International

Crise du Golfe: Les enjeux sont stratégiques

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5148 Le 15/11/2017 | Partager
Cela impliquerait une escalade dangereuse dans la région
Le Qatar a su minimiser l’effet des tensions jusqu’à présent
Le Maroc participe à la résolution
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Après sa visite aux Emirats arabes unis, le Roi Mohammed VI s’est rendu à Doha, à l’invitation de l’émir du Qatar, SA Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani. Ils ont abordé lors de leur entretien en tête-à-tête des sujets d’intérêt commun d’ordre régional et international. Les liens personnels du Souverain avec les dirigeants des pays du Golfe constituent un atout décisif, favorisant la réussite d’une médiation pour la résolution de cette crise (Ph. MAP)

La crise entre différents pays du Golfe perdure depuis plusieurs mois. Face à cette situation, le Maroc s’est proposé dès le début en conciliateur et a offert «ses bons offices» en vue de favoriser le dialogue. Le Roi Mohammed VI qui effectue un déplacement dans le Golfe qui l’a conduit aux Emirats arabes unis avant un déplacement officiel au Qatar, a toujours maintenu un contact étroit et permanent avec les différentes parties.

Le Royaume propose sa médiation sur la base de «la non-ingérence dans les affaires intérieures, la lutte contre l’extrémisme religieux, la clarté dans les positions et la loyauté dans les engagements». Rabat entretient des liens étroits et stratégiques avec les pays arabes du Golfe, et avait même un temps été invité en 2011 à rejoindre le Conseil de coopération (CCG).

A défaut d’adhésion, le Maroc avait signé à cette date un partenariat stratégique avec le CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) prévoyant le financement de projets de développement à hauteur de cinq milliards de dollars. Les pays du Golfe sont par ailleurs des soutiens inconditionnels de Rabat dans le dossier du Sahara.

Le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte et le Bahreïn (connus sous le nom de «quartet») ont annoncé qu’ils rompaient les relations diplomatiques avec le Qatar. Et ce, à cause de ses liens avec «l’Iran et d’accusations de soutien de l’extrémisme». Doha a rejeté ces accusations, affirmant que ses adversaires cherchaient à mettre sa politique étrangère «sous tutelle». La crise dure depuis sans perspective de solution malgré les différentes tentatives de médiation.

L’embargo a eu diverses conséquences, mais le Qatar a su minimiser l’effet de la crise jusqu’à présent, selon une analyse de Coface. Toutefois, la possibilité que la crise se prolonge au-delà de quelques mois est le plus grand danger pesant sur l’économie qatarie, prévient l’institution.

Dans un discours devant une assemblée consultative appelée Majlis al-Choura, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani a indiqué que «son gouvernement avait mis en place des plans d’urgence alors que la crise du Golfe pourrait durer». «Nous ne redoutons pas le boycott des pays du blocus et nous sommes mille fois mieux sans eux…», a indiqué l’émir du Qatar dont les propos sont cités par l’AFP. Tout en ajoutant que «la vigilance est de mise». Le jeune émir a précisé que son gouvernement travaillait sur «un certain nombre de projets pour la sécurité alimentaire et accordait une attention spéciale à l’eau».

En raison de la crise, de fortes incertitudes pèsent sur la tenue du sommet annuel du CCG en décembre au Koweït. Cheikh Tamim a par ailleurs annoncé que des élections (dont il n’a pas précisé la date) se tiendraient pour le Majlis al-Choura, dont les 45 membres sont actuellement désignés par l’émir, mais que de nouvelles règlementations devaient être adoptées au préalable.

Le Qatar (2,6 millions d’habitants) est le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié et dispose des troisièmes réserves de gaz après l’Iran et la Russie. L’émirat a été désigné par la Fifa organisateur de la Coupe du Monde de football 2022.

Liban: Des appels à la «non-ingérence»

L’UE ne veut «aucune interférence extérieure» au Liban. C’est ce qu’a affirmé sa cheffe de la diplomatie Federica Mogherini, sans toutefois désigner l’Iran ou l’Arabie saoudite d’où le Premier Ministre libanais Saad Hariri a annoncé sa démission. Mogherini a jugé à l’issue d’une réunion des Ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l’UE à Bruxelles qu’il est essentiel d’éviter «d’importer au Liban des conflits régionaux qui doivent rester en dehors du pays». De son côté, la France a salué une «certaine détente» après l’annonce par Saad Hariri qu’il rentrerait prochainement au Liban. Tout en avertissant qu’elle engagerait d’autres initiatives en lien avec l’Onu si la crise libanaise n’est pas rapidement débloquée. Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian se rendra ce jeudi à Riyad. A noter que les chefs de la diplomatie des pays arabes se réuniront  dimanche prochain au siège de la Ligue arabe au Caire. Cette réunion intervient sur fond de guerre de mots entre les deux grands rivaux au Moyen-Orient à savoir l’Arabie saoudite et l’Iran.

 

 

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