Politique

El Malki au Club de L’Economiste: Les pistes pour un sursaut du Parlement

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5137 Le 30/10/2017 | Partager
Les deux Chambres interpellées sur de nouveaux défis
Redonner confiance dans les institutions
Les élus doivent pouvoir s'appuyer sur des expertises externes
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Habib El Malki, président de la Chambre des représentants, a mis l’accent sur la nécessité de doter les députés d’un appui technique, via un staff d’experts, afin de les accompagner dans les différents dossiers sur lesquels ils travaillent, dans le domaine de la production législative ou du contrôle du gouvernement (Ph Bziouat)

Au lendemain de l’annonce de la décision royale de limoger une série de ministres et de hauts responsables, Habib El Malki, président de la Chambre des représentants, l’invité du Club de L’Economiste, ne pouvait esquiver l’actualité. Pour lui, «cela inaugure une nouvelle étape qui consacre la logique de la reddition des comptes» (voir page suivante).

Le rôle du Parlement sera décisif dans ce domaine, à travers le renforcement du contrôle de l’action du gouvernement. Idem pour l’élaboration d’un nouveau modèle de développement. Dans son discours d’ouverture de la session d’octobre, le Roi avait appelé les différentes parties prenantes, y compris le Parlement, à s’impliquer dans cette dynamique de conception d’un nouveau modèle économique. Pour El Malki, cette refonte est décisive face «aux mutations profondes que connaît l’environnement régional et mondial». Il a avancé que c’est un «impératif pour assurer la compétitivité du pays, préserver les acquis et renforcer l’économie nationale».

Il a rappelé que l’USFP, dont il est le président de la Commission administrative, avait mis l’accent sur ce besoin de revoir le modèle économique dans la déclaration finale de son 10e congrès. Cet économiste, président du Centre marocain de conjoncture, a insisté sur l’importance de la prise en compte des facteurs non économiques, qui favorisent l’accélération de la croissance. «Il s’agit de facteurs psychologiques, dont la confiance dans les institutions, l’optimisme quant aux perspectives d’avenir, qui constituent des moteurs de développement», a-t-il expliqué.

Parallèlement, El Malki a insisté sur l’absence d’une vision intégrée des différentes stratégies lancées. D’où l’intérêt, selon lui, de réhabiliter la planification, afin de garantir la cohérence des interventions. «D’ailleurs, c’est l’une des principales défaillances pointées par le rapport de la Cour des comptes dans le programme Al Hoceïma Manarat Al Motawassit», a-t-il dit.

Les membres de la Chambre des représentants vont-ils formuler des propositions pour réformer le modèle économique? «C’est une affaire du gouvernement», a rétorqué son président. Les députés, eux, vont dégager les thèmes forts et structurants contenus dans le discours royal, afin de pouvoir en débattre. Les premiers sujets choisis ne portent pas sur la révision du modèle de développement, mais plutôt sur les politiques publiques en faveur des jeunes ainsi que le bilan de la mise en œuvre de la régionalisation. Les députés vont interpeller le chef de gouvernement sur ces deux thèmes lors de la prochaine séance mensuelle des questions de politique publique.

Par ailleurs, la première Chambre vient d’entamer le processus annuel d’examen et de vote du projet de loi de finances. Un chantier qui exige une implication qualitative des députés. Sur ce point, El Malki a regretté qu’au Maroc, contrairement à d’autres pays ayant une tradition démocratique, «les parlementaires sont obligés de travailler en solo. Il leur est demandé d’être experts dans plusieurs domaines».

Il a estimé qu’un effort doit être fait pour leur assurer un appui, notamment via la mobilisation d’un staff d’experts pour les accompagner dans les différents dossiers. «Des mesures ont été prises dans ce sens, en soutien aux groupes parlementaires. Mais cela reste insuffisant. Il est important de permettre aux élus également de s’appuyer sur des expertises», a-t-il expliqué. C’est décisif, selon lui, pour gagner le pari de la qualité. Le président de la 1re Chambre a mis l’accent sur la reconfiguration de sa composition. Plus de la moitié des députés ont moins de 50 ans et plus de 70% ont un niveau de formation universitaire.

Lutter contre les absences

Depuis son arrivée à la tête de la Chambre des représentants, Habib El Malki a fait de la lutte contre les absences des députés son cheval de bataille. Pour lui, «il s’agit simplement d’une application du règlement intérieur». El Malki a tenu à relativiser les choses, dans la mesure où cela ne concerne que 8% de l’ensemble des élus. Les noms des absentéistes ont été publiés sur le site officiel de la 1re Chambre. Des ponctions sur salaires ont été effectuées, à hauteur de 1.000 DH par journée d’absence.

 

 

 

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