Régions

Un budget «limite, limite» pour Rabat

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5145 Le 10/11/2017 | Partager
Plafonné à 905 millions de DH, il servira à peine à honorer les dépenses obligatoires
La marge de manœuvre pour les investissements réduite à néant
Un prêt de 650 millions de DH sera contracté auprès du FEC

Moult péripéties pour finalement voter un budget bien en deçà des attentes. «Pour rester rationnels, nous allons nous limiter à un montant de 905 millions de DH», indique Mohamed Sadiki, président de la Commune de Rabat. Autrement dit, pour sa «caisse» 2018, la Mairie de Rabat disposera tout juste de quoi procéder au règlement des dépenses obligatoires, comme celles du personnel estimées à plus de 320 millions de DH.

Elle devra également s'acquitter des factures de la collecte des déchets et de l'éclairage public qui remontent respectivement à 260 millions de DH pour l'une et 30 millions de DH pour l'autre. Le reste sera dédié au remboursement des intérêts sur emprunt du Fonds d'équipement communal (FEC). Difficile, dans ce cas, d'espérer dégager des excédents pour financer d'autres projets.

Et pourtant, l'agenda est chargé quant aux investissements prévus, notamment dans le cadre du  programme de développement intégré de Rabat (2014-2018). Une petite lueur d'optimisme tout de même auprès d'un adjoint du maire, qui rappelle que sur la quote-part d’un montant de 710 millions de DH, «la Commune a pu pour le moment régler 190 millions de DH». Pragmatique, il envisage les seules pistes qui restent encore à la portée de la Commune pour pouvoir honorer ses engagements.

Trois options possibles, selon lui: vendre une partie des biens de la Commune, demander l’aide au Ministère de l’Intérieur ou demander un crédit au FEC. Elle a finalement choisi la voie rapide en optant pour la dernière formule. Lors de la session extraordinaire, la majorité des conseillers ont accordé le feu vert au maire pour contracter un prêt FEC d’un montant de 650 millions de DH.

Mais les responsables  de la Commune de Rabat restent conscients de la nécessité d’assainir leur budget et améliorer leurs recettes. «Après plusieurs années de déficit, nous espérons dégager un excédent pour l’exercice en cours estimé à un montant situé entre 50 et 100 millions de DH», souligne l’adjoint du maire. «Cela se concrétisera grâce à l'effort de mobilisation du wali auprès des différents services de l’administration pour le recouvrement des taxes communales», ajoute-t-il.

Cette mobilisation a touché notamment les taxes se rapportant à l’occupation du domaine communal et les débits de boissons. «Il est inconcevable que les recettes des débits boissons ne dépassent pas 16 millions de DH, et des bars qui déclarent un chiffre d’affaires mensuel d’environ 7.000 DH...», signale l’adjoint du maire.

Les reproches de l’opposition

Les élus du PAM se sont abstenus lors du vote du budget. La majorité n’a pas respecté le délai réglementaire pour la présentation, pour une deuxième lecture, ce projet, avance un élu du parti du tracteur. Ce qui donne, selon lui, la possibilité de faire recours à la justice. Il s’agit d’un budget sans feuille de route du fait que la Commune n’arrive pas encore à sortir son plan de développement qui devrait être prêt l’année dernière, ajoute pour sa part Omar El Hayani de la FGD. Il y a un potentiel fiscal à Rabat non encore exploité notamment pour la taxe sur habitation, les redevances d’occupation du domaine public et les panneaux publicitaires, regrette-t-il. El Hayani n’est pas favorable au prêt FEC du fait que la situation financière est fragile. En plus, ce prêt sera destiné à couvrir  la contribution de la Commune dans le programme d’aménagement de Rabat sur lequel elle n’a aucun pouvoir de décision ou de suivi, conclut-il.

 

 

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