Competences & rh

L’université Cadi Ayyad se lance de nouveaux défis

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5138 Le 31/10/2017 | Partager
Les modules de langue, culture et soft skills généralisés à tous les étudiants
Objectif: Préparer les futurs lauréats au monde du travail
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Les nouveaux modules de soft skills introduits par Cadi Ayyad devront permettre aux étudiants d’améliorer leur intelligence émotionnelle, leur sens d’organisation et leurs techniques de négociation, notamment lors des entretiens d’embauche

Innovation C’est le nouveau mot d’ordre affiché par l’université Cadi Ayyad (UCA) de Marrakech/Safi pour la rentrée universitaire 2017-2018. Innovation d’abord dans le contenu de l’enseignement avec l’introduction des langues, la culture et les soft skills, une première au Maroc.

Après avoir testé ces modules pour quelques masters l’an dernier, l’université a décidé de généraliser ces programmes transversaux à l’ensemble des étudiants. Objectif: mieux préparer les jeunes à l’insertion professionnelle. Pour les langues (français et anglais) et la culture, l’enseignement visera à doter mes étudiants de vocabulaire, d’idées et de concepts pour comprendre leur environnement immédiat et lointain, explique Fatima-Zahra Iflahen, professeur à la faculté des Lettres et responsable de ce programme d’enseignement.

Le module de soft skills devrait améliorer leur intelligence émotionnelle, leur sens d’organisation et leurs techniques de négociation, notamment lors des entretiens d’embauche. En changeant ses paradigmes, l’université s’aligne sur les standards internationaux et ce pour la réussite pour tous, insiste son président, Abdelatif Miraoui. Cadi Ayyad -qui fait partie du peloton de tête des plus prestigieux campus du Maroc- souhaite à travers le multilinguisme, compétence indispensable dans un monde globalisé, offrir à ses étudiants de nouvelles opportunités. L’université poursuit aussi la digitalisation des cours.

Rappelons que l’UCA est la première université en Afrique à avoir créé des cours en ligne, pariant sur une innovation pédagogique avec ses propres Mooc inspirés du modèle américain «massive open online courses». Elle a mis en place des plateformes pédagogiques pour la transmission du savoir en accès libre où les cours et les travaux dirigés sont enregistrés sous format vidéo, accompagnés de documents en pdf.

«L’avantage pour l’étudiant est de pouvoir prendre connaissance du cours avant d’y assister, et de le revoir autant de fois que cela est nécessaire. Le professeur, lui, peut ainsi aller plus loin dans la transmission et mieux encadrer les étudiants», explique Miraoui. Et cette année, l’objectif est d’atteindre 400 Mooc. Parallèlement à ses innovations en matière d’enseignement, Cadi Ayyad fait de la recherche son cheval de bataille.

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60% des 176 conventions de coopération de l’UCA sont avec les pays européens et concernent plusieurs thématiques: matériaux et énergie, agroalimentaire, eau, environnement et climat

Elle a totalement restructuré ses centres de recherches et dispose aujourd’hui de 76 laboratoires dont des laboratoires mixtes internationaux et des unités associées au CNRST, de 73 équipes de recherches, 4 centres d’études doctorales…Cet engagement des enseignants chercheurs a permis à l’université de figurer dans le classement mondial des universités internationales.

Tout récemment, Cadi Ayyad s’est placé au Top 300 sur 1.200 du Shanghai Ranking dans le domaine des mathématiques et physique. Seul bémol ; le sureffectif que connaît l’université de la région tout comme l’ensemble des infrastructures universitaires marocaines. Cette année, 102.000 étudiants rejoignent les rangs des facultés de Cadi Ayyad alors que sa capacité ne dépasse pas 47.000 places physiques. «Notre défi est le développement des infrastructures d’accueil.

En effet, le taux d’utilisation de la capacité d’accueil des étudiants est de 180% soit pratiquement la moitié de ce qui devrait normalement exister», relève le président de l’UCA. Et à l’instar des autres universités du Maroc, l’UCA pèche par le faible taux d’encadrement pédagogique qui se situe aux alentours de 59 étudiants par enseignant.

La norme établie par l’Unesco sur le ratio enseignants/étudiants suppose 1 enseignant pour 30 étudiants. Ce faible taux peut également être imputé aux départs massifs à la retraite et au faible taux de recrutement, faute de renouvellement de postes budgétaires. «Enfin, le faible taux d’insertion professionnelle et le faible coût par étudiant (11.000 DH) sont autant de défis qui demeurent à relever par l’université pour en faire un véritable hub de compétences continental», conclut Miraoui.

Cité de l’innovation

Après plusieurs années de construction, la Cité de l’innovation de Marrakech (CIM) va voir le jour au cours de cette année universitaire. Construite sur 10.400 m2, la CIM est organisée en 4 pôles: pôle recherche & valorisation, pôle Incubation et entreprises, pôle formation, pôle services transverses. Son objectif est d’en faire un véritable laboratoire d’expériences, une sorte d’incubateur qui permette une mutualisation des ressources et qui réponde aux attentes des entreprises. A la cité de l’innovation, il sera donc possible de vérifier en situation réelle, l’adéquation de la formation avec l’emploi.

 

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