Culture

Dubaï Design Week Luxe, paillettes et développement durable

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5150 Le 17/11/2017 | Partager
La grand-messe du design du 13 au 18 novembre
Plus de 200 manifestations à travers la ville
Des créateurs mais aussi des laboratoires de recherches universitaires
dubai-design-week-050.jpg

Plus de 200 manifestations disséminées dans la ville entre installations, performances, expositions et conférences, pour cette 3e édition de la Dubaï Design Week (Ph. DDW)

Il n’y a rien qui ne se fait à Dubaï sans être à la hauteur de sa démesure architecturale. Le pays, qui affiche clairement son ambition de devenir l’influenceur culturel le plus important de la région, organisait, quelques jours après l’ouverture du Louvre Abu Dhabi, la Dubaï Design Week (DDW). Le rendez-vous régional du design veut se positionner comme un acteur incontournable du design mondial, avec en ligne de mire l’exposition universelle 2020. Il faut dire que l’enjeu est de taille.

Dans une étude, publiée en 2016 par le cabinet de conseil en stratégie Monitor Deloitte et commanditée par le Dubaï Design &Fashion Council, l’organe de promotion du design et de la mode émiratis, on apprend l’importance phénoménale prise ces cinq dernières années par ce secteur pour la Région MENA (Moyen-Orient/Afrique du Nord).

Intitulé «MENA Design Outlook», le document révèle que la valeur totale du marché du design pour les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Egypte et le Liban a dépassé les 100 milliards de dollars en 2014 et que sa croissance ces quatre dernières années a été deux fois plus rapide que celle de l’industrie globale.

dubai_design_week_050.jpg

Soukaina Aziz El Idrissi utilise de la matière plastique, qu’elle récupère, qu’elle traite à chaud, compresse, souffle pour en faire des objets pleins de poésie. Ici, une applique lumineuse présentée dans l’exposition Abwab à Dubaï (Crédit DDW)

Les Emirats Arabes Unis ont, à eux seuls, les plus importants contributeurs du secteur, totalisant, en 2015, 27,6 milliards de dollars de revenus. C’est dire l’importance des industries créatives et culturelles dans le développement du pays. En à peine plus d’une décennie, Dubaï s’est hissée aux premiers rangs des destinations artistiques de la planète.

Christie’s et Sotheby’s y tiennent régulièrement des enchères et chaque mois de mars se tient la foire «Art Dubaï», la plus importante pour l’art contemporain dans cette région du monde. Inaugurée le mardi 14 novembre par la Princesse Sheikha Latifa bint Mohammed bin Rashid Al Maktoum, la DDW a vu les choses en grand: plus de 200 manifestations à travers la ville, entre installations, performances, conférences et expositions… Près de 550 designers représentés issus de 28 pays.

Des expositions thématiques mettant en valeur les créateurs de la région, les jeunes talents ou le design au service de l’innovation, sont disséminées à travers la ville. A l’instar du programme Abwab, qui expose les créateurs issus de la Région Menasa (Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie du Sud).

Le projet, initié par la curatrice générale de la DDW, veut mettre en valeur les designers de la région en mettant l’accent sur l’appropriation et la réinterprétation des identités culturelles de la région. 47 designers, issus de 15 pays, sur une centaine de projets soumis, ont été sélectionnés pour participer à l’exposition. «Notre objectif est de permettre à des jeunes designers d’exposer leurs créations aux côtés d’artistes confirmés.

C’est pour cela que nous utilisons la méthode domino, qui consiste à demander à chaque designer participant de nommer, pour la prochaine édition, un autre designer. Cela nous permet de rencontrer, des jeunes talents qui ne sont pas dans les circuits classiques», précise la curatrice.

dubai-design-week-2-050.gif

Le pavillon de l’exposition Abwab. Une prouesse architecturale réalisée par Fahed Majeed. Une structure tubulaire en acier recouverte de plaques de ressorts pour matelas recyclés (Ph. DDW)

Pour cette 3e édition, 7 artistes marocains ont été sélectionnés. Il s’agit de Hicham Lahlou qui expose son luminaire inspiré du Nafar (trompette traditionnelle), Mehdi Filali Khessouan propose un fauteuil «tumeur noire» véritable manifeste écologique. Thème que partage Soukaina Aziz El Idrissi, avec son applique lumineuse réalisée à base de plastique recyclé, quand l’atelier Meftah propose de somptueux objets lumineux sublimant le travail de dinanderie.

Bouchra Boudoua réinterprète de son côté le travail des potiers de la région de Skoura et Soukaina Hachem engage une heureuse alliance entre artisan, architecte et artiste dans des luminaires géométriques. L’autre évènement phare de DDW est certainement le projet «Global Grad Show», la preuve que le design n’est pas uniquement au service du luxe, mais peut également réagir et aider à trouver des solutions aux problèmes de développement actuels.

Initiée autour de 3 thèmes: Habiliter, Soutenir, Connecter, l’exposition réunit les travaux de 92 universités, issues de 43 pays dans le monde, sous le principe du design engagé. On y trouve des innovations peux coûteuses à l’instar d’une application pour smartphone destinée à aider les réfugiés à digitaliser leurs documents administratifs, une autre permettant aux migrants de communiquer avec leurs médecins quand ils ne comprennent pas la langues de leur pays d’accueil, des ustensiles de cuisine permettant aux non-voyants d’être indépendants pour leur alimentation ou encore un purificateur d’eau destiné aux personnes mobiles en situation de précarité.

 

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc