Economie

COP23: Mezouar veut faire entendre la voix du continent

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5137 Le 30/10/2017 | Partager
Il a promis d’intégrer les recommandations de la Déclaration de Rabat
Les parlementaires africains en conclave au Maroc pour établir une vision commune
Mettre la pression sur les donateurs pour accélérer le déblocage des fonds
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Salaheddine Mezouar, président de la COP22, ainsi que Habib El Malki et Hakim Benchamach, ont mis l’accent sur la nécessité de la mobilisation des pays africains pour que leur vision soit prise en compte lors du prochain sommet du climat. Surtout après le relâchement constaté dans le déblocage des fonds pour l’adaptation, décisive pour plusieurs pays du continent (Ph. Bziouat)

Quelques jours avant la tenue du sommet mondial du Climat, COP23, les parlementaires africains se sont réunis à Rabat pour accorder leurs violons. Une rencontre de consultation a été organisée, vendredi dernier à la Chambre des représentants, en présence des membres de l’Union des parlements africains.

Objectif, élaborer une vision commune à défendre lors de la COP23, prévue à Bonn à partir du 6 novembre prochain. Salaheddine Mezouar, président de la COP22, a promis que les recommandations de cette réunion, qui seront contenues dans une Déclaration de Rabat, seront au cœur de son discours de passation, lors de ce sommet.

Aujourd’hui, le financement reste l’un des principaux défis du continent. La mobilisation des parlements africains s’inscrit dans cette logique de pression, surtout après le relâchement de plusieurs Etats, qui rechignent encore à débloquer des fonds. «Sur les 41 milliards de dollars annuels annoncés par les Etats développés, les déblocages se sont limités à des montants variant entre 11 et 21 milliards», a déploré Hakim Benchamach, président de la Chambre des conseillers.

Les pays les moins avancés, dont les besoins sont importants en matière d’adaptation aux changements climatiques, n’ont reçu que des montants limités, variant entre 4 et 8 milliards», a-t-il ajouté. Or, cette situation de vulnérabilité climatique renforce l’instabilité, a rappelé, pour sa part, Habib El Malki, président de la Chambre des représentants. «C’est dans cette logique que s’inscrit notre mission de plaidoyer en faveur de la mobilisation de financements pour l’Afrique.

Il ne s’agit pas d’une demande d’aide, mais plutôt d’un dédommagement pour les dégâts pour lesquels le continent n’a aucune responsabilité», a-t-il indiqué. Même son de cloche chez Salaheddine Mezouar. Pour lui, «les grands pays ont une responsabilité dans ces dégâts. Ils doivent payer et ils vont le faire». Mais attention! Il ne s’agit nullement d’une démarche philanthropique, a mis en garde le président de la COP22.

Il s’agit selon lui, d’un partenariat win-win, qui permet aux Etats vulnérables de mobiliser des fonds pour l’adaptation et l’atténuation des changements climatiques, tout en permettant un retour sur investissement des donateurs. Aujourd’hui les pays africains «n’ont pas le choix. Nous devons nous engager et nous battre», a souligné Mezouar. Pour lui, «la parole de l’Afrique doit être écoutée et prise en considération».

Cela passe par l’adoption d’une «démarche et d’un langage communs». De son côté, Benchamach veut élargir cet effort aux unions des parlements latino-américains. Ces derniers seraient prêts à s’impliquer dans cette dynamique, selon le président de la 2e Chambre.

 

 

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