Entreprises

La DGI se recentre sur le contrôle et le recouvrement forcé

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5140 Le 02/11/2017 | Partager
L’encaissement et le front office de plus en plus digitalisés
Redistribution des RH, abandon du support, externalisation, émergence de nouveaux métiers
Le DRH du Fisc: «Nous ne pouvons pas recruter indéfiniment»
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Le directeur général des Impôts, Omar Faraj, n’a pas pu se libérer pour la conférence, étant retenu en commission par un examen des dispositions de la loi de finances (Ph. Bziouat)

Les effets de la digitalisation commencent à impacter l’organisation de l’administration fiscale. Invité par le Groupement Maroc de l’Association fiscale internationale (IFA Maroc) (1), le DRH du Fisc, Abou Bakr El Himer, a présenté «La gestion prévisionnelle des ressources humaines à la DGI».

Après le déploiement de la télédéclaration et le paiement en ligne de l’impôt, le contexte et les exigences des compétences ne sont plus les mêmes pour la DGI. «Il y a des incertitudes, l’environnement bouge et évolue très rapidement, ce qui fait que les enjeux liés à la gestion des ressources humaines évoluent également», indique-t-il.

Dans cet exercice d’anticipation et d’adaptation à son métier, la DGI se fixe cinq objectifs: Dégager les ressources (au sens large) pour accompagner les politiques de développement, améliorer les ressources fiscales et la qualité des prestations, restaurer la confiance du contribuable, numériser et renforcer l’administration en matière de contrôle et développer l’analyse et l’ingénierie nécessaire pour la mise ne place d’une politique fiscale.

La DGI a augmenté son effectif de 6% les dernières années. Ces recrutements ont renforcé les services extérieurs (+8%) et opérationnels, et les activités métier (dont l’effectif a progressé de plus de 11%). La DGI ne recrute plus au niveau des fonctions de support. Cela explique la tendance baissière affichée par ces services, «que nous comptons ramener à des taux encore plus faibles», précise le DRH.

La priorité est donnée aux cadres supérieurs puisque leur effectif s’est accru de 7% sur la période 2012-2017. Il y a également l’émergence de nouveaux métiers importants (analyse fiscale, analyse des données…) et de la digitalisation. Toutes ces adaptations se font sous la contrainte du contexte budgétaire tendu. «Nos besoins sont bien supérieurs à nos ressources», relève le DRH du Fisc, qui doit en plus composer avec les départs de ses experts métier à la retraite.

9 DH sur 10 encaissés passent désormais par la télédéclaration. Cela implique une diminution de la charge du travail et un sureffectif opérationnel qui doit donc être redéployé. L’administration des Impôts compte se recentrer sur son cœur de métier, sur le recouvrement forcé, et le conseil pour accompagner les entreprises. L’analyse des données va également être mise en avant ainsi que d’autres types de compétences.

La DGI compte renforcer les équipes de contrôleurs sur pièce et de vérificateurs. Elle ambitionne de diminuer ses effectifs de 7% d’ici 2022 et de porter le recouvrement forcé à 54%. La Direction des Impôts a relevé un potentiel inexploité dans ses ressources humaines. 41% des effectifs font de l’assiette, des tâches de front office, «saisie, classement, archivage et autres… pas de grande valeur ajoutée». Ceux-ci sont également à 76% des diplômés du supérieur.

Ce sont là des niches qu’il faut exploiter, selon Abou Bakr El Himer. Le contrôle ne représente que 7% du personnel, ce qui est très peu par rapport aux besoins. Conséquence logique, une faible rotation des dossiers contrôlés. «On essaie donc de renforcer cette population». 13% de l’effectif global exercent au niveau du recouvrement. Ils sont toutefois affectés au recouvrement spontané.

La vision stratégique de la DGI s’appuie sur trois piliers. En premier, le recentrage sur les activités du cœur de métier et l’externalisation de tout ce qui peut être fait par d’autres. La DGI compte atteindre cet objectif en exploitant le réseau des autres organismes publics ou privés (comme les banques). Elle compte également exploiter les opportunités offertes par les systèmes d’information et de digitalisation.

1/3 des effectifs des Finances

La Direction générale des Impôts comporte actuellement cinq directions. «Une de métier, deux de support, une administration centrale qui s’occupe de la stratégie, de la planification, des études, de la veille ainsi que du contrôle, et un réseau de directions régionales, provinciales et préfectorales chargées d’opérationnaliser la politique fiscale de l’administration et déployer la stratégie». «La DGI, c’est plus de 5.000 personnes, soit 1/3 de l’effectif du Ministère de l’Economie et des Finances.
Une moyenne d’âge de 41 ans, ce qui montre également l’effort de recrutement lors des dernières années. 90% des effectifs sont déployés dans les services extérieurs (des effectifs qui sont sur l’opérationnel)». El Himer a également constaté une concentration des effectifs sur l’axe Rabat-Casa-Kénitra. C’est en effet sur cette région que le Fisc dégage plus que la moitié de ses recettes. Le personnel de la DGI est composé à 63% de cadres supérieurs (licence, master, doctorat). 80% exercent au niveau du métier de la direction, 16% exercent au niveau du support, 4% font partie du management.

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(1) L’événement a été organisé par l’IFA à l’occasion de sa 10e Assemblée générale, mardi 31 octobre, au Centre international des Conférences à Skhirat.

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