Entreprises

L’usine Maghreb Industries squattée par un pseudo-syndicat

Par Amin RBOUB | Edition N°:5143 Le 08/11/2017 | Partager
Un groupe de 25 salariés interdit l’accès à l’entreprise depuis plus d’un mois
A l’origine, un transfert du site de production vers Sapino à Nouaceur
Ses chewing-gum s’exportent aux USA, Allemagne, France, Belgique, Turquie...
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Une vingtaine d’employés de Maghreb Industries  interdisent tout chargement ou déchargement dans l’usine. Du coup, aucun camion ne peut entrer ni sortir. Les chargements se font sur le trottoir. A deux reprises, les squatteurs ont empêché l’accès au travail à l’ensemble du personnel, y compris l’administration (Ph. MI)

Un fleuron de l’industrie marocaine des confiseries est en situation de blocage depuis plus de 1 mois. Maghreb Industries, entreprise spécialisée dans la production de chewing-gum (notamment Flash Windermint et Rocket), bonbons, confiserie et emballage, est depuis plusieurs semaines victime d’un sit-in devant son site de production d’Aïn Sebaâ.

Au total, 25 personnes sont quotidiennement devant les portes de l’usine et bloquent l’accès aux ouvriers et aux camions. Et c’est un syndicat minoritaire méconnu, une sorte de syndicat de quartier appelé SPS et qui n’existe qu’à Aïn Sebaâ, qui est à l’origine de cette situation.

La tension est montée depuis que le management de Maghreb Industries a décidé de délocaliser son activité dans un nouveau site basé dans la zone industrielle de Sapino à Nouaceur. Un investissement global de 200 millions de DH réparti entre deux usines de 14.000 m2 chacune. Un programme industriel financé par la BERD.

6.000 tonnes dont 3.000 à l’export

La Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement a, rappelons-le, accordé un prêt de 4,6 millions d’euros à Maghreb Industries SA pour une nouvelle usine à énergie solaire.  Une première usine flambant neuve est aujourd’hui partiellement opérationnelle à Sapino. Quant à la seconde, elle est en phase de construction.

Maghreb Industries a une capacité de production de 6.000 tonnes par an dont 3.000 tonnes sont orientées à l’export. Le producteur exporte des chewing-gum vers les Etats-Unis, l’Allemagne, la Belgique, la France, la Suisse... Récemment, il a démarré l’export vers la Turquie. «Avec les deux nouvelles unités, nous espérons monter en régime et produire 10.000 tonnes par an», confie Hakim Marrakchi, PDG.  En tout et pour tout, l’entreprise compte 560 salariés, dont 400 emplois directs. Le reste est réparti entre intérimaires et emplois indirects. Le chiffre d’affaires de 2016 était de 220 millions de DH.

Aujourd’hui, le sit-in permanent perturbe non seulement la production de l’entreprise, mais il compromet déjà les objectifs en termes de chiffre d’affaires, les objectifs de développement et les plannings à l’export. Sachant que l’entreprise a des engagements envers des bailleurs de fonds dont la BERD.  «25 employés ont bloqué les accès de l’usine aux salariés et aux camions. Ils nous ont interdit de sortir des équipements qui n’ont aucun lien avec leur activité.

Pour l’heure, nous avons démonté des machines que nous ne pouvons sortir et monter dans la nouvelle usine. Ce qui se traduit déjà par un manque à gagner», témoigne Hakim Marrakchi. Selon le management, l’usine de Maghreb Industries a déjà un accord avec un syndicat majoritaire affilié à l’UMT.

De plus, l’entreprise assure le transport et la restauration sur place à ses employés. Mais malgré cela, les affiliés au petit syndicat SPS refusent de lever le camp. Face à cette situation, l’entreprise a obtenu un jugement en référé en sa faveur près la Cour d’appel de Casablanca. Un jugement qui donne droit au recours aux forces de l’ordre pour évacuer le site.

Mais curieusement, le gouverneur d’Aïn Sebaâ et la police, qui ont été saisis par le management, n’ont pas encore donné leurs instructions pour une évacuation manu militari. «Les autorités refusent d’appliquer le droit», regrette le PDG. Selon ce dernier, les squatteurs veulent mettre la pression pour arracher un licenciement et des indemnisations conséquentes.

Pour rappel, Maghreb Industries est financée par la BERD qui opère un audit social permanent au sein des unités de l’entreprise. L’industriel est également titulaire du prix de l’innovation de la BERD dans le domaine social et environnemental. Le fabricant de confiserie est aussi labellisé RSE par la CGEM et ses donneurs d’ordre  internationaux  lui ont décerné le label BSCI.

Le site flambant neuf de Nouaceur devrait permettre à Maghreb Industries de décrocher la certification ISO 50001. Il s’agit d’un site industriel autonome en énergie à plus de 40% avec une réduction de plus de 2.000 tonnes par an des émissions de gaz à effet de serre.

 

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