Economie

Crédit: Les opérateurs privés restent attentistes

Par Franck FAGNON | Edition N°:5139 Le 01/11/2017 | Partager
L’encours progresse seulement de 1,3% sur un an
La multiplication des projets dans l’industrie peu visible dans la production de crédit
Les impayés des entreprises reculent
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La croissance du crédit est tirée par le secteur public. Les opérateurs privés restent attentistes. Malgré de nouvelles incitations fiscales pour stimuler l’investissement privé, elles seront inefficaces sans des évolutions au niveau du climat des affaires

L’encours des crédits bancaires a culminé à 830 milliards de DH à fin septembre 2017, soit 83% du PIB. Il a augmenté de 4,5% sur un an et de 1,5% depuis début 2017. La dynamique est différente selon les secteurs. Si l’on considère que la confiance dans le futur est l’élément déterminant d’investir, les patrons semblent encore avoir le moral dans les chaussettes.

Depuis le début de l’année, les crédits aux entreprises non financières privées marquent une légère hausse de 1,7%. Le toilettage du bilan mené par quelques grands groupes a un impact sur le comportement de l’encours. Dans le même temps, les demandes de financement pour de nouveaux projets sont rares ou passent par des sources alternatives. L’encours des prêts aux industries manufacturières progresse seulement de 0,9% sur 9 mois, mais s’inscrit en recul de 0,7% sur un an.

Ceci contraste avec la succession d’annonces des projets d’investissement dans le secteur. Les industriels qualifient le climat des affaires de «normal» au troisième trimestre dans l’enquête conjoncturelle de Bank Al-Maghrib. Leurs investissements ont stagné sur la période et, surtout, ils ont été essentiellement financés en fonds propres (72%). La morosité dans le BTP se voit au niveau des crédits accordés au secteur.

Comme jadis le textile, ce secteur ne serait plus le bienvenu au guichet des banques. L’encours enregistre une timide hausse de 0,3%. Les cimentiers traversent une année difficile. Les ventes évoluent en dents de scie depuis le début de l’année. Dans l’immobilier, la baisse de la demande des biens résidentiels contribue à un décalage ou un report des investissements. La conjoncture demeurerait difficile dans la construction sur les derniers mois de l’année. Le HCP anticipe une baisse de la valeur ajoutée du secteur en 2017.

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Les avis des banques et des agences de notation divergent sur l’évaluation des créances en souffrance. Le débat reste ouvert. Elles représentent 7,6% de l’encours des prêts à fin septembre. La qualité du portefeuille se dégrade sur la clientèle des ménages

Avec les nouvelles incitations fiscales prévues dans le projet de loi de finances 2018, notamment l’IS progressif qui permettra quelques économies aux entreprises, le gouvernement espère relancer l’investissement privé en améliorant la capacité d’autofinancement des entreprises. Mais ces mesures seront inopérantes sans certaines améliorations au niveau du climat des affaires. Dans le secteur public, le recours au crédit bancaire s’est accéléré après la formation du gouvernement.

Le dénouement a permis de relancer plusieurs projets d’investissements. La dette bancaire des entreprises non financières publiques a augmenté de 11 milliards de DH sur un an et de 5 milliards de DH en 9 mois. L’emprunt de 3 milliards de DH de l’ONCF auprès d’un consortium de banques pèse dans le total.

Principal moteur de la croissance des crédits ces dernières années, la demande des ménages se maintient. Les prêts aux particuliers et MRE ont progressé de 4,1% sur 9 mois et 3,8% sur un an à 273 milliards de DH. Cependant, le risque monte d’un cran. Les créances en souffrance sur les ménages grimpent de 12% depuis le début de l’année à 25 milliards de DH. En revanche, la situation s’améliore au niveau des entreprises. Les impayés ont reculé de 2% depuis le début de l’année et 2,7% sur un an. Les créances en souffrance sur les entreprises s’élèvent à 37 milliards de DH, en repli d’un milliard sur douze mois.

 

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