Culture

Loading Casa: L’expo qui transporte l’esprit de la ville à Dubaï

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5150 Le 17/11/2017 | Partager
La capitale économique invitée d’honneur à la Dubaï Design Week
Une exposition sensorielle et interactive
Des artistes multi-générationnels aux disciplines et aux regards différents
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La façade habillée d’une carte de 21 m sur 6 m de haut, dessinée par l’artiste Aïcha El Beloui, retrace l’histoire de Casablanca et de ses mutations. L’installation interpelle les passants comme une invitation à visiter l’exposition
(Ph. Zineb Andress Araki)

C’est un pari audacieux, pris par Salma Lahlou, la commissaire de l’exposition «Loading Casa», qui a lieu du 13 au 18 novembre à Dubaï. Qualifiée de «l’un des hubs les plus créatifs d’Afrique du Nord», la métropole est l’invitée d’honneur de la 3e édition de la Dubaï Design Week en tant que «cité iconique».  Et c’est tout l’esprit de la ville blanche qu’a essayé de retranscrire la commissaire.

«Quand on m’a proposé d’être la commissaire de cette exposition, je me suis d’abord posé la question: Qu’est-ce qu’être casablancais? Et par extension, comment faire parler une ville aussi tangible et en même temps insaisissable autrement qu’en décrivant les impressions qu’elle suscite? C’est donc une part de l’esprit casablancais que j’ai décidé de transporter à Dubaï», décrit-elle.

Les visiteurs, et ils ont été très nombreux à arpenter le pavillon de quelque 120 m2, dédié à Casablanca, sont tout d’abord surpris de ne pas trouver une exposition d’objets de design made in Casablanca, mais plutôt une reconstitution intuitive, sonore et visuelle de la ville. Zineb Andress Araki qui signe la scénographie a voulu «une immersion totale dans l’esprit de la cité, une exposition interactive qui transporte le visiteur dans cet esprit casablancais».

Pari réussi! Le résultat est étonnant, absorbant et offre un véritable voyage sensoriel. Pour retranscrire cet «esprit casablancais» passé, comme présent, Salma Lahlou a donc réuni autour d’elle cinq artistes représentatifs de la ville blanche et un collectionneur passionné.

L’architecte et photographe Zineb Andress Araki, qui signe également la scénographie de pavillon, le très remuant réalisateur Hicham Lasri, l’illustratrice Aïcha el Beloui, l’artiste sonore Anna Raimondo, l’emblématique Mostapha Maftah et enfin le dandy collectionneur Mohamed Tangi. Des artistes contemporains, aux disciplines et regards différents, pour illustrer cette énergie créative de la ville blanche. Une énergie que la curatrice a voulu exprimer autour de 5 axes.

D’abord la transhumance, la mutation, la contreculture, la mémoire amnésique et enfin l’hédonisme qui a caractérisé la capitale économique et ses habitants pendant des décennies. Le ton est donné depuis l’extérieur du pavillon, avec une carte de la ville, de 23 m de long sur 6 m de haut, habillant la façade du pavillon et qui interpelle directement les passants.

Dessinée par l’illustratrice Aïcha El Beloui, elle raconte l’histoire de la ville, sa transhumance, ses mutations… Partant des Carrières centrales, Hay Mohamadi, évoquant l’exode rural et le chaos actuel, mais aussi la complexité de la ville. L’intérieur du pavillon offre une ballade visuelle et sonore entre les photographies. Zineb Andress Araki a choisi, elle, de mettre face à face Dubaï et Casablanca.

Le côté fougueux et dionysiaque casablancais opposé à une cité que l’artiste voit beaucoup plus apollinienne. Anna Raimondo nous propose des ballades sonores à travers la ville. Une installation qui regroupe les différents sons caractéristiques de la métropole, parsemés de témoignages de casablancais sur leur ville. Hicham Lasri propose son film hommage à la cité «Casa one day» un moyen métrage qu’il qualifie, comme un poème visuel.

Le film fait écho à l’œuvre magistrale de Mostapha Maftah: «Feu de l’océan» est une tapisserie réalisée en 1979. Elle représente un volcan en éruption surgissant au milieu de l’océan et illustre selon l’artiste, le bouillonnement des jeunes Marocains des années 70 en pleine période des années de plomb.

Témoignant d’un passé glorieux et pas si lointain, précieusement exposés dans des vitrines, plusieurs objets cultes, parsèment l’exposition. Affiches, photographies, pochettes de disques, journaux d’époques… retracent le quotidien d’une ville où l’hédonisme était roi.

A Dubaï, chacun des visiteurs repartira, avec un peu de cet esprit casablancais, fidèlement et intuitivement retranscrit par l’exposition, qui fera réagir le très célèbre architecte Britannique d’origine Ghanéenne Sir David Adjaye. Ce dernier commentera à l’issue de sa visite de l’exposition: «Loading Casa is the high light of Dubai Design Week» (Loading Casa est le point culminant de la Dubaï Design Week). Une consécration pour l’équipe casablancaise.

De notre envoyé spécial à Dubaï, Amine BOUSHABA

 

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