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Fès-Meknès/Huile d’olive: Le Maroc sur les traces de l’expérience espagnole

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5144 Le 09/11/2017 | Partager
Quand innovation technologique rime avec développement durable
L’Agropole olivier s’allie avec l’université d’Andalousie
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Le jury de la 2e édition de l'atelier "Maestro des moulins" a démontré que l'utilisation des innovations technologiques booste la production d'une huile d'olive de qualité et respectueuse de l'environnement (Ph. YSA)

Alors que le prix de l’huile d’olive atteint des sommets (jusqu’à 70DH/le litre), les producteurs restent confiants et les consommateurs très sceptiques. Ces derniers veulent une huile de qualité à des prix raisonnables (moins de 50 DH/L). Pour y répondre, les opérateurs du secteur sont appelés à développer leurs outils de production.

Le but est d’améliorer la qualité, doper la quantité, et tirer profit des sous-produits. C’est en tout cas la principale recommandation de la 2e édition de l’atelier international «Maestro des moulins», organisée récemment par l’Agropole olivier de l’Ecole nationale d’Agriculture (ENA Meknès) en partenariat avec l’université internationale d’Andalousie (UNIA).

«Nous invitons les opérateurs du secteur oléicole à mettre le paquet sur les innovations technologiques. Notre ambition est de les pousser à produire une huile de qualité tout en respectant l’environnement», indique Noureddine Ouazzani, directeur de l’Agropole de Meknès et initiateur de la rencontre.

Unanimes, les participants ont noté que «l’amélioration de la qualité du produit et la valorisation de la biomasse ou les sous-produits de l’olivier (industriels et agricoles) constituent une condition sine qua non pour concevoir une stratégie de production oléicole compétitive et durable».

En effet, au cours des dernières années, de nouvelles technologies ont fait leur apparition en matière de trituration des olives dans le but d’accélérer le rythme de transformation, de maximiser le taux d’extraction de l’huile d’olive et surtout d’en améliorer la qualité. La filière oléicole marocaine s’est inscrite dans ce dynamisme international pour les innovations et les nouvelles technologies de la trituration des olives et la valorisation des sous-produits de l’olivier.

Ainsi, le secteur industriel marocain de l’huile d’olive a connu une modernisation importante à partir des dernières innovations technologiques en la matière afin de répondre aux exigences actuelles de production d’huile d’olive de qualité répondant aux normes internationales. «De telles technologies aident à produire une huile de qualité chimique, physique et organoleptique, en conformité avec les normes de qualité et de sécurité sanitaire en vigueur», estiment les experts.

Actuellement, l’un des défis du secteur de l'huile d’olive marocaine est non seulement la modernisation de l’outil de transformation, mais aussi la maîtrise du processus de fabrication de l'huile d'olive, à la fois du point de vue qualitatif et quantitatif, ainsi que la gestion durable des co-produits de l’olivier. Et c’est ce qui a été démontré au «Maestro des moulins».

Initié sous le thème «élaboration de l’huile d’olive de qualité et gestion des co-produits de l’olivier», le séminaire de Meknès vise à assurer une formation technique professionnelle aux opérateurs et personnel technique des unités de trituration. «Notre objectif est de les initier à la maîtrise du processus de fabrication de l'huile d'olive, à la fois du point de vue qualitatif que quantitatif, ainsi que la gestion durable des résidus et des co-produits de l’olivier», expliquent Luis Rallo et Lourdes Soria de l’UNIA.

Ces derniers ont exposé les bonnes pratiques de récolte, de trituration, de stockage, de filtration, de coupage des huiles, d’étiquetage, de conditionnement et de contrôle de qualité. Devant plus de 150 représentants de différentes sociétés industrielles oléicoles marocaines, des GIE et des coopératives oléicoles de diverses régions oléicoles marocaines, les hôtes de Meknès ont partagé leurs expériences et leur savoir-faire pour la maîtrise des nouvelles technologies et les innovations de trituration des olives et de valorisation des co-produits de l’olivier.

Il en ressort que les innovations technologiques oléicoles actuelles offrent le système de trituration à 2 phases qui n’est pas une contrainte pour les lois environnementales en vigueur au Maroc. «En revanche, le traitement des sous-produits de l’olivier issus de ce système devra, lui, faire l’objet d’une attention particulière puisque non concordant avec ces mêmes lois et connaît un important retard», explique Ouazzani.

«Les sous-produits de l’olivier pourraient constituer une ressource non négligeable pour la production d’énergie, particulièrement au niveau de la région Meknès-Fès qui génère une très grande quantité de sou s-produits de l’olivier durant la trituration (industriels et agricoles)», est-il souligné.

Transformer le grignon en gasoil

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Les sous-produits de l’olivier peuvent constituer une ressource grandement exploitable pour la production de l’énergie. En fait, 2 kg de noyaux représentent l’équivalent de l’énergie d’un litre de gasoil, soit presque 10 kW. «C’est un chiffre très encourageant pour valori¬ser le potentiel énergétique de cette biomasse», estiment les experts. Pour eux, la valorisation du grignon représente des avantages environnementaux et économiques indéniables pour la filière oléicole. C’est d’ailleurs l’une des motivations principales du projet «Olea Green-Food Meknès» présenté et labellisé à la COP22, comme solution de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et de production d’énergies «vertes», renouvelables et non polluantes.

                                                                        

Meknès s’allie avec l’Andalousie

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Le partenariat entre l’Agropole olivier de Meknès et l’Université internationale d’Andalousie a pour objectif la promotion d'échange scientifique, et le transfert de technologie et du savoi-faire lié à l'olivier et à la production d'huile d'olive. L’accord avalisé entre les deux institutions prévoit des échanges en matière d'environnement, de développement durable, de qualité, d'alimentation et les avantages pour la santé et la «culture» de l'huile d'olive. «Ces axes de coopération seront inévitables à l'avenir pour développer les avantages concurrentiels de ce produit et qui constituent la base des concepts de stratégies de marketing actuelles. D’autres projets sont en cours de développement entre les opérateurs de la filière oléicole des deux régions», conclut Noureddine Ouazzani.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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