Economie

Maroc-France: Après les grands groupes, place aux PME!

Par Amin RBOUB | Edition N°:5150 Le 17/11/2017 | Partager
Prochaine étape: Sortir des sentiers battus et des zones de confort
TPE, PME, entreprises de taille intermédiaire, start-up… Les nouveaux moteurs
Afrique: «Attention, il ne faut pas se marcher sur les pieds »
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Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la CGEM, et le Premier ministre français, Edouard Philippe, lors du Forum économique Maroc-France (Ph. Bziouat)

C’est une convergence de vues qui a marqué le démarrage du Forum économique Maroc-France, jeudi 16 novembre à Skhirat. L’événement a fait salle comble avec plus de 400 chefs d’entreprises français et marocains, des patrons du Medef, de la CGEM, des membres du Club des chefs d’entreprises France-Maroc, des représentants du CAC 40, des ministres…

La thématique  a été très inspirante cette année. «Bâtir des ponts pour la croissance et l’emploi», le thème retenu colle aux nouveaux enjeux des deux pays. Il a permis aussi bien aux patrons des patrons respectifs (Medef et CGEM) qu’aux deux Chefs de Gouvernement, Edouard  Philippe et Saadeddine El Othmani, de revenir sur les acquis des liens historiques, culturels, diplomatiques et économiques forts. 

Près de 900 filiales de groupes et entreprises françaises opèrent au Maroc employant 100.000 personnes, 1,5 million de Marocains vivent en France (2e communauté dans l’Hexagone), 2 millions de touristes français visitent le Maroc, 80.000 Français résident au Maroc (1re communauté étrangère)… Le Royaume est le 1er partenaire commercial de la France en Afrique.

Pour sa part, l’Hexagone est le 1er investisseur direct au Maroc depuis 15 ans. En 2016, 6 projets marocains ont réalisé des entreprises dans l’Hexagone avec la création de plusieurs centaines d’emplois de l’autre rive de la Méditerranée. «Renault, PSA, Alstom, LGV, Safran, Suez, Latécoère, Faurecia… Les références de grands groupes français sont solides et crédibles dans des secteurs stratégiques. Ce qui se traduit déjà en termes d’intégration locale du made in Maroc», fait valoir Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la CGEM. 

Ceci étant, il va falloir «faire mieux et plus», insiste la patronne des patrons. En clair, même si l’on a atteint la vitesse de croisière dans certains secteurs (automobile, aéronautique…), les défis sont encore multiples. Les deux pays doivent relever le challenge. «Les parts de marché françaises s’érodent. Nous devons remédier à cette situation», tient à préciser le Premier ministre français, Edouard Philippe.

Selon le Chef du Gouvernement français, il va falloir impérativement ouvrir la porte aux PME, aux TPE, aux entreprises de taille intermédiaire (ETI) ou encore aux start-up… pour mailler de nouveaux territoires. Car, jusque-là, relève Edouard Philippe, «les relations France-Maroc se caractérisent par la présence et la réussite de grands groupes, notamment Renault, PSA, Safran, Alstom, LGV avec la SNCF… Nous devons impérativement passer à une nouvelle étape et favoriser l’émergence de nouveaux acteurs».

Les nouveaux challenges devront faire en sorte que l’intensité de la relation entre les deux pays puisse s’ouvrir à ceux qui ne peuvent pas avoir leur place, insiste Edouard Philippe. Autrement dit, les grands groupes sont appelés à accompagner leurs fournisseurs, et surtout les entreprises de taille petite et intermédiaire. «Nous devons planter intensément les PME avec des partenaires marocains», soutient le 1er ministre français.

Cette nouvelle orientation devra passer, selon Philippe, par l’imagination, l’audace et l’innovation. Les nouveaux enjeux sont dans le numérique, la transformation digitale, les start-up. L’autre enjeu est dans l’approche triangulaire France-Maroc-Afrique. Mais attention! Il ne faut pas se marcher sur les pieds. «Je crois beaucoup en la capacité des entreprises françaises à conquérir des marchés en Afrique à partir de la plateforme Maroc, pour mieux faire face à une concurrence féroce et massive», soutient Edouard Philippe.

Tout dépendra de la capacité des deux pays à  se rapprocher pour faire émerger leurs convergences. Pour la patronne de la CGEM, la prochaine étape consistera à explorer ensemble les opportunités, notamment dans les énergies renouvelables, l’économie circulaire, les objets connectés, le big data, l’éducation, la santé… «Nous n’avons plus le choix. Il faut être inclusif à travers un maillage intelligent de TPE/PME autour de grandes entreprises industrielles». Autre défi et non des moindres, sortir des zones communes de confort pour co-investir et développer une complémentarité à l’échelle du continent africain.

Venez investir dans l’Hexagone!

«J’encourage les investisseurs à opter pour la France. Nous avons besoin d’investissements pour produire plus et renforcer l’attractivité de notre pays». Un message fort adressé par Edouard Philippe, Premier ministre de la République française, envers les chefs d’entreprises marocains. Pour rappel, l’Hexagone est confrontée au problème du chômage, avec plus de 3,5 millions de sans-emploi et des problèmes de financement au profit de la PME. Tout l’enjeu est d’attirer de nouveaux investissements pour créer de l’emploi et de la richesse, tout en intégrant les ruptures technologiques, les ruptures dans les carrières linéaires. D’où la promesse du Gouvernement Macron d’investir dans le capital humain pour transformer le modèle économique dans les 15 à 20  prochaines années. «Il ne faut pas rater le rendez-vous avec le capital humain», insiste Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat auprès du ministre français de l’Economie et des Finances.

 

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