Analyse

Pollution de l’air: Un plan de sauvetage multidimensionnel

Par Nadia DREF | Edition N°:5138 Le 31/10/2017 | Partager
Le tir groupé de cinq ministères et de la Fondation Mohammed VI
Le Plan national de l’amélioration de la qualité de l’air dès 2018
Objectif: 81 stations de contrôle à l’horizon 2030 contre 29 actuellement
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L’axe Mohammedia-Casablanca connaît la plus forte concentration d’unités industrielles. Il enregistre aussi le nombre le plus élevés de décès prématurés à cause de la dégradatioin de la qualité de l’air

Après le diagnostic, place au remède. Cinq ministères planchent sur le Plan national de l’amélioration de la qualité de l’air (Pnaqa), qui sera appliqué dès 2018, après l’adoption par le Parlement. La balle est dans le camp des élus. Ce plan vient d’être validé par le Comité national de suivi et de surveillance de la qualité de l’air.

Un comité qui réunit plusieurs départements ministériels ainsi que la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement. La dernière réunion, tenue en octobre, a été consacrée à la validation des actions prévues à l’horizon 2030. Pour l’heure, il a été décidé de recruter un bureau d’études afin d’élargir le Pnaqa pour aboutir à un Programme national de l’air (Pnair).

Un bon démarrage pour la secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, Nezha El Ouafi, qui en fait l’un de ses chevaux de bataille durant son mandat «Cette stratégie vient à point nommé pallier la dégradation de l’environnement au Maroc qui coûte en moyenne 15 milliards de DH», confie El Ouafi à L’Economiste.

La ministre PJD pourra-t-elle réussir là où Hakima El Haite (ministre MP) a échoué. Parviendra-t-elle à ne pas céder aux pressions, surtout celles des industriels pollueurs? L’avenir nous le confirmera. En tout cas, la volonté est là. «Ce plan revêt une grande importance pour fédérer et harmoniser les actions de réduction des fréquences et des gravités des pics de la pollution et renforcer la lutte contre la pollution atmosphérique», fait valoir la ministre.

Ce dispositif rentre dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement durable (SNDD). Il porte sur la surveillance de la qualité de l’air, la réduction des rejets atmosphériques, le renforcement du cadre juridique ainsi que sur le volet communication et sensibilisation. L’action majeure de cette stratégie consistera à doter toutes les grandes agglomérations (plus de 200.000 habitants) de stations fixes de mesure de la qualité de l’air.

Ces structures seront portées à 81 unités de contrôle à l’horizon 2030, contre 29 actuellement, dont 21 relevant de la Météorologie nationale. Pour assurer une meilleure couverture, le plan préconise l’accélération de la mise en place des comités régionaux de suivi et de surveillance de la qualité de l’air (CRA).
Par secteur, ce sont surtout le transport et l’industrie qui polluent le plus. Pour pallier ces dépassements, plusieurs actions seront entreprises, via le plan de sauvetage.

Côté transport, l’une des priorités est de renforcer le contrôle des fraudes liées au carburant. L’accent sera aussi mis sur le renforcement de l’appui financier au renouvellement des taxis et des véhicules de transport de marchandises âgés de plus de 15 ans. S’y ajoute la révision du décret n° 2-97-377 du 28 janvier 1998 relatif aux émissions des gaz d’échappement.

Côté industrie, le plan prévoit plusieurs axes prioritaires. L’une des mesures phares porte sur l’élaboration des directives pour la conformité du secteur industriel aux exigences réglementaires en matière de respect de la qualité de l’air. Ce qui sera appuyé par le renforcement du contrôle des émissions atmosphériques dans le secteur.

Pour l’heure, cette mesure fait encore défaut. Autre mesure et non des moindres: l’élaboration des valeurs limites spécifiques aux polluants atmosphériques générés par les branches d’activités industrielles. Le plan favorisera également l’utilisation rationnelle de l’énergie chez les industriels. L’appui financier des opérateurs dans cette initiative est également programmé.

Pour faire adhérer le maximum, le Plan de la qualité de l’air prévoit des actions de communication, de sensibilisation, ou encore la surveillance éco-épidémiologique… L’enjeu est de réduire l’impact de la dégradation de l’air sur la population et l’économie nationale. Il va sans dire qu’auprès du gouvernement, il y a une forte mobilisation depuis la COP22. Mais le renforcement de l’implication des opérateurs (industriels, transporteurs… qui font encore du lobbying) reste un grand challenge.

Changement climatique

Au cours de la dernière décennie, le développement économique du Maroc a généré des émissions de plusieurs gaz à effet de serre, tels que le dioxyde de carbone (CO2), le dioxyde de soufre (SO2) et le méthane (CH4). La troisième communication nationale à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a évalué les émissions nettes de gaz à effet de serre au Maroc à 100,5 millions t équivalent CO2 (ou 3,1 t équivalent CO2/habitant) pour l’année 2012.

 

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