Politique

El Malki au Club de L’Economiste: «Le chef de gouvernement doit assumer ses responsabilités»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5137 Le 30/10/2017 | Partager
Il est directement concerné par le remplacement des ministres limogés
Pour lui, la décision royale est un signal de la maturité de la construction de l’Etat de droit
Les retraites des parlementaires ne sont pas une rente
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Habib El Malki, président de la Chambre des représentants, a expliqué que la situation actuelle du régime des retraites des parlementaires est liée à un problème de gestion, compliqué par les changements survenus à partir de 2016, notamment avec la baisse du nombre des cotisants face à l’augmentation du nombre des bénéficiaires (Ph. Jarfi)

- L’Economiste: Le Roi vient de limoger une série de ministres et de hauts responsables. Quelle est votre réaction?
- Habib El Malki:
Le Roi a exercé ses attributions constitutionnelles face à une situation marquée par un manque de respect des responsabilités. Les décisions prises, dans le respect de la Constitution, instaure une nouvelle politique basée sur la reddition des comptes. Surtout qu’après l’adoption de la Constitution de 2011, une nouvelle dynamique de réforme s’est installée, parallèlement à l’augmentation des revendications des citoyens. Personnellement, je considère qu’il s’agit d’un signal de maturité dans la construction de l’Etat de droit.

- Quel sera l’impact de ces départs sur la majorité?
- C’est un sujet qui concerne directement le chef de gouvernement. C’est à lui d’assumer ses responsabilités pour faire face à cette vacance.
- Des contacts entre le chef de gouvernement et les autres chefs des partis de la majorité?
- C’est encore trop tôt. Il faut laisser au chef de gouvernement un peu de temps.

- La question de la retraite des parlementaires suscite la polémique depuis quelques mois. Quelle est votre vision de la réforme de ce régime?
- D’abord, il faut préciser, contrairement aux informations qui circulent, qu’il ne s’agit pas d’une rente. Le régime de retraite des parlementaires est instauré en vertu d’un dahir de 1993. Ils sont obligés d’adhérer à ce système et de payer des cotisations mensuelles. Ces dernières s’élèvent à 2.900 DH par élu et 2.900 DH pris en charge par le gouvernement. La situation actuelle est le résultat d’un problème de gestion. L’article 4 de la loi instaurant ce régime prévoit une augmentation des cotisations lorsque les fonds ne couvrent plus une année. Ce qui n’a pas été fait. A cela s’ajoutent les changements introduits suite aux dernières élections. D’un côté, le nombre des conseillers a été réduit de 274 à 120. La composition de la Chambre des représentants a aussi été renouvelée à hauteur de 60%. Résultat: le nombre des cotisations a baissé face à une augmentation du nombre des bénéficiaires. Actuellement, nous avons créé une commission, composée des chefs de groupes parlementaires pour aboutir à une solution consensuelle. C’est sur cette base que nous allons ouvrir les négociations avec le chef de gouvernement.

- Comment allez-vous redynamiser la production législative, surtout que plusieurs textes prévus par la Constitution ne sont pas encore adoptés?
- Il faut rappeler que durant la première session, il n’était pas possible de mener un travail législatif, à cause des négociations pour la formation du gouvernement. C’est pour cela que la session d’avril était une session de rattrapage, durant laquelle nous avons pu adopter une cinquantaine de textes. Pour l’actuelle session, il nous reste 3 projets de loi organique, prévus par la Constitution, à savoir ceux sur le droit de grève, sur l’amazighe, et sur le Conseil des langues et de la culture marocaine.
Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI

                                                                           

Revigorer l’USFP

L’USFP a été considéré comme l’un des grands perdants des élections de 2016. Pourtant, le parti a réussi à intégrer le gouvernement et à accaparer des portefeuilles stratégiques, en plus de la présidence de la Chambre des représentants. Sauf que ce parti est régulièrement attaqué et critiqué. Pour Habib El Malki, président de la Commission administrative, «le véritable problème de la vie politique actuellement est lié à la personnalisation du débat. Il s’agit d’une tendance en contradiction avec les traditions de l’action politique basée sur la discussion des projets de société».

Aujourd’hui, le recul de l’USFP est aussi dû, selon lui, à l’affaiblissement de la pensée socialiste dans le monde. Des facteurs internes ont également participé dans cette situation. Au niveau du parti, «nous avons souffert d’une faiblesse de la pédagogie de la participation dans la gestion des affaires publiques», a-t-il expliqué. Ce processus est en cours depuis le gouvernement d’alternance.

A l’époque, «une certaine élite partisane n’était pas convaincue de l’importance de la participation de l’USFP», a-t-il dit. Pour lui, «c’est la cause des différents problèmes qu’a traversés le parti, dont notamment les scissions». El Malki considère que cette page est tournée. «Le dernier congrès national s’est déroulé dans une logique différente», a-t-il assuré.

Des actions seront aussi menées pour revigorer le parti, a-t-il avancé. Face aux contestations auxquelles fait face Driss Lachgar, premier secrétaire de l’USFP, El Malki a estimé que «le leadership de Lachgar ne peut être contesté dans la mesure où il dispose de la légalité du vote des membres du Congrès».

 

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