablanca font des dizaines de morts. Hassan II proclame l’état d’urgence et suspend la Constitution.  Le 22 mars 1965, une circulaire fixant la limite d’âge à 17 ans pour accéder au secondaire provoque la colère des lycéens: la plupart, en effet, se voyaient ainsi bloquer l’accès aux études.
Le lendemain, les syndicats et l’UNEM s’étant joints au mouvement, les lycéens casablancais bientôt suivis de ceux de Fès et de Rabat se mettent en grève: les jeunes non scolarisés rejoignent les grévistes, la répression policière est violente et on assiste alors à des scènes d’émeute à Casablanca.
Le gouvernement pris de court fait appel à l’armée pour réprimer violemment les manifestations. Oufkir en personne dirige la répression, qui fait probablement plusieurs centaines de morts.

■ 29 octobre 1965: L’enlèvement de Ben Barka
Mehdi Ben Barka qui effectuait fréquemment des voyages entre la Suisse, la France et l’Egypte où il s’était exilé, est enlevé par deux policiers français, aidé de truands, devant la brasserie Lipp à Paris, où il devait rencontrer un cinéaste en vue de la préparation d’un film à projeter lors de l’ouverture de la Conférence Tricontinentale qu’il était chargé d’organiser.
La disparition de Ben Barka plonge le monde politique marocain et international dans la consternation.

■ 12 novembre 1965: Censure contre les journaux
Si la disparition de Ben Barka a soulevé l’émoi des dirigeants de la classe politique, notamment dans les rangs de l’UNFP, aucun slogan relatif à Ben Barka n’est lancé lors des grèves provoquées fin 1965 par l’UGTM puis relayée par l’UMT. L’UNFP ne participe pas officiellement à ces manifestations populaires de rue. La censure officielle réprime les articles de journaux sur l’affaire Ben Barka. «Libération», l’organe officiel de l’UNFP suspend de lui-même sa publication.

■ 3 mars 1967: Projet de réforme de la Constitution
Lors d’un discours du trône, Hassan II annonce une prochaine réforme de la Constitution en vue de la levée de l’état d’exception en vigueur depuis le 4 juin 1965.

■ Juillet 1970: Adoption d’une nouvelle Constitution.  

■ Juillet 1971: Tentative de coup d’Etat militaire de Skhirat

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31 janvier 1972, les participants à la tentative du coup d’Etat de Skhitat au tribunal militaire de Kénitra (Ph. AFP)

La première tentative de coup d’État militaire contre Feu Hassan II a eu lieu le 10 juillet 1971 dans le palais royal de Skhirat, Hassan II fêtant son 42e anniversaire dans cette résidence d’été qui accueillait pour l’occasion un millier d’hôtes venus du monde entier.  Cette tentative de coup d’État fut menée par le général Mohamed Medbouh, instigateur devant dégarnir la garde du palais, et le lieutenant-colonel M’hamed Ababou, chargés d’investir avec leurs troupes le Palais et de s’emparer des points stratégiques de Rabat, ainsi que le colonel Chelouati, auquel revenait, avec ses compagnons de l’état-major, de rallier l’ensemble de l’armée, de contrôler le pays et de coordonner l’intervention tout comme les communiqués à la radio. L’opération mobilisa 1.400 cadets de l’École militaire des sous-officiers d’Ahermoumou.

■ Août 1972: Coup d’Etat avorté des aviateurs

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Photo prise le 18 août 1972 sur l’aéroport de Rabat du Boeing royal, endommagé par des impacts de balles, après l’attaque qu’il a subi par des F-5 avant son atterrissage alors que feu Hassan II était à son bord (Ph. AFP)

Seconde tentative de coup d’État militaire contre Feu Hassan II, après celle de Skhirat, menée l’année précédente. Ce putsch avorté, qui a eu lieu le 16 août 1972, a été conduit par des aviateurs des Forces aériennes royales sous le commandement du général Mohamed Oufkir et du lieutenant-colonel Mohamed Amekrane. Un tel «coup d’État» est le premier de son genre dans l’histoire militaire de par sa particularité «air-air» (avec des Northrop F-5 Freedom Fighter pour tenter d’abattre l’avion royal à son retour de France).

 

 

 

■ Juin 1981: Les «émeutes du pain»

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(Ph. AFP)

En juin 1981, plusieurs subventions sur des produits de première nécessité connaissent une baisse très importante dans le cadre du programme d’ajustement structurel voulu par la Banque mondiale et par le Fonds monétaire international. L’effet de cette baisse est aggravé par une sécheresse persistante (le pays subit sa première vague de sécheresse de 1980 à 1984) et une très grande inflation (de l’ordre de 12,5 % en 1981). Après les hausses de prix, des émeutes éclatent à Casablanca. L’armée investit la ville, les chars assiègent les rues et les hélicoptères survolent la ville. L’état de siège est officiellement proclamé. Appelées «émeutes du pain», elles font officiellement  66 morts (200 selon l’opposition).  

■ Janvier 1984: De nouvelles émeutes éclatent dans le nord du pays, après la hausse des prix des denrées alimentaires. 29 morts sont à déplorer (plus de 150 selon l’opposition).

■ Septembre 1999: Fin de l’exil de Serfaty
Militant politique et opposant au régime du Roi Hassan II, Abraham Serfaty passe plus de 17 ans en prison. Après 8 ans d’exil, en septembre 1999, il est autorisé par le nouveau Roi Mohammed VI à rentrer au pays, et sa nationalité marocaine est reconnue officiellement et sans contestation possible.

■ Novembre 1999: Driss Basri limogé
Le puissant Ministre de l’Intérieur de Hassan II, en place depuis vingt ans, est limogé par le Roi Mohammed VI. Celui qui se qualifiait de «femme de ménage du gouvernement», a été remplacé en novembre 1999 à la tête du Département de l’Intérieur par Ahmed El Midaoui. Au lendemain de son limogeage, certains de ses détracteurs ont affirmé qu’«il y a quelque injustice à faire de lui le symbole de tous les maux qui accablent le Royaume, de la corruption, de l’omniprésence de l’appareil sécuritaire, sans parler d’élections aux résultats douteux...». Lui-même avait affirmé à plusieurs reprises qu’il n’allait pas «porter le chapeau des multiples dérapages que le Maroc a connus sous son Ministère».

 

 

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