Economie

Croissance: La Berd table sur 3,5% en 2018 pour le Maroc

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5144 Le 09/11/2017 | Partager
Tout dépendra… de la météo
Les pays voisins remontent la pente
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Le Maroc devrait connaître un ralentissement de la conjoncture en 2018 (3,5%). Malgré cela, la croissance de l'économie marocaine restera la deuxième la plus forte de la région après celle qui devrait être enregistrée en Egypte (4,5%)

La Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement (Berd) révise sa prévision pour le Maroc. De 4,2% en 2017, le taux de croissance devrait connaître un ralentissement en 2018, estimé à 3,5%. L’institution livre quelques explications. Le grand rebond de la production agricole a contribué à soutenir la croissance cette année. Le chômage est resté globalement inchangé à 9,3%.

Au terme des 7 premiers mois de l'année, la destination Maroc a réalisé une progression de 8% des arrivées aux postes-frontières. L’année prochaine, la croissance pourrait subir le contrecoup d'une campagne agricole moyenne, en l’absence des pluies (voir aussi notre édition N° 5141 du 03/11/2017).

En comparaison avec les autres pays voisins (cas de l’Egypte et de la Tunisie), le taux de croissance du Maroc reste assez bon en dépit du recul annoncé. En effet, la croissance de l'économie marocaine sera la deuxième la plus forte de la région l'année prochaine après celle qui devrait être enregistrée en Egypte (4,5% contre 4,1% en 2017).

Au Caire, la reprise est soutenue par la mise en œuvre des réformes, l'investissement étranger, la croissance des exportations et une compétitivité accrue soutenue par la dépréciation du taux de change. Dans une récente publication, le FMI s'est dit satisfait des réformes engagées par le pays des Pharaons, avant le déblocage dans les prochains mois d'une nouvelle tranche de son prêt de 12 milliards de dollars sur trois ans. Le pays avait entamé en 2016 un programme de réformes économiques en vue de l'obtention de ce prêt.

En novembre, le Caire a notamment décidé de laisser flotter sa devise et réduire les subventions d'Etat. Avec le flottement de la livre égyptienne, la monnaie nationale a perdu la moitié de sa valeur par rapport à l'euro et au dollar. Dans la foulée, le gouvernement a réduit les subventions étatiques, notamment sur l'énergie et les carburants ainsi que sur des biens de consommation jugés non prioritaires. Conséquence: le taux d’inflation annuel a atteint 33,2% en août 2017 par rapport à août 2016, selon les chiffres officiels égyptiens. Dans ce contexte, le pouvoir d'achat des Egyptiens a considérablement diminué.

Quant à la Tunisie, elle devra légèrement remonter la pente (voir tableau). La croissance devrait s'accélérer en 2018 pour s'établir à 2,7%, selon la Berd. Ceci dans un contexte de réformes législatives, financières, publiques et structurelles continues. Dans son appréciation, le FMI a jugé que la croissance s'améliore lentement, mais la forte consommation alimente l'inflation et augmente davantage les déficits budgétaire et externe, pourtant déjà élevés.

La flexibilité du taux de change, une politique monétaire plus restrictive et des hausses des prix du carburant ont déjà commencé à remédier aux déséquilibres. Tandis que le lancement récent de la lutte contre la corruption a permis de renforcer la confiance. Il est crucial de mettre le déficit budgétaire sur une trajectoire décroissante. Ce qui nécessite un ajustement supplémentaire, y compris sur la masse salariale publique, qui est parmi les plus élevées au monde.

La région Semed se porte bien

La croissance devrait s'élever à 3,8% en 2017 pour la région sud-est de la Méditerranée (Semed), puis à 4% en 2018. Elle est soutenue par la mise en œuvre des réformes, la poursuite du redressement dans le tourisme et les rebonds des exportations en Egypte et en Jordanie, d’après les pronostics de la Berd.

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