International

Ce que pèse l’internationalisation des banques

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5143 Le 08/11/2017 | Partager
Les pays en développement doivent maîtriser les coûts
La Banque mondiale revient sur l’impact des restrictions

Si les relations avec des banques internationales peuvent avoir des effets positifs sur le plan du développement, elles ne sont pas une panacée en soi et comportent des risques. Pour les dirigeants des pays en développement, l’enjeu est d’optimiser les avantages des activités bancaires transfrontalières tout en minimisant leurs coûts, souligne la nouvelle publication de la Banque mondiale intitulée «Global Financial Development Report 2017/2018: Bankers without Borders».

D’après ses auteurs, la crise de 2007-2009 et la récession économique qui s’en est suivie ont suscité une vaste réévaluation des avantages et des coûts des activités bancaires internationales. Les restrictions qui en ont découlé ont porté un coup d’arrêt au processus de mondialisation des services financiers et à l’essor des prêts extraterritoriaux qui avaient marqué la décennie précédente.

«L’ouverture aux banques internationales n’est pas une garantie de stabilité ou de développement financiers», explique Asli Demirguc-Kunt, Directrice de la Recherche à la Banque mondiale. Mais de «nombreux travaux de recherche montrent qu’avec les bonnes politiques et les bonnes institutions en place, cette ouverture peut conduire à une plus grande compétitivité, contribuer à amortir les chocs économiques au niveau local et accroître l’accès à des capitaux indispensables pour stimuler la croissance». Le risque se présente en particulier pour les pays qui n’ont pas de réglementations et d’institutions solides.

Pour l’équipe de la Banque mondiale, les pays en développement peuvent optimiser les avantages que procure un système bancaire renforcé et, en même temps, se protéger contre les risques en améliorant le partage de l’information par le biais des centrales de risque. Ceci en veillant à une application stricte des droits de propriété et des régimes des contrats, et en garantissant une supervision rigoureuse des banques.

A la suite de la crise, les banques des pays en développement ont rempli le vide laissé par les banques des pays riches en étendant leurs opérations à l’étranger. Ces banques représentent 60% des nouveaux établissements bancaires depuis la récession. Une tendance qui a conduit à une hausse des relations bancaires entre pays en développement et à une régionalisation des opérations bancaires internationales.

Le volume total des actifs des plus grandes banques du monde a néanmoins augmenté de 40%. Ce qui indique que les efforts de régulation déployés depuis la crise ne sont pas parvenus à régler le problème du too big to fail, à savoir les banques «trop importantes pour faire faillite».

Face à la montée des incertitudes autour des avantages de l’ouverture, de nombreux pays se sont alarmés de l’expansion récente des grands établissements internationaux et ont restreint l’activité des banques étrangères. Ces restrictions, qui concernent près de 30% des pays en développement, privent nombre d’économies de l’accès au crédit mondial, au détriment des entreprises et des ménages.

Les bienfaits ne peuvent être ignorés

«Les pays en développement ont subi les dommages collatéraux de la crise financière mondiale. Pour autant, les bienfaits de l’ouverture aux banques étrangères sont bien trop importants pour qu’on puisse les ignorer», nuance pour sa part Shanta Devarajan, Directeur principal de la Banque mondiale pour l’Économie du développement. Car nous ne pourrons pas atteindre les niveaux de croissance économique nécessaires pour mettre fin à la pauvreté sans un secteur financier compétitif et stable. Cet avis a été partagé par l’IRES dans son étude «L’implantation des banques marocaines en Afrique». Les opérations de fusion et d’acquisition ont renforcé la volonté des banques marocaines à s’internationaliser dès lors que le terrain sur lequel joue la concurrence devient étroit.
La percée des banques marocaine en Afrique est également impulsée par les politiques de privatisation et les mesures de déréglementation et de restructuration du secteur bancaire devenu désormais suffisamment rentable pour attirer les banques marocaines.

 

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