International

Foot: Fraude, corruption et blanchiment d’argent!

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5149 Le 16/11/2017 | Partager
Le procès de la Fifagate s’ouvre à New York
Trois responsables sud-américains accusés
Des peines allant jusqu’à 20 ans de prison

Cette affaire a fait couler beaucoup d’encre. Deux ans et demi après le scandale, la FIFA est en procès à New York. Une quarantaine de personnes ont été mises en cause par la justice américaine dans cette affaire qui a entraîné la chute de Sepp Blatter, président de la FIFA, la Fédération du football mondial. Vingt-quatre ont déjà plaidé coupable de prise de pots-de-vin, fraude, ou blanchiment d’argent.

Les trois hommes sur le banc des accusés plaident «non coupable». Ils sont tous des responsables sud-américains. Il s’agit de l’ex-président de la Fédération brésilienne, José Maria Marin (85 ans), Manuel Burga, qui dirigea la Fédération péruvienne de 2002 à 2014 et fut membre du comité de développement de la FIFA, (60 ans) et Juan Angel Napout, ex-président de la Fédération paraguayenne et de la Confédération sud-américaine Conmebol (59 ans). Jusqu’ici restés en liberté surveillée, les trois accusés sont sous le coup de chefs d’inculpation de corruption et fraude. Ils sont passibles, chacun, de peines allant jusqu’à 20 ans de prison.

Dans leur plaidoirie d’ouverture lundi 13 novembre, aucun des avocats des trois accusés n’a cherché à nier l’existence de corruption. Ils ont juste assuré que leurs clients n’y avaient pas participé, rapporte l’AFP. Ces mêmes avocats ont également cherché à décrédibiliser certains  témoins. Le procureur Keith Edelman a confirmé qu’il avait bien l’intention d’appeler à la barre certains responsables ayant plaidé coupable (des responsables de fédérations comme de sociétés de marketing sportif).

Il a aussi fait allusion à des enregistrements potentiellement compromettants réalisés à l’insu des accusés par certains de ces témoins. Ceci après qu’ils eurent plaidé coupable et accepté de collaborer avec les enquêteurs. Pour le procureur Edelman, les témoins et les documents produits lors du procès montreront l’ampleur «des mensonges, de la cupidité, et de la corruption qui animaient les trois accusés». Des différences que la défense compte bien exploiter.

Ainsi, l’avocate de Napout a assuré que «malgré les centaines de relevés bancaires épluchés par les enquêteurs», il n’y avait «aucune trace de liquide versé à son client». Et l’avocat de Burga a assuré que «l’accusation ne pourrait pas prouver qu’il avait accepté des pots-de-vin qu’il n’a jamais reçus…».

Fruit d’une enquête internationale parmi les plus complexes jamais réalisées, ce procès est censé durer environ six semaines. Il est présidé par la juge fédérale Pamela Chen, responsable de l’ensemble du dossier judiciaire FIFA aux Etats-Unis. Le Maroc avait présenté sa candidature en 2006 et 2010. Il est possible que d’anciens membres de son comité organisateur soient cités en tant que témoins.

                                                                 

Révélations-chocs

Le premier témoin dans le procès FIFA a brossé, mardi 14 novembre, un tableau accablant de la corruption au sein du football sud-américain. Des millions de dollars de pots-de-vin auraient été payés pour les droits télé des tournois du continent ou pour choisir des pays-hôtes de la Coupe du monde. Le témoin est nommé «Alejandro Burzaco».

Il dirigeait, depuis 2006 et jusqu’à son inculpation par la justice américaine en mai 2015, une société argentine directement impliquée dans de multiples contrats de droits télé en Amérique du Sud. Il a plaidé coupable en novembre 2015 et coopère avec la justice américaine en attendant sa condamnation.

Le témoin a juste été appelé par le procureur à identifier des photos de certains d’entre eux: «l’ex-président de la FIFA Sepp Blatter, son ex-bras droit Jérome Valcke, ou encore le président du PSG et patron de BeIN Media, Nasser Al-Khelaïfi». A noter que Valcke et Al-Khelaïfi sont dans le collimateur de la justice suisse pour des allégations de corruption autour de l’attribution de droits télé des Coupes du monde 2026 et 2030, «qu’ils démentent». Quant à Blatter, il est entendu comme témoin par la justice française qui enquête sur des soupçons de corruption dans l’attribution des Mondiaux 2018 et 2022.

 

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