International

Un sommet social pour contrer le populisme

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5150 Le 17/11/2017 | Partager
Il se tient ce vendredi 17 novembre en Suède
Les dirigeants défendent un «Socle européen des droits sociaux»

Les dirigeants européens se réunissent ce vendredi 17 novembre pour un sommet social à Göteborg en Suède. Il s’agit d’une offensive qui vise à regagner la confiance des citoyens face à la montée du populisme qui fragilise l'Union. Et ce, après le choc du Brexit et le renforcement de tendances eurosceptiques dans plusieurs pays membres de l'UE, dont récemment l'Allemagne et l'Autriche.

La Commission européenne est déterminée à montrer que l'Union n'est pas simplement «un grand marché, mais elle souhaite aussi réduire les inégalités». L’ambition est de faire signer par les Etats membres une grande déclaration contre le dumping social, baptisée «Socle européen des droits sociaux». Certes sans portée légale, mais censée au moins donner un signal aux peuples que les plus démunis d'entre eux ne sont pas oubliés, rapporte l’AFP.

A Göteborg, lors d'une cérémonie, seuls trois dirigeants européens doivent parapher ce texte au nom de tous les autres. Il s’agit du président de la Commission Jean-Claude Juncker, celui du Parlement européen Antonio Tajani et le Premier ministre estonien Juri Ratas, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union pour six mois. La Première ministre britannique Theresa May participera à cette rencontre.

Même si son pays, qui s'apprête à quitter l'UE le 29 mars 2019, a toujours été farouchement opposé à une trop grande implication de l'Union dans ce domaine. En revanche, la chancelière allemande Angela Merkel, en pleine négociation pour former un nouveau gouvernement de coalition, restera à Berlin. Son gouvernement soutient pleinement le Socle européen des droits sociaux comme les autres pays.

Ce texte comporte vingt principes et droits censés être respectés sur tout le continent européen. Y figurent le droit à l'enseignement et à l'orientation professionnelle, l'égalité des chances et de traitement, notamment entre hommes et femmes. Il fait aussi mention de «salaires minimums appropriés devant être garantis, à un niveau permettant de satisfaire aux besoins du travailleur et de sa famille compte tenu des conditions économiques et sociales du pays, tout en sauvegardant l'accès à l'emploi». 

Le salaire minimum européen, ce n'est peut-être pas pour demain, mais le sujet est déjà sur la table. Au 1er janvier 2017, il y avait 1.764 euros de différence entre le salaire minimum le plus faible de l'Union (celui de la Bulgarie: 235 euros) et le plus élevé (celui du Luxembourg: 1.999 euros). Six pays en sont par ailleurs dépourvus. Les fortes divergences salariales entre les pays de l'UE posent en effet des problèmes de concurrence entre les Etats. Ce qui incite parfois les entreprises à délocaliser leurs sites de production dans des pays à bas salaire.

Mobilité des jeunes

A Göteborg, les dirigeants européens discuteront également de l’éducation et de la culture. La Commission européenne veut faire des propositions concrètes pour accroître la mobilité des jeunes, telle la création d'une carte d'étudiant de l'UE, qui stockerait tous les résultats universitaires d'une personne. Le programme Erasmus, qui a fêté ses 30 ans cette année, est considéré comme un des grands succès de l'Union. Il a permis à plus de 5 millions de personnes de partir étudier à l'étranger.

 

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