Entreprises

Gestion des déchets: Les opérateurs montent au créneau

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5145 Le 10/11/2017 | Partager
Ils réclament des contrats équilibrés pour garantir la qualité des prestations
Et d’activer le paiement des retards dont le montant a dépassé 1,4 milliard de DH

Première sortie publique de l’Association marocaine de la collecte et du nettoiement (AMCN) regroupant les principaux acteurs historiques de la gestion déléguée de ce secteur. Lors de la rencontre, tenue jeudi à Rabat, les opérateurs se sont arrêtés sur les maux qui continuent de gangrener la profession, les mêmes écueils depuis le démarrage de la gestion déléguée au Maroc, et plus précisément à Hay El Hassani à Casablanca.

«Et pourtant, nous en sommes aujourd’hui à la troisième génération de contrats...», fait observer Said Abdelouafi, président de l’AMCN. Surtout que ce secteur, au départ atomisé, a connu une croissance rapide en peu de temps, l'expérience s'étant élargie rapidement à de nombreuses autres villes du Royaume.

L’historique de cette activité a été émaillé, à plusieurs reprises, par des crises touchant plusieurs villes, à commencer par les grandes agglomérations Casablanca et Rabat. «Certes, on peut reconnaître la défaillance de certains opérateurs, mais le problème de la gestion des déchets reste posé pour la majorité des villes du pays», constate un membre de l’association.

Les responsables de l’AMCN sont pour le renforcement du contrôle en vue de garantir des prestations de qualité. Mais cela nécessite la mobilisation des moyens financiers, humains et matériels. «Une fois que la société déroche le marché, ses dirigeants disparaissent et on n’arrive plus à les contacter pour régler les problèmes posés», reproche un président d’une commune.

De leur côté, les élus de Rabat profitent de chaque session du Conseil de la ville pour contester la qualité du service de la collecte des déchets. Et dont la facture a été doublée avec l’arrivée de nouveaux opérateurs, passant de 120 millions de DH auparavant à plus de 260 millions de DH actuellement.

En dépit de ces reproches, les responsables de l’AMCN restent convaincus que l’amélioration de ce service impose un travail de partenariat entre les opérateurs et les autorités y compris les communes sans oublier la sensibilisation du citoyen qui est le plus grand producteur de déchets.

En plus de ce travail de partenariat, l’AMCN réclame la révision du cadre juridique de  ce secteur en vue de garantir l’équilibre des contrats et aussi faire jouer la concurrence lors de la sélection des opérateurs. La rencontre a été également une occasion pour la direction de l’AMCN de tirer la sonnette d’alarme sur le retard des paiements par les communes avec actuellement près de 1,4 milliard de DH.

Marrakech en exemple

Le programme de cette journée a été marqué par la présentation de l’expérience de la ville de Marrakech considérée comme un exemple réussi en matière de gestion déléguée des déchets. Lors de la préparation de notre contrat 2015-2020, «nous avons opté pour trois lots en vue de faire jouer la concurrence entre les opérateurs», indique Abdelillah Rouhmani, responsable à la commune. Les trois opérateurs en place ont été obligés de s’engager dans le chantier de certification, précise-t-il. A cela s’ajoute un système de contrôle de proximité mobilisant 27 contrôleurs couvrant toutes les annexes administratives de la ville. Ils sont dotés, selon Rouhmani, des moyens et équipements nécessaires: voitures, portables, caméras… Le montant des pénalités a été également revu à la hausse par rapport à l’ancien contrat.

 

 

 

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