Société

Ce psoriasis qui nous rattrape

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5141 Le 03/11/2017 | Partager
Plus de 750.000 Marocains concernés
Mais très peu se font soigner
Physiques, psychologiques et sociales, les répercussions sur la vie sont lourdes

En plus de la gêne physique, c’est toute la vie sociale qui est bouleversée. Le psoriasis est une maladie chronique, qui touche, au Maroc, plus de 750.000 personnes. Plus largement, 2 à 4,6% de la population mondiale est concernée, selon le dernier rapport de l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé. Rien d’anodin donc. Si personne ne semble épargnée, elle est généralement observée chez l’adulte jeune.

Le psoriasis, qui se manifeste sous forme de plaques rouges squameuses au niveau de parties visibles sur le corps, cause une gêne chronique qui influe de manière conséquente sur la psychologie générale, entraînant une sorte de dépression. Le regard de l’autre est souvent sévère et influe sur le comportement social des personnes atteintes. A ce sujet, une étude, réalisée par le groupe éditorial Elsevier, montre que 1 patient sur 2 voit sa vie quotidienne bouleversée et une distorsion dans ses relations sociales.

Les activités professionnelles sont également impactées pour 4 personnes sur 10 avec notamment un absentéisme répété. Sur le plan national, l’étude EPIMAG a révélé que de nombreux patients ne se soignent pas, ou ont recours à l’automédication. Résultat, la maladie n’est diagnostiquée que dans 10% des cas répertoriés.

Selon le Professeur Fatima-Zahra Mernissi, présidente de la Société marocaine de dermatologie, «le psoriasis a des répercussions physiques, psychologiques et sociales importantes. Une personne atteinte et non traitée aura ainsi tendance à se cacher et à se replier sur elle-même. Au-delà des symptômes de la maladie et de la gêne physique qu’elle occasionne, c’est donc la confiance en soi qui est altérée avec des conséquences potentiellement importantes sur la vie des patients».

Alors la Journée mondiale du psoriasis, le 29 octobre dernier, a été l’occasion d’en parler et de présenter les traitements efficients contre la maladie. Une visite chez le dermatologue permet la prescription d’un traitement adapté à chaque patient. Il y a ceux à base d’analogue à la vitamine D3 (qui réduit la prolifération et la différenciation cellulaire) et d’un corticoïde (qui réduit l’inflammation), tous étant disponibles sur le territoire. Par ailleurs, en raison des répercussions importantes sur la santé publique, la maladie bénéficie aujourd’hui au Maroc de la couverture médicale en ce qui concerne la prise en charge de ces médicaments.

 

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