Economie

Région Mena et Asie centrale: La croissance reste modérée

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5142 Le 07/11/2017 | Partager
En cause, la baisse du cours du pétrole, problèmes structurels…
Une croissance de 6 à 6,5% du PIB pour réduire le chômage

La reprise mondiale ne s'est pas totalement reflétée sur les économies de la région Mena et Asie centrale classée dans la rubrique Moanap par le FMI. Les niveaux de croissance sont restés relativement faibles en raison notamment des bas niveaux du cours du pétrole, des problèmes structurels et des impacts géostratégiques. 

Jihad Azour (1), Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, a expliqué l'écart des prévisions de croissance entre les pays importateurs et exportateurs de pétrole de la région. La croissance globale des premiers devrait atteindre 4,3% cette année, soit un niveau nettement supérieur aux 3,6% enregistrés en 2016.

Cette accélération serait généralisée et serait alimentée par la hausse de la demande intérieure et les exportations. Au Maroc, la valeur ajoutée agricole s'est améliorée et un léger rebond est enregistré au niveau du non-agricole. La croissance économique devrait s’établir à 4,8%.

Pour l'année prochaine, les prévisions restent optimistes pour ces pays: 4,4% et une moyenne de 5,3% sur la période 2019-2022 est également attendue. Sauf que ces taux ne sont pas suffisants pour créer assez d'emplois et absorber les entrées sur le marché du travail. «Il faut des taux de 6 à 6,5% pour que l'on arrive  a attaquer graduellement le chômage», estime Azour. 

Dans les pays importateurs de pétrole, le déficit budgétaire moyen devrait légèrement diminuer: de 6,8% du PIB en 2016 à 6,6% en 2017 et 5,8% en 2018. Ce qui devrait aider à combler le déficit courant, atténuer  les pressions sur le taux de change et reconstituer les marges de manœuvre. L’amélioration de la situation reflète d’autres mesures, prévues ou en cours d’application, visant à maîtriser les dépenses courantes non prioritaires comme c'est le cas pour le Maroc et la Tunisie. Dans le cas du Maroc en particulier, le déficit budgétaire serait de 3,5% en 2017  et de 3% l'année prochaine.

Mais les vulnérabilités subsistent en raison de la faible mobilisation des recettes et du niveau élevé des dépenses courantes, soit les subventions et les salaires. Lesquels ont poussé la dette publique au-delà de 50% du PIB. Mais selon le FMI, l'endettement devrait amorcer une décrue d'ici 2022 dans la plupart de ces pays.

Le FMI, qui mène actuellement des consultations au Maroc, estime que la croissance dans les pays exportateurs devrait atteindre son niveau le plus bas, 1,7 % en 2017. Deux raisons à cela: la baisse de la production de pétrole dans le cadre de l’accord de l’OPEP et l'ajustement budgétaire. L'urgence pour ces pays est de cesser de redistribuer les recettes pétrolières via la dépense publique et les subventions énergétiques.

Des stratégies de diversification ont été définies et devraient être mises en place. Ces pays devraient aussi poursuivre les plans de réduction du déficit budgétaire afin de préserver la viabilité des finances publiques, voire aussi soutenir le régime de change. Les pays exportateurs de pétrole ont vu leurs déficits budgétaires se creuser de 1,1% du PIB en 2014 à 10,6% en 2016. Un chiffre qui devrait néanmoins descendre à 5,2% du PIB cette année suite au  léger redressement des cours et des mesures engagées pour réduire les déficits.

«Le Maroc prêt pour la flexibilité»

Le report de l’élargissement de la bande de cotation du dirham  a suscité beaucoup d’interrogations. Selon le FMI, le cadre macro-économique et les réformes entreprises ont renforcé la stabilité financière du Maroc. Compte-tenu des progrès réalisés, ainsi que des préparatifs auxquels le FMI a apporté un soutien technique, le Maroc est «prêt pour mener cette réforme».  Jihad Azour, Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, précise néanmoins que c'est une question qui relève de «la souveraineté» du pays.

------------------------------------------------------------------------

(1) Lors d'une conférence de presse organisée la semaine dernière à Rabat

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc