Economie

Climat des affaires: Ce que propose le FMI pour la région Mena

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5139 Le 01/11/2017 | Partager
Des dispositifs visant à renforcer la concurrence et la transparence
Développement des PME et amélioration de l’accès au crédit
Le Maroc bénéficiera des investissements publics
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Au Maroc, des conditions météorologiques favorables à l’agriculture, un rebond des services et de l’industrie manufacturière, l’expansion des capacités minières et la montée des cours des phosphates contribueront à porter la croissance à 4,8% en 2017. Mais les projections du FMI prévoient une baisse pour 2018 (3%). En attendant, d’autres pays de la région Mena (Egypte, Tunisie) remontent la pente

Les dirigeants prennent des mesures pour améliorer le climat des affaires afin d’encourager l’investissement privé et la création d’emplois. Ces réformes propices à la croissance sont devenues plus urgentes étant donné l’assainissement budgétaire qui s’impose dans plusieurs pays de la région Mena, selon l’équipe du FMI.

Une gouvernance et une transparence améliorées, une responsabilisation renforcée et une administration plus efficiente rendraient le secteur privé plus confiant. Certains pays ont réussi à lever progressivement les obstacles pour faciliter leur business.

Pour le cas du Maroc, il s’est révélé très bon élève en matière de création d’entreprises (voir graphique et l’évolution sur ce critère en pages précédante). Le Royaume fait partie des pays où l’augmentation attendue des investissements publics, facilitée notamment par la baisse ininterrompue des dépenses courantes, contribuera au raffermissement prévu de la croissance à moyen terme.

Pour renforcer les dispositifs de protection sociale et soutenir les réformes structurelles, le gouvernement marocain est cité parmi les pays qui prévoient et améliorent le ciblage de l’aide sociale, tout en rognant sur les dépenses courantes non prioritaires. Toutefois, même si les ratios élevés de créances improductives continuent de baisser dans plusieurs pays, ils tendent à augmenter au Maroc.

Depuis le début de 2017, les taux de croissance du crédit au secteur privé y sont également en hausse. A travers un benchmark de plusieurs pays, le FMI présente différentes évaluations faites du climat des affaires. L’Egypte a promulgué des lois sur l’industrie et l’investissement qui ont simplifié l’enregistrement et l’activité des entreprises.

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Dans l’édition précédente du Doing Business, le Maroc s’est révélé très bon élève concernant la création d’entreprises ou encore l’obtention d’un permis de construire. Il a réalisé un saut important en matière de paiement des impôts et taxes et le raccordement à l’électricité. Il doit encore travailler sur plusieurs indicateurs comme le règlement de l’insolvabilité et l’exécution des contrats. La réglementation des affaires s’est améliorée aussi en Egypte et en Tunisie

En Arabie saoudite, moultes réformes ont été mises en œuvre notamment pour développer les marchés de capitaux, accélérer le dédouanement, mettre à jour la loi sur la concurrence et mettre en place une loi sur les crédits hypothécaires commerciaux. Parmi les autres mesures presque achevées figurent des lois sur l’insolvabilité et la concurrence.

Dans d’autres pays, les avancées incluent l’établissement de guichets uniques pour l’enregistrement et l’agrément des entreprises (Koweït, Oman, Qatar), l’accélération des procédures douanières (Bahreïn, Oman) ou encore la protection des investisseurs minoritaires (Arabie saoudite, Emirats arabes unis).

D’autres initiatives favorisent le développement des petites et moyennes entreprises (Algérie, Oman) et l’amélioration de l’accès au crédit (Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman). Malgré ces efforts, des progrès sont à faire. Dans la plupart des pays importateurs de pétrole de la région, les infrastructures insuffisantes et médiocres (en particulier dans les domaines de l’énergie et des transports) restent un obstacle à la croissance tirée par le secteur privé. Pour faciliter le business, il faut renforcer la transparence et la responsabilisation des institutions publiques, tout en améliorant l’accès au crédit.

Une croissance modérée

Les indicateurs du climat des affaires sont très corrélés à l’évolution de la conjoncture. Les perspectives économiques de la région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan (MOANAP) publiées hier par le FMI sont plutôt optimistes. La croissance restera modérée en raison des conflits régionaux et de la poursuite de l’ajustement au bas niveau des prix du pétrole (entre 50 et 60 dollars le baril). De 2,6% en 2017, le taux devrait progresser à 3,5% en 2018. La région devrait profiter de l’occasion offerte par l’affermissement de la reprise mondiale (3,6% en 2017 et 3,7% en 2018) pour mettre en œuvre des réformes riches en emplois. Le défi est d’absorber les 26 millions de jeunes qui devraient arriver sur le marché du travail d’ici 2022.

 

 

 

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