Régions

Bni Drar: La zone frontalière en surchauffe

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5144 Le 09/11/2017 | Partager
Une enquête ouverte pour déterminer les circonstances du décès d’un contrebandier
Les habitants exploitent cet évènement pour faire part de leurs revendications
Une réunion entre autorités, élus, ONG prévue ce vendredi

Pris entre deux feux, la nécessité de verrouiller les frontières et les attentes d’une population en quête de revenus stables, les responsables locaux à Bni Drar (zone frontalière de l'Oriental) ont du mal à trouver des solutions adaptées aux milliers de personnes qui ne vivaient que de la contrebande.

Une population qui avait fait du commerce informel son unique gagne pain, des jeunes qui quittent l’école prématurément pour emboîter le pas à leurs aînés, un voisin qui inonde la zone de comprimés psychotropes de différents types et encourage la prolifération des réseaux de trafic de drogues, etc. Des difficultés qui nécessitent un réel engagement de différents Ministères pour redynamiser l’économie locale et absorber les attentes en matière d’emplois.

Les actions entreprises pour mobiliser et créer des richesses via l’économie sociale et solidaire ont besoin de temps pour aboutir. Les plateformes pour booster l’économie locale exigent un savoir-faire spécifique, qui n'existe pas encore dans la région. Les zones industrielles ne disposent pas de grandes unités pour absorber des milliers de personnes comme cela est le cas dans d’autres régions.

Et c'est ce qui est à l'origine des vives tensions qui ont éclaté à Bni Drar depuis dimanche dernier. Plusieurs manifestants ont exploité l’enterrement d’un contrebandier, tué par un garde-frontière marocain, pour faire entendre leur voix. Ils ont ainsi endommagé le Caidat de Bni Khaled, saccagé des boutiques au centre ville et incendié voitures et motos à la fourrière communale et bloqué la circulation entre Oujda et Ahfir (route nationale n°2), des heures durant.

Une manifestation qui a failli dégénérer et qui a causé du tort à des centaines de voyageurs, contraints à des détours de plus de 40 km et mobilisé la gendarmerie royale pour parer à tout dérapage. La situation est revenue au calme mercredi suite au renforcement des services de l’ordre et à la réactivité des autorités locales, à leur tête Mouad Jamai, Wali de l’Oriental et Gouverneur de la préfecture Oujda-Angad, qui a apaisé les tensions et promis qu’une enquête soit ouverte pour définir les responsabilités.

De son côté le Président du Conseil régional de l’Oriental Abdenbi Bioui, a programmé une rencontre ce vendredi avec les élus, représentants d’ONG et associations locales pour lister les attentes et les faire monter à Rabat afin d'alerter le gouvernement sur la gravité de la situation au niveau des zones frontalières.

Des relents de «poisson»

L'histoire n'est pas sans rappeler celle du poissonnier d'Al Hoceïma. Tout a commencé lorsque le défunt, Omar Salhi (48 ans), un contrebandier bardé de sa marchandise, a bravé l'interdiction des gardes-frontières escaladant, sous leurs yeux et en dépit de leurs mises en garde répétées, le grillage séparant la frontière algéro-marocaine, à proximité du Douar Oulad Saleh. Un entêtement qui a poussé un élément des Forces armées royales à faire usage de son arme de service après moult sommations. Salhi a succombé à ses blessures avant d’arriver au CHU d’Oujda.

De notre correspondant, Ali KHARROUBI

 

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