International

L’OCDE mesure la qualité du bien-être

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5150 Le 17/11/2017 | Partager
Certains aspects de la vie se sont améliorés, d’autres restent à la traîne
La défiance envers les gouvernements s’accroît
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Le taux de participation électorale a diminué. Les jeunes de moins de 25 ans sont 20% moins susceptibles d’exercer leur droit de vote que les personnes âgées de plus de 55 ans (Ph. AFP)

Plusieurs études se sont intéressées à la satisfaction à l'égard de la vie. Il est question de mesurer la perception d’un individu quant à son bien-être et son bonheur. Des indicateurs sur lesquels s’est penchée l’OCDE dans sa récente étude intitulée «Comment va la vie?». Celle-ci relève que si certaines dimensions du bien-être telles que le revenu, l’état de santé, l’éducation…  se sont améliorées depuis 2005 dans certains pays, d’autres n’ont pas pu en profiter.

■ Salaires, emploi, chômage…: Les salaires annuels moyens affichent une hausse cumulée de 7% dans les pays de l’OCDE depuis 2005. Un pourcentage qui ne représente toutefois environ que la moitié du taux de croissance observé au cours de la décennie qui a précédé 2005. L’espérance de vie moyenne a pour sa part gagné près de deux ans ces dix dernières années et les individus sont aujourd’hui plus nombreux à avoir un emploi. Toutefois d’autres indicateurs sont dans le rouge. Le chômage de longue durée augmente. Bien qu’affichant un niveau d’instruction plus élevé que les générations antérieures, les jeunes de moins de 25 ans ont 60% plus de risques d’être au chômage que la tranche d’âge des 25-54 ans. Les travailleurs d’âge moyen ont pour leur part près de deux fois plus de risques d’avoir de très longs horaires de travail (50 heures par semaine ou plus) que ceux de moins de 25 ans.

■ La confiance dans les institutions s’est érodée: Plusieurs citoyens se sentent éloignés des institutions publiques qui œuvrent à leur service. Seuls 38% des individus déclarent avoir confiance dans leur gouvernement (une baisse de quatre points de pourcentage depuis 2006). Seul un individu sur trois estime avoir une influence sur l’action de son gouvernement. Les responsables politiques proviennent en outre souvent d’un milieu différent de celui des personnes qu’ils représentent. Une récente enquête a révélé que les travailleurs manuels et agricoles et les employés du secteur des services représentent 44% de la population, alors que seuls 13% des membres des Parlements sont issus de ce milieu.
■ Les clivages en matière d’éducation: Les hommes âgés de 25 ans qui ont arrêté leurs études avant l’enseignement secondaire du deuxième cycle vivent en moyenne près de huit ans de moins que les hommes ayant mené à terme des études universitaires. Cet écart se chiffre à près de cinq ans pour les femmes. Aussi, les individus peu qualifiés affichent un niveau de richesse et de salaire inférieur de moitié à celui des personnes hautement qualifiées. Ils exercent moins leur droit de vote et sont moins bien entourés en cas de difficultés. Résultat: ils ressentent de manière générale une satisfaction moindre à l’égard de leur vie.

■ Chez nous: Les Marocains ont globalement une bonne qualité de vie (voir aussi «Qualité de vie: Le diagnostic de l’OCDE», www.leconomiste.com du 11 juillet 2017). Depuis les années 2000, la pauvreté s’est beaucoup réduite (4% en 2014) et le niveau de vie a réellement évolué. Cela se reflète notamment dans le domaine du logement où 9 Marocains sur 10 disent disposer de ressources financières suffisantes pour se loger décemment. Toutefois, «la santé et surtout l’éducation, tirent les performances du Maroc vers le bas», relève l’OCDE. En guise d’exemple, seul un Marocain sur quatre est satisfait de l’offre de soin et 32% de la population est considérée comme analphabète. Un niveau loin de la moyenne mondiale.

 D’autres indicateurs

  • Près de 10% à peine des ménages des pays de l’OCDE détiennent en moyenne plus de la moitié (52%) de la richesse totale des ménages,
  •  Pour plus d’une personne sur trois dans les 25 pays de l’OCDE ayant été étudiés, trois mois de salaire représentent le seul rempart contre la pauvreté,
  • Les taux de participation électorale parmi les 20% des individus aux revenus les plus élevés sont 14 points de pourcentage supérieurs à ceux des 20% percevant les revenus les plus faibles,
  • Le revenu médian des ménages immigrés est inférieur de 25% en moyenne à celui des ménages autochtones.
  • Les migrants affichent plus souvent une mauvaise santé. Ils sont moins nombreux à affirmer pouvoir compter sur quelqu’un en cas de difficultés, et sont généralement moins satisfaits de leur vie que les autochtones,
  •  Les migrants ont davantage de risques de vivre dans des logements inadaptés, de travailler en dehors des horaires de travail normaux et de se sentir déprimés.

 

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