Société

Prisons: Le surpeuplement persiste

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5140 Le 02/11/2017 | Partager
Tamek fait le point
L'urgence des peines alternatives pour atténuer la pression
L’interdiction des paniers alimentaires libère le personnel chargé de l’inspection
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Mohamed Salah Tamek, délégué général de l’Administration pénitentiaire, a déploré que des voix s’élèvent pour critiquer l’amélioration des conditions de vie dans les prisons, considérant que celles-ci ne font plus peur (Ph. Jarfi)

Les rapports du CNDH ont régulièrement mis le doigt sur les maux du système carcéral au Maroc. Plusieurs recommandations ont été émises par cette instance pour améliorer la prise en charge des détenus et humaniser la vie dans les prisons. Mohamed Salah Tamek, délégué général de l’Administration pénitentiaire, a fait le point sur la mise en œuvre de ces pistes de réforme.

Lors d’une rencontre avec les responsables du CNDH, il a avancé que les 45 recommandations ont été réalisées en fonction de leur priorité et de la disponibilité des moyens. Sur l’ensemble des actions menées, c’est la fin du panier alimentaire destiné aux prisonniers qui a été le plus mis en avant.

Tamek a insisté sur l’amélioration de la qualité du service de restauration au profit des détenus, notamment à travers l’implication du privé. Cette mesure permettra, selon le délégué général, de libérer le personnel de l’administration, qui s’occupait jusque-là de l’inspection des paniers. Ces derniers étaient souvent le moyen pour introduire des produits illicites aux prisonniers.

Par ailleurs, c’est le surpeuplement dans les prisons qui continue de représenter un véritable défi. Entre 2012 et septembre 2017, le nombre des détenus est passé de 68.000 à 82.400 personnes. Certes, des efforts ont été menés pour augmenter la capacité d’accueil dans les prisons. Mais cela reste encore loin de résoudre cette problématique. Dans les détails, Tamek a expliqué que l’espace réservé à chaque prisonnier est passé de 1,68 m² à 1,83 m².

Parallèlement, le nombre de lits par cellule a été fixé à 8. Il a promis que ces indicateurs devront s’améliorer avec l’ouverture prochaine de 7 nouveaux établissements carcéraux, dont 2 avant la fin de cette année. Durant les 5 dernières années, 16 nouvelles prisons ont été réalisées. En face, la délégation générale de l’Administration pénitentiaire a fermé 11 autres établissements, qui étaient dans un état de délabrement avancé.

Il s’agit de prisons qui étaient souvent critiquées par les ONG, dont celle de Boulmharez à Marrakech, celle d’Inzegane ou encore celle de Aïn Kadouss à Fès. Un autre centre pénitentiaire devra fermer ses portes avant la fin de l’année, à savoir celui de Salé 1.

Au-delà de ces mesures, la persistance du surpeuplement reste essentiellement liée au nombre élevé des détenus provisoires. «Ils représentent 39% de la population carcérale», a rappelé Tamek. Le CNDH avait plaidé pour l’introduction de peines alternatives afin d’atténuer la pression sur les prisons. Le projet de Code pénal, qui prévoit certaines de ces mesures, est encore en examen au Parlement.

 

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